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le Jeudi 9 avril 2026 7:52 Culture

Danser de tout son cœur, de Whitehorse à Prince George

Janelle Boucher lors de son solo théâtral, intitulé Miss Argentina. — Photo : Prince George Dance Festival
Janelle Boucher lors de son solo théâtral, intitulé Miss Argentina.
Photo : Prince George Dance Festival

Janelle Boucher, jeune danseuse franco-yukonnaise, a récemment participé à un festival de danse à Prince George avec le studio de danse yukonnais Northern Lights School of Dance.

Janelle Boucher, 18 ans, fréquente l’école secondaire F.H-Collins.

Photo : Rébecca Fico

Depuis l’âge de trois ans, Janelle Boucher s’adonne à la danse. « Je danse depuis que je sais marcher, plus ou moins, et maintenant, je danse 18 heures par semaine, j’enseigne aux enfants de trois à sept ans et j’ai l’opportunité de participer à des compétitions de danse », raconte-t-elle. Une passion qui a grandi avec elle. « Comme ça a toujours fait partie de ma vie, ça a un peu grandi avec moi. »

Plus qu’une performance, la danse représente pour elle une manière de s’exprimer et d’évacuer ses émotions. « Je danse sept jours sur sept, alors c’est vraiment une façon pour moi à chaque jour de pouvoir me recentrer et ressentir mes émotions. Il y a plein de différents types de danse avec lesquelles on peut s’exprimer. Par exemple, si tu te sens plus énergique, tu peux faire du jazz ou du hip-hop. »

Whitehorse au festival de danse de Prince George

Le festival de danse de Prince George, rendez-vous régional, rassemble chaque année plusieurs studios de danse de l’ouest du Canada, dont l’école yukonnaise Northern Lights School of Dance. Sa directrice générale, Glenda Koh, précise que 12 élèves ont représenté l’école cette année, avec des chorégraphies préparées des mois à l’avance.

« C’est assez intensif comme compétition. Les danseuses préparent des chorégraphies de grands groupes, de petits groupes, de duos et de solos, dans une variété de catégories et de groupes d’âge, et elles y travaillent constamment, du mois de septembre jusqu’au festival ». Janelle Boucher décrit d’ailleurs l’ambiance fébrile de la semaine et demie de compétition. « On passait toute la journée dans une école secondaire, où il y avait un gymnase pour se pratiquer et un théâtre [pour les présentations]. J’oubliais souvent la date ou l’heure, parce que c’était juste danse après danse après danse. »

Après le festival, en plus du classement, les participants et participantes ont également l’occasion de recevoir une rétroaction détaillée de la part des juges. « Après la compétition, tu reçois une vidéo de chacune de tes danses, avec le juge qui parle et te donne des commentaires, pour que tu saches ce que tu peux améliorer », explique la danseuse. Pour Glenda Koh, l’événement présente une occasion précieuse d’apprentissage. Il permet aux élèves de Northern Lights « d’être exposés à plein de différents styles de danse, et de se mettre au défi de performer au niveau le plus élevé. »

Janelle Boucher et Emma Edwards pendant leur duo de claquettes, Better together.

Photo : Prince George Dance Festival

Janelle Boucher performant son solo de claquettes, Banana Pancakes.

Photo : Prince George Dance Festival

Janelle Boucher dansant son solo de hip-hop, Ahh Yeah. Elle partage que le hip-hop a fait son apparition dans les cours de l’école Northern Lights il y a environ un an, et qu’il présente son style préféré de danse depuis.

Photo : Prince George Dance Festival

Résultats satisfaisants

Cette année, à Prince George, Janelle Boucher a remporté la deuxième place pour son duo de claquettes Better Together avec Emma Edwards et la troisième place pour son duo théâtral Bert and Ernie, avec Stella Burns. « Notre première participation au festival était en 2022, et depuis, la performance de l’école s’améliore chaque année », souligne Glenda Koh.

« Ça s’est vraiment bien passé, et nos scores étaient beaucoup plus élevés que l’année dernière. Les autres studios ont beaucoup plus d’espace, ils ont beaucoup plus d’enseignants et beaucoup plus d’opportunités à pratiquer qu’on n’a pas nécessairement, en plus d’avoir de très bons danseurs. C’est donc facile d’arriver et de penser qu’on n’est pas à la hauteur, et de sentir comme si on vaut moins qu’eux, alors c’est bien de voir avec nos scores qu’on monte quand même », ajoute Janelle Boucher.

La directrice rappelle toutefois les défis propres au contexte yukonnais, tel que la distance jusqu’à Prince George. « Je crois que, comme pour n’importe quel autre événement sportif, c’est un peu plus difficile pour les Yukonnais. Par exemple, il faut prendre l’avion, alors les danseurs et danseuses doivent faire des collectes de fonds pour pouvoir y aller. L’équipe doit toujours aussi être stratégique avec les costumes qu’elle amène. Par exemple, les danseuses amènent rarement des costumes avec des grands tutus crêpés, car ceux-ci ne sont pas pratiques à transporter. »

Un art, ou un sport, pour tous

Pour Janelle, « c’est parfois un peu bizarre de faire des compétitions de danse, car à [son] avis, la danse représente davantage un art, et c’est dur d’évaluer qui est meilleur ». Cependant, elle rappelle également que « la danse signifie quelque chose de différent pour tout le monde. Certaines personnes le voient plus comme un art, d’autres plus comme une discipline de compétition… il n’y a pas une personne qui va danser de la même façon. »

Malgré un horaire de danse chargé, la jeune danseuse n’hésite pas à recommander la danse à tout le monde. « C’est vraiment juste une façon de s’exprimer avec du mouvement lorsque les mots ne sont pas suffisants et de bouger son corps ». Du côté de Northern Lights School of Dance, les élèves s’entrainent déjà pour une autre compétition à Fort St John, leur dernière de l’année, tout en préparant leur traditionnel ballet des Fêtes, Casse-Noisette, et leur spectacle contemporain du printemps. Une chose est sûre, ces adeptes de la danse travaillent fort et continuent à impressionner!

Rébecca Fico, 15 ans, est journaliste en herbe pour l’Aurore boréale.

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