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le Jeudi 10 octobre 2024 8:05 Société

Lutter contre la pauvreté : que peut-on faire?

Du 21 au 25 octobre aura lieu la Semaine de responsabilisation sur la pauvreté et le sans-abrisme. Cette semaine a pour but de sensibiliser et de promouvoir des actions visant à mettre fin à la pauvreté et au sans-abrisme au Yukon. — Photo : Gwendoline Le Bomin
Du 21 au 25 octobre aura lieu la Semaine de responsabilisation sur la pauvreté et le sans-abrisme. Cette semaine a pour but de sensibiliser et de promouvoir des actions visant à mettre fin à la pauvreté et au sans-abrisme au Yukon.
Photo : Gwendoline Le Bomin

Du 21 au 25 octobre aura lieu la Semaine de responsabilisation sur la pauvreté et le sans-abrisme. Cette semaine a pour but de sensibiliser et de promouvoir des actions visant à mettre fin à la pauvreté et au sans-abrisme au Yukon.

Keitha Clark, de la Coalition anti-pauvreté du Yukon et coordonnatrice de la Semaine, rapporte que le nom a changé. « Nous voulions cette année nous concentrer sur ce qui a été fait et sur les domaines où nous avons besoin de plus de responsabilités. »

La Coalition organise plusieurs événements pour souligner cette semaine qui a lieu chaque année en octobre depuis 2005.

Keitha Clark informe qu’une exposition se tient à la bibliothèque publique de Whitehorse tout le mois d’octobre. Un événement à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation aura également lieu le 16 octobre.

Un autre événement, Whitehorse Connects, se déroulera le 23 octobre au Centre culturel Kwanlin Dün. Selon la coordonnatrice, ce sera l’occasion pour les gens de se connecter aux services de la communauté. « Par exemple, ils peuvent obtenir de l’aide pour leurs impôts. Il y aura un vétérinaire sur place si les gens ont des animaux de compagnie qui ont besoin de soutien. »

L’opération « Point in Time Count », le comptage du nombre de personnes identifiées comme étant sans domicile fixe, se fera au cours de cette semaine. « Nous aurons également une exposition dans le foyer Jim Smith pendant toute la semaine. Nous prévoyons aussi un rassemblement le vendredi 25 octobre, à midi au totem de guérison sur la rue Main », ajoute-t-elle.

Moins de services pour les hommes?

Keitha Clark reconnaît qu’elle et ses collègues ont déjà entendu ce type de préoccupation. « Il y a un manque de services pour les hommes et les hommes célibataires. C’est tout à fait vrai », avoue-t-elle.

L’organisme a publié cet été son tout premier rapport sur la situation des personnes seules au Yukon, le Living Wage for A Single Person (Salaire de subsistance pour une personne seule). « Ce rapport a mis en évidence le manque de soutien aux personnes seules en général », dit-elle.

« Ces dernières années, nous avons constaté que des mesures telles que les services universels de garde d’enfants, les soins dentaires au Yukon et les prestations fiscales pour enfants ont permis de réduire le coût de la vie pour les familles. Mais le coût, lui, ne bénéficie pas du même type de soutien, en particulier au niveau du système d’imposition et de transfert pour les célibataires. Par exemple, pour une personne vivant dans un ménage biparental, le revenu de subsistance par personne et par heure était de 22,72 $. Mais pour une personne seule, le revenu de subsistance était de 28,39 $. »

« Il faut donc soutenir davantage les personnes seules au Yukon », plaide la coordonnatrice.

Kate Mechan, directrice générale de Safe at Home, abonde dans le même sens. « Nous entendons la même chose de la part des clients que nous servons à Safe at Home ou qui franchissent nos portes. »

« Il y a certainement plus de programmes de repas structurés et d’espaces pour les femmes que pour les hommes. Des repas sont offerts par le Centre des femmes Victoria Faulkner, Sally & Sisters et d’autres organisations de centres de femmes. Je pense donc que les hommes doivent être un peu plus organisés pour avoir accès à leurs repas à des heures précises et qu’il peut s’agir de repas chauds moins copieux, ce qui est problématique. »

Que peut-on faire?

Pour Keitha Clark, il faut sensibiliser le public. « Si vous vous inscrivez sur notre liste de membres, vous recevrez tout le temps des courriels sur des choses qui se passent dans la communauté et sur des problèmes communautaires. Parfois, nous ne sommes pas conscients de la pauvreté qui existe ici. Il y a 1 200 personnes qui vivent dans la pauvreté au Yukon et c’est tout autour de nous. La prise de conscience est donc la première étape. »

« Et je pense qu’il faut se rendre compte que nous vivons dans une petite communauté et j’aimerais dire qu’il faut établir des liens pour que nous fassions tous partie de la communauté et que nous ne soyons pas des étrangers. Nous devons donc changer et être plus flexibles dans le potentiel de l’endroit où nous vivons. »

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale

Programme Moccasin Mobile Outreach

Le Conseil des Premières Nations du Yukon (CPNY ou CYFN en anglais) a lancé en février dernier le programme Moccasin Mobile Outreach. À bord d’une camionnette, le personnel fournit aux personnes vulnérables des services de soutien et du matériel de réduction des risques, des contraceptifs, de la nourriture chaude et des collations. L’équipe réfère à l’occasion à d’autres services.

Krista Mooney, responsable du projet, et Phillip Harry, coordonnateur, se montrent enthousiastes. En effet, le projet se déroule bien depuis son lancement. « Les gens du centre-ville qui accèdent à la camionnette sont toujours très reconnaissants. Nous recevons assez souvent des compliments sur la chance d’avoir des horaires tardifs », partage Phillip Harry.

L’équipe offre un service entre 20 h et 2 h. Depuis juillet, l’équipe travaille un soir de plus, soit désormais du mercredi au samedi. Elle a également engagé du personnel supplémentaire. Des patrouilles sont aussi organisées dans certains coins de la ville, là où la camionnette ne peut se rendre. « Elles seront conservées cet hiver », informe Krista Mooney.

« La communauté a toujours très bien accueilli le projet. Nous avons noué de solides relations. Et cela est dû en grande partie au personnel que nous avons embauché. En effet celui-ci  a l’habitude de travailler avec la population vulnérable du centre-ville. Il s’agit donc vraiment d’entretenir ces relations », précise-t-elle.

En moyenne, l’équipe compte de 70 à 80 interactions chaque soir.

À l’avenir, Krista Mooney aimerait étendre le service. « Je pense que, dans l’idéal, nous aimerions fonctionner sept jours sur sept, mais il faudra du temps pour y arriver, principalement pour des raisons de personnel », estime-t-elle.

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