le Jeudi 18 juin 2026
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le Jeudi 18 juin 2026 2:49 Culture

Parenthèses estivales : le Yukon raconté sous format radio-théâtre

« Les préparations des scènes de radio-théâtre ont été aussi de belles occasions pour les comédiens et comédiennes de se rencontrer et d’apprendre à se connaître », estime Annie Maheux.  — Photo : Annie Maheux
« Les préparations des scènes de radio-théâtre ont été aussi de belles occasions pour les comédiens et comédiennes de se rencontrer et d’apprendre à se connaître », estime Annie Maheux.
Photo : Annie Maheux

Cet été, il sera possible de voyager à travers le Yukon sans quitter son poste de radio. Depuis le 17 juin, une toute nouvelle série de création radiophonique en français a fait ses débuts sur les ondes de la station de radio communautaire CJUC, à Whitehorse. Parenthèses estivales explore la vie au Yukon sous un angle inédit, mêlant souvenirs réels et fictions extravagantes.

Annie Maheux au cœur de la conception artistique

« C’est une série de dix radio-théâtres qui sont indépendants les uns des autres, et qui durent à peu près 25 minutes », explique Annie Maheux, créatrice du projet. Diffusée chaque semaine de 12 h à 13 h, l’émission dure une heure et inclut une entrevue thématique avec les comédiens et comédiennes de chaque thématique.

Ainsi, l’écoute vous transportera tantôt au cœur d’une apocalypse zombie à Atlin, d’une comédie romantique au Baked Café, ou encore dans un délire cosmique au Superstore de Whitehorse. La première diffusion a d’ailleurs mis en scène une histoire de pirates dans le décor du SS Klondike!

La réalisatrice et coordinatrice Annie Maheux a fait ce projet de façon entièrement bénévole et autosubventionnée. Après cinq ans au Yukon, l’artiste bien connue pour ses prestations en théâtre social, impro, expérience immersive ou food art a quitté le Yukon pour un an, afin d’étudier le food design en Belgique. Un an plus tard, son retour aux sources a agi comme un déclic. « J’étais en recherche d’emploi à l’automne et j’ai eu comme beaucoup de temps de réflexion sur ma place au Yukon. J’avais aussi envie de mettre de l’avant chacune des places au Yukon avec mes souvenirs. Ça m’a fait réaliser combien j’ai vécu d’aventures au Yukon! »

La création de cette série a également été thérapeutique, confie la créatrice. « Ça m’a fait du bien, dans le cœur de l’hiver, d’écrire. »

Réalité, exagération et innovation

Le projet met en vedette de nombreuses personnes franco-yukonnaises, telles que Patricia Brennan ou Cécile Girard, qui avaient déjà participé à des radio-théâtres au sujet des personnes aînées, il y a quelques années. Ce  projet intergénérationnel a aussi permis d’inviter des jeunes du CSSC Mercier, des personnes immigrantes ou d’autres, bien ancrées dans la communauté. Plusieurs membres de la Ligue d’improvisation du Nord (La FIN) étaient aussi de la partie.

L’objectif était de s’inspirer d’anecdotes réelles pour les théâtraliser. « Ça fait vraiment du bien quand on revient au Yukon de ressortir ces histoires-là, de les mettre de l’avant, puis d’y ajouter une petite touche un peu exagérée, un peu comme les caricatures. C’est une caricature dans le fond, mais audio », explique Annie Maheux, qui a été la caricaturiste de l’Aurore boréale pendant plusieurs années.

Pour structurer ces récits, la créatrice a fait preuve d’une grande transparence quant à son processus créatif assisté par l’intelligence artificielle. « Je me suis dit c’est quoi la façon éthique d’utiliser l’AI? Donc j’ai pris mes souvenirs, j’ai écrit un gros prompt, je les ai feedé à Gemini. Puis ensuite ce que j’ai fait : j’ai appelé des acteurs, puis sur le texte généré par l’intelligence artificielle, on a corrigé ça ensemble, puis on a ajouté nos propres souvenirs. »

Pour Stéphanie Pelletier-Grenier, l’expérience a été très positive. « J’ai participé à l’épisode Les fées du Paradise. J’ai participé plusieurs fois au festival [de musique électro] Paradise, dont une fois où Annie était là aussi. On avait des références ». Pour la jeune femme, membre de la ligue d’impro, l’enregistrement de capsules de radio-théâtre a été très enrichissant. « Par rapport à l’impro, il y a pas mal de choses à ajouter. On n’a pas de visuel, alors il faut tout décrire en mots, il faut insister sur les intonations. »

Elle a bien apprécié le processus de cocréation, qui a enrichi son expérience, explique-t-elle. « On s’est rencontrées avant, on a changé des choses, ajouté des détails et travaillé les personnages pour que ça fasse plus naturel quand on le joue. C’était vraiment un travail de cocréation. On ajoutait toutes des détails. »

Les enregistrements ont eu lieu dans les studios de CBC North, à Whitehorse. Plusieurs rencontres préparatoires ont aussi été organisées en amont des enregistrements afin de peaufiner les détails des scènes.

Photo : Annie Maheux

Un rendez-vous immersif

Annie Maheux a requis l’aide d’Étienne Girard, technicien de son professionnel, pour apprendre les rouages du montage sonore, dans le but de fournir au public une immersion totale. « J’ai voulu qu’il y ait un bruitage qui crée comme un film dans ton esprit, dans le fond, quand tu t’écoutes ». Patricia Brennan a également offert quelques conseils à l’équipe, au sujet de la voix pour ce genre d’enregistrement.

Pourquoi écouter cette série? Stéphanie Pelletier-Grenier répond sans hésitation : « Parce ce que c’est drôle, et aussi parce que ça fait partie de la culture du Yukon, racontée en français. Y’a pas grand-chose de même. C’est une belle production des artistes locaux qui parlent de choses locales, d’événement culturel, etc. C’est vraiment le fun comme projet! »

La série des dix épisodes sera diffusée les mercredis sur CJUC (92,5 FM) et sera également disponible en ligne, offrant ainsi une vitrine éclatante à l’imagination débordante de la francophonie yukonnaise. Les capsules seront aussi promues par l’Association franco-yukonnaise, qui devrait mettre un lien dans sa promotion afin de référer vers les enregistrements, disponibles en ligne. Une façon communautaire et collaborative de mettre de l’avant le travail non seulement d’une artiste locale à l’imagination débordante, mais aussi de ce réseau artistique franco-yukonnais qui a été réuni autour de ce projet sans précédent.

IJL – L’Aurore boréale

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