L’exposition finale se tiendra pendant le mois de septembre 2026 au Yukon Artists @ Work.
Depuis sa retraite en 2020, Cheryl McLean, d’ascendance européenne et crie-castor, se consacre au tannage de peaux de poisson. Nicole Bauberger, artiste multidisciplinaire franco-yukonnaise, travaille notamment le verre et l’argile.
C’est lors d’un potlatch en mémoire d’Annie Smith, aînée de la Première Nation des Kwanlin Dün, que les deux artistes approfondissent leur relation et imaginent une future collaboration artistique.
Ainsi, en septembre 2026, les deux artistes prévoient d’exposer une installation tactile et évolutive au Yukon Artists @ Work. « Ce que nous essayons de faire, c’est de rassembler des thèmes liés aux relations, au respect et à la réconciliation », explique Nicole Bauberger.
« Toutes nos robes seront utilisées pour confectionner une grande robe qui, pour nous, symbolise quelque chose. Nous utilisons donc des poissons d’eau douce pour les fabriquer », précise Cheryl McLean.
Des robes plus petites, peut-être jusqu’à une centaine, seront confectionnées à partir de chutes de cuir. Mme McLean souhaite ainsi utiliser toutes les parties du poisson. « Je pense qu’il est important d’utiliser tous les aspects », souligne-t-elle.
À travers cette technique, les artistes souhaitent célébrer le poisson. « Beaucoup d’entre nous pensent que l’une des raisons pour lesquelles les saumons ont disparu est que nous ne leur avons pas témoigné notre respect. »
« Une partie de mon travail de tannage consiste donc à rendre hommage à ce poisson en utilisant toutes ses parties, à travailler les vertèbres de poisson, à participer à ce processus », explique Cheryl McLean.
Explorer les revendications territoriales
Les deux artistes souhaitent également explorer les relations entre Autochtones et non Autochtones.
Cheryl McLean mentionne Judy Gingell, première commissaire autochtone du Yukon, nommée en 1995. « Elle a toujours cherché à établir des relations avec la communauté non autochtone », raconte-t-elle. « Pendant son mandat de commissaire, elle a créé le potlatch du commissaire, qui présentait véritablement les peuples autochtones, leur art, leur culture, leurs danses au grand public et aux touristes. C’est aussi en partie ce que sera notre spectacle : une célébration potlatch de nos traités. »
Les deux artistes travaillent sur un projet commun qui lie la sculpture, le tannage et le travail des perles.
Un de leurs objectifs est d’utiliser l’accord sur les revendications territoriales et le rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada pour les faire découvrir au public et de leur en donner une meilleure compréhension.
« En ce qui concerne les traités, il existe un certain nombre de documents qui circulent depuis 1973 et qui nous donnent vraiment beaucoup d’indications, à nous tous, sur nos relations avec les peuples autochtones », rapporte Cheryl McLean. « Nous allons donc fabriquer des perles à partir d’un grand nombre de ces traités. »
Implication du public
Les artistes sont encore aux prémices de leur projet et invitent le public à y participer lors de leur résidence.
Deux séances portes ouvertes ont eu lieu au studio Chamber House au parc Shipyards les 11 et 18 novembre. Une prochaine est prévue le 25 novembre. Elles invitent les membres de la communauté à les aider à fabriquer des perles à partir de vertèbres de poisson et d’argile, à travailler avec du cuir de poisson et à discuter de questions liées à la réconciliation.
De son côté, Nicole Bauberger animera un atelier de décorations recyclées sur verre céramique le 15 décembre prochain.
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