Né à Mirabel, au Québec, Yves Lafond a visité le Yukon pour la première fois pendant un séjour dans l’Ouest canadien. De retour au Québec, il a ensuite mené une carrière en affaires pendant 30 ans. Mais l’appel du Nord ne l’a jamais quitté.
Il y a près de 15 ans, l’auteur a décidé de revenir au Yukon, « cette fois avec pas de date de retour », précise-t-il. Retraité d’une longue carrière de camionneur, il aime rappeler en blaguant que « tu peux sortir le gars du Yukon, mais tu ne peux pas sortir le Yukon du gars! »
Une passion de longue date pour l’art des mots
C’est en écrivant un poème à sa mère, alors qu’il était enfant, qu’Yves Lafond s’est découvert une passion pour l’écriture.
« Je me suis demandé pendant des années quand j’allais commencer à écrire, parce que je savais que je devrais », confie-t-il.
Entre voyages d’affaires et trajets en camion, l’auteur n’a jamais cessé de noircir ses pages d’« une pensée, d’une anecdote ou d’un poème », jusqu’à la parution de son premier ouvrage, en 2021, intitulé Le boutte de la route : Chroniques en dix-huit roues.
Tout comme pour son premier ouvrage, Yves Lafond publiera son nouveau livre avec les Éditions de la nouvelle plume.
Nouvel ouvrage – à quoi s’attendre?
Dans L’homme blanc un peu fou, Yves Lafond met en scène un journaliste financier venu au Yukon pour écrire un article sur l’or. À bord d’un train menant à Dawson, il fait la rencontre d’un arnaqueur qui lui raconte ses aventures rocambolesques.
« En fait [le livre], c’est l’histoire de l’arnaqueur », précise l’auteur. « Mais il la raconte au journaliste parce qu’avec le temps, il va évoluer en écoutant son histoire qui n’a aucun sens. »
Yves Lafond dit s’être inspiré de la ville qui a porté son enfance pour créer ses personnages. « Dans ce temps-là, l’élite, c’étaient les gens qui volaient les banques. Je suis allé à l’école avec ces gens-là, et c’était les plus reconnus du quartier. »
Admirateur de l’écrivain Joseph Campbell, il admet que ce dernier a également influencé son écriture. Alors que son premier livre rassemble des textes personnels écrits au fil des ans, ce second ouvrage s’inscrit dans une véritable trame narrative. « Le thème, c’est toujours la recherche de la sérénité », souligne l’auteur. « [Pas forcément le bonheur], mais être serein avec ce qu’on vit, je trouve ça plus important. »
Du diesel dans la plume
Yves Lafond se dit très fier d’être à la fois écrivain et camionneur. « Je viens de l’époque où les camionneurs, c’étaient des gros bras sans tête. On était les misfits, les rejetés de la société. La moitié des camionneurs avec qui je travaillais avaient un dossier criminel, d’autres n’étaient pas capables de fonctionner dans la société… c’étaient des mésadaptés. Donc [être écrivain et camionneur], ça vient avec une grande fierté. »
Ses longues excursions sur les routes, de Whitehorse à Inuvik, ont d’ailleurs nourri l’essentiel de son inspiration. « C’est drôle à dire, mais le gros de mes idées me vient quand je suis en camion », révèle-t-il. « Entre camionneurs, ça parle du loup, ça parle du grizzli… de la vie, en fait. Je trouve que ça vaut la peine d’être écrit, parce qu’ailleurs, les camionneurs ne parlent vraiment pas comme ça. »
L’auteur garde également un souvenir marquant de la route Dempster, qu’il qualifie comme « la pire route au monde », mais aussi comme « une chose extraordinaire » qui l’a profondément transformé. « [Sur la Dempster], tu te lèves le matin et tu te demandes “hey, est-ce que je vais terminer la journée en vie?” donc ça t’apprend à apprécier la vie, et à vouloir la garder. »
Un livre qui se lance et une carrière qui se poursuit
La soirée de lancement d’Un homme blanc un peu fou aura lieu le 21 novembre, en collaboration avec l’Aurore boréale. (NDLR, malheureusement l’évènement a du être annulé).
« J’ai jamais assisté à un lancement de livre, même pas pour mon premier livre, parce qu’il était sorti pendant la pandémie. Je sais que d’habitude, l’écrivain lit des extraits [de son livre pendant la soirée], mais moi, j’aimerais mieux faire lire des petits bouts à toutes sortes de monde. »
La tête pleine d’idées, quelques ouvrages déjà presque complétés, l’auteur ne compte pas s’arrêter là. Une chose est sûre, la route littéraire d’Yves Lafond ne fait que commencer!
Rébecca Fico, 15 ans, est journaliste en herbe pour l’Aurore boréale.
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