Depuis 2016, le magasin Changing Gear offre à sa clientèle l’occasion de réutiliser de l’équipement sportif à bon prix. Daniel Paris en est le propriétaire depuis 2023. Le magasin propose aussi de l’équipement sportif en location. Ce service est d’ailleurs plus populaire l’été que l’hiver. « L’été, il y a plus de touristes que de Yukonnais qui louent de l’équipement de camping. L’hiver, je loue des raquettes, des skis hors-piste et des splitboards. »
Lorsqu’il s’agit d’achats d’équipement, durant l’hiver, ses plus grosses ventes concernent le matériel de hockey et de ski, et l’été, l’équipement de camping prend le dessus. Entre ce qu’il a en vente dans le magasin et ce qu’il garde en entrepôt entre les saisons, Daniel Paris estime son inventaire à plusieurs milliers d’articles.
« Les gens apprécient énormément le thrifting. Trouver des petits trésors, ils adorent ça. La réutilisation et le fait que c’est très abordable facilitent énormément la vie des gens. Ça permet à leurs enfants de participer à des sports qu’ils n’auraient peut-être pas pu faire [en raison du poids financier que représente l’équipement neuf] », ajoute le propriétaire.
Afin que cela soit gagnant-gagnant, à la fois pour les personnes qui mettent de l’équipement en consigne pour la vente, et pour lui permettre de faire fonctionner son entreprise, Daniel Paris divise les profits. Plus les articles ont de la valeur, plus la part que garde le ou la consignataire (la personne qui met son article en vente par l’entremise de Changing Gear) est grande. À titre d’exemple, pour un article de moins de 100 $, les profits sont séparés moitié-moitié entre le magasin et le ou la consignataire. Pour les articles de plus de 300 $, le magasin ne garde que 20 %. « Ça encourage les gens à apporter des articles de bonne valeur », explique le propriétaire.
Le magasin Changing Gear offre de l’équipement de sport usagé depuis 2016. Daniel Paris en est devenu le propriétaire en avril 2023, après avoir été employé et gérant.
Les organismes sportifs, au cœur des échanges
Le Centre nordique de Whitehorse gère une page Facebook dédiée à la vente de matériel de ski de fond et de raquette d’occasion, Whitehorse Nordic Centre Buy and Sell. Juliette Ramain, gestionnaire du Centre nordique de Whitehorse, explique que « le Centre a arrêté les journées d’échange d’équipement en 2016, car cela demandait énormément d’organisation et d’efforts. Avec l’arrivée des réseaux sociaux, il est devenu plus facile de vendre et d’acheter d’occasion. »
Du côté des sports alpins, Corentin Favre, gestionnaire du service à la clientèle du mont Sima, mentionne avoir conservé le format traditionnel de vente-échange. Son équipe et lui organisent chaque année un échange d’équipement et de vente d’occasion, à l’automne, avant le début de la saison de ski.
De son côté, Maria Escobar, gérante du Club de soccer Whitehorse United FC, explique que le club organise depuis quelques années un échange d’équipement au début du mois de mai. Pour ce club, l’organisation est minimale : chaque personne apporte du matériel à donner. Ainsi, si des personnes ont besoin de chaussures, ou de protège-tibias, c’est l’occasion d’en trouver gratuitement ou à très bon prix.
En ligne aussi, il est facile de trouver de l’équipement, gratuit parfois, ou du moins abordable. Le groupe privé Facebook Whitehorse ski, bike, sport buy & sell (non-motorized) rassemble près de 8 000 membres. Ce genre de plateforme facilite l’achat et la vente de vêtement de sport, de vélos, d’équipement de sport, d’équipement photographique, de laissez-passer de ski, d’équipement de camping et autres commodités. Kijiji est un autre outil d’achat d’occasion en ligne.
Certains groupes sont plus spécialisés. C’est le cas du groupe public Alpine Yukon, qui utilise maintenant une section vente/achat sur sa page Facebook. D’autres groupes en ligne se spécialisent dans le marché d’occasion de l’équipement pour enfants.
Pour trouver son bonheur, il faut explorer différentes options, utiliser les barres de recherche ou, parfois, faire une publication indiquant clairement ce qu’on cherche.
Un manteau de Terre-Neuve-et-Labrador a été échangé contre un manteau du Yukon aux Jeux de la francophonie canadienne à Laval, au Québec, en 2025.
Échanger son équipement lors de compétitions
Lors de compétitions comme les Jeux d’hiver de l’Arctique, qui ont eu lieu à Whitehorse en mars dernier, l’échange d’équipement devient un sport en soi.
Marguerite Tölgyesi, cheffe de mission de l’équipe du Yukon aux Jeux de la francophonie canadienne 2025 à Laval, au Québec, explique que c’est une pratique courante « d’échanger à peu près tout et n’importe quoi contre tout et n’importe quoi. Les uniformes de compétition, c’est une chose, mais le swag, c’est tout le reste qui vient avec : les sacs à dos, les mousquetons, les casquettes, etc. »
Elle rappelle cependant aux athlètes qu’ils et elles doivent toujours garder leur équipement jusqu’à la fin des compétitions. En effet, les uniformes représentent les couleurs des délégations, ainsi, chaque athlète doit le porter, notamment en cas de remise de médaille. Les jeunes, cependant, n’attendent pas la dernière minute pour convoiter les équipements des autres délégations. Cette tradition crée ainsi des occasions de rencontres entre les athlètes, tout au long des jeux.
« Ça crée une espèce d’anticipation et les jeunes font des plans stratégiques de ce qu’ils pourraient négocier pour échanger. Ce qui est le fun avec le Yukon, c’est qu’on est une plus petite équipe, ça veut dire qu’on a plus d’exclusivité. On a moins d’articles à échanger. Ça crée de la valeur ajoutée à cause de la rareté ». Lors des Jeux d’hiver de l’Arctique, par exemple, l’équipement du Nunavik ou celui de Sapmi était très convoité, puisque les délégations étaient petites.
Là aussi, ce système d’échange peut permettre aux jeunes d’acquérir de l’équipement de qualité qu’ils ou elles pourront utiliser pour d’autres activités sportives au cours de l’année.
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