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le Jeudi 18 Décembre 2025 7:51 Culture

Lumière dans nos coeurs

  Photo : Pixabay
Photo : Pixabay

Merci à toutes les personnes qui ont participé à notre concours d’écriture. Chaque personne participante recevra un cadeau surprise. Félicitations!

Conte enfant

Photo : Pixabay

L’éclat de lumière

Dans les temps immémoriaux, au royaume de l’Abondance, vivaient deux frères odieux ne rêvant que d’argent et de richesses. Julien, le plus jeune, était robuste et son visage sombre ruisselait quotidiennement de sueur après sa course matinale. L’aîné, Aymar, avait des cheveux de jais et ses yeux nous transperçaient l’âme tels des couteaux tranchants. Les deux hommes dirigeaient chacun leurs seigneuries d’une poigne de fer. Toutefois, ils étaient trop étroits d’esprit pour bien s’entendre…

La veille de Noël, alors que Julien faisait sa course matinale habituelle, Aymar s’introduisit sur sa terre et subtilisa le fruit de ses efforts : l’entièreté de ses framboises! À son retour, Julien découvrit ses précieuses baies évaporées!! Abasourdi, il fracasConte enfantsa la porte d’entrée de son frère et l’interpella violemment : « Abruti!! Tu m’as volé mes framboises!!!!! » « Mais non!! De quoi tu parles? », répondit audacieusement Aymar en feignant la surprise. « Va donc chez le diable!! Tu n’es qu’un profiteur sans scrupules! », hurla Julien.

Soudainement, un nuage pourpre traversa le plafond et descendit devant les bagarreurs. Une silhouette difforme pénétra dans la cuisine. « On m’a appelé? Je suis à votre service. » Le démon fit miroiter dans sa main une boule de cristal à travers laquelle ils virent les richesses de l’Enfer. Puis, tout se passa très vite. Le démon les téléporta dans un canot magique qui les emmenait directement vers les profondeurs de la terre. Tout à coup, une lumière blanche fonça droit dans leurs poitrines…

Ils sentirent une chaleur soudaine, puis une voix profonde et bienveillante résonna dans leur tête : « En Enfer à cause d’une chicane puérile? Vous valez mieux que ça. Pensez à votre famille, à vos proches! Vous tombez dans un piège, mes enfants ». L’impact que ses paroles eurent sur eux fut comme une révélation. Les souvenirs qui défilèrent devant leurs paupières closes leur firent monter les larmes aux yeux. Lorsqu’ils étaient petits, ils se pardonnaient toujours tout. Julien et Aymar se sautèrent dans les bras en pleurant. « Fermez les yeux, souhaitez ardemment retourner chez vous et je ferai le reste. C’est un beau cadeau que je vous fais. Personne n’est jamais revenu de l’Enfer… », continua la voix.

C’est ce qu’ils firent, puis le silence soudain leur fit ouvrir les paupières. Ils étaient de retour chez eux!!!! Ils se promirent d’être plus attentifs à la lumière dans leur cœur à l’avenir et tout fut pardonné… juste à temps pour Noël.

Éloïse Beaumier-Trussart

Poésie

Photo : Pixabay

La Terre e(s)t moi

Un jour je guiderai 
le vent, les étoiles 
et la Terre 
J’écouterai 
le vent me parler 
Je regarderai
les feuilles survoler
l’amour
Ma main touchera
l’eau des rivières
prise par la soif
Je danserai
dans l’amour de mon cœur
J’aiderai
le monde à fuir
la tristesse
Je tracerai
l’amour, la vie et
surtout l’amitié
Je ferai
tout pour qu’elle puisse survivre
à la guerre
et la surconsommation
de l’être humain
Et que sa lumière
telle un astre
brille en nous

Yaël, 10 ans

Conte adulte

Photo : Pixabay

Yves et la lumière

C’est le grand hiver au Yukon. 
L’ami Yves, au volant de son gros camion, 
A bien à faire avec toutes ses livraisons. 
Comment fait-il pour garder sa gaieté 
Quand tout sombre dans l’obscurité? 
Peux-tu découvrir ici tous les secrets 
Qui l’aident à quitter son lit douillet?

Sur les routes glacées et enneigées, 
La nuit s’étire et le soleil se lève bien tard. 
Mais les camionneurs se font des signes d’amitié
En faisant clignoter leurs phares.

Yves salue ses amis et pense aussi à ceux et celles 
Que ses cargaisons, des plus futiles aux essentielles, 
Émerveilleront en toutes saisons l’année durant.

« Ah! Toutes ces dindes transbordées pour Noël 
Et le Nouvel An. Les jambonneaux, les boudins, 
Les cœurs en chocolat de la Saint-Valentin, 
Les œufs de Pâques, les fleurs pour les mamans, 
Les saucisses pour papa ou pour la Saint-Jean, 
Les douceurs glacées de l’été pour les enfants… 
Les citrouilles de l’automne, les coquelicots 
Du jour du Souvenir, tout cela est bien beau. 
Et apporter tout cela me fait grand plaisir! » 
Partager, contribuer, l’aide à bien se sentir.

À Braeburn, Yves s’arrête pour se restaurer.

Il rêve aux brioches à la cannelle. 
Manger avec des amis lui donne des ailes!

Il saute hors de la cabine du camion. 
Le froid lui mord le bout du nez, 
Lui pince les joues, le frappe au front, 
Comme le dernier des polissons. 
Mais le camionneur ne s’en froisse pas. 
Il est trop occupé par la beauté du ciel étoilé.

La lumière du chalet invitant le ragaillardit.

Il note des perles faites de cristaux délicats 
Accrochés à une vieille toile d’araignée 
Que l’automne a oublié sur la galerie. 
Et puis, quelles formes élégantes dessinées 
Près de l’entrée, sur la vitre givrée par le frimas!

La lumière des hommes joue sur les inventions de glace 
Que l’hiver et Dame Nature ont petit à petit mis en place.

Yves voit ce joli manège, ces jeux d’ombre et de lumière. 
Il se rappelle le grand carrousel des aurores boréales, 
Encore hier soir au fin fond de la nuit hivernale. 
Il pense : « Ce que j’ai vu de beau 
Sur la route entre Dawson, Mayo et Faro, 
De Watson Lake à Tok ou Tuktoyaktuk, 
Il y aurait de quoi faire un TikTok! » 
Après avoir grignoté, il salue ses amis.
Sur la route devant lui se lèvent trois soleils.
« Un parhélie! Quelle chance sans pareille! »

Danielle S. Marcotte

Poésie

Photo : Pixabay

Silencieuse présence

L’humilité pour guide 
Incertitude de l’être 
Face aux immensités 
De la Terre 
Et des silences 
Devenir, évoluer 
À travers les yeux 
Perçants 
Des autres cœurs 
Vivants 
Tous à travers 
Les silences de l’autre 
Tous à travers 
L’inconnu 
Que nous sommes 
L’un pour l’autre 
La réponse 
Silencieuse 
Est en nous 
Elle
Nous attend 
Lumineuse

Céline Godard Aron

Conte adulte

Photo : Fournie

La tempête

Rien n’annonçait une tempête alors que cris et rires accompagnaient les flocons dans leur joyeuse farandole.

Puis le vent s’en est mêlé. En moins de deux, la neige folle s’est transformée en blizzard et le plaisir des enfants s’est envolé avec lui.

La bonne humeur du matin se transforme en brouhaha de tempête. Après chocolat chaud et tartine, le calme revient quelque peu alors qu’une partie de Monopoly prend place au salon.

Assis à la fenêtre, j’admire le spectacle. Dans sa fureur, le vent emporte le faible et bardasse le fort. La loi de la nature suit son cours. Les arbres tourmentés résistent en geignant. Demain, ils en auront long à raconter sur le combat qu’ils ont mené.

Les rafales se succèdent sans apaisement alors qu’une à peine arrivée est bousculée par une plus grande et plus puissante. Au matin, elles seront accumulées les unes sur les autres pour offrir aux enfants une haute et longue glissade.

Les claquements des portes de la grange me disent que je devrais m’assurer qu’elles vont résister à leurs assauts. Je m’habille et lance un cri aux enfants pour leur laisser savoir que je vais à la grange.

Le vent me fouette le visage et je dois me plier pour continuer d’avancer. L’effort est extrême, mais il me ragaillardit. De spectateur, je suis devenu acteur. Les projecteurs sont sur moi et je me dois de performer.

J’avance difficilement, à l’aveuglette. Il n’y a rien à voir que la neige et ses tourbillons. Il n’y a rien à entendre que le vent et sa symphonie. Je bloque les portes et me retourne pour faire face à la musique.

Lentement, j’avance vers la maison. Chaque pas, chaque effort est partie prenante de ce grand acte, de cette merveilleuse composition. Je ne lutte pas, je m’invite à la danse.

Sur le perron, je remercie ma partenaire pour cette valse endiablée. Je pousse la porte et me faufile rapidement à l’intérieur.

Je mets une autre bûche dans le poêle et jette un coup d’œil au salon où tout est au calme.

Je réchauffe mon thé et me rassois à la fenêtre. Le spectacle inspirant m’amène à l’ébauche de l’histoire que je raconterai aux enfants ce soir.

Son héros, Max, bien emmitouflé et raquettes aux pieds, accompagné de Buck, son fidèle compagnon, affronte les rafales et la tourmente d’une tempête qui ne lui offrira aucun répit…

Philippe Dumont

Poésie

Photo : Fournie

L’hiver quand le solstice approche 
Sévit sa longue nuit étoilée 
Revêtue d’écharpes d’aurore 
Le secret du Nord dévoilé 
Joie de la neige immaculée 
L’aimer, la fouler, y glisser 
Délices devant tant de beauté 
L’âme s’en ressent comme inondée 
Sourires d’allégresse aux visages 
Sans retenue la joie déborde 
Lumière scintillant aux regards 
Des voix s’entendent qui fredonnent 
Un monde glacial transfiguré 
Des enfants tout émerveillés 
Autour de nous des voluptés 
Ah, comme chez nous vous aimeriez!

ioleda

Conte adulte

Photo : Fournie

Lenny

Le soleil d’hiver au Yukon dépassait à peine l’horizon, projetant une faible lueur sur l’immense étendue de neige et de glace. Du givre couvrait les vitres de mon petit avion de brousse et scintillait comme du verre broyé pendant que je faisais mes vérifications matinales. Chaque respiration formait un nuage pâle, suspendu un instant avant de disparaître dans l’air glacé.

Lenny — ma fidèle husky/border collie — trottinait autour de l’appareil, laissant des empreintes nettes dans la neige fraîche. Elle levait régulièrement les yeux vers moi, comme pour s’assurer qu’elle ne manquerait rien du départ. Chaque fois que son regard croisait le mien, j’y lisais une confiance tranquille qui réchauffait un peu l’air gelé. Pour moi, voler au-dessus des terres blanches n’était pas une mission, mais un moment privilégié que nous partagions.

« Tu es prête, ma p’tite fille? », demandai-je.

Lenny aboya une fois, un son qui me semblait plus comme un chant que je reconnaîtrais partout et qui sembla briser le silence froid du matin.

Je montai dans l’avion, sentant déjà le froid traverser le cockpit. Lenny sauta derrière moi et s’installa sur sa couverture. Le moteur toussa, protesta, puis se mit enfin à ronronner régulièrement, soulevant un nuage de poudreuse sous l’hélice.

Nous décollâmes, les skis effleurant la surface glacée avant que l’avion ne s’élève dans le ciel pâle. En dessous s’étendait un paysage étincelant : des rivières figées et des montagnes dressées sous leur manteau de neige.

Pendant un long moment, il n’y eut que le bourdonnement régulier du moteur et le léger froissement de la couverture sous Lenny. Puis, timidement, le soleil apparut à l’horizon, au-dessus des montagnes, sa lumière pâle traversant les nuages. Dans le reflet doré, j’aperçus les oreilles de Lenny se redresser, elle s’assoit regardant vers le bas comme si elle reconnaissait où nous allions.

Lorsque nous atterrîmes sur une rivière gelée pour livrer des provisions d’hiver, le froid nous frappa immédiatement. Lenny bondit dehors, faisant voler la neige comme des confettis, remplissant le silence d’une énergie joyeuse, car elle savait que nous allions voir son amie, Luna.

Voler dans l’hiver yukonnais pouvait être rude — parfois même solitaire.

Mais avec Lenny à mes côtés, sa présence était comme une lumière qui me faisait chaud au cœur.

Marielle Veilleux

Poésie

Photo : Pixabay

Suivre la lumière de notre phare 
Pour ne pas sombrer dans les tumultes de la vie. 
Le mien n’était autre que ton regard 
Qui me guidait vers cette envie 
D’accoster sur tes rives, ton parvis. 
Depuis j’ai jeté l’ancre, mon dévolu 
Dans les abimes de ton cœur. 
Mes yeux aveuglés par ta lueur 
Ne voyant que ton amour absolu.

Joël Souvy (alias Jo Karless).

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