C’est lors d’une visite à son frère en 2022 que Floriane Gérard découvre le Yukon et plus précisément Dawson. Pendant son séjour, elle se rend à l’entreprise de sirop de bouleau, Uncle Berwyn’s, situé à 120 km de la ville. Elle revient au printemps suivant pour participer à la récolte et aider à la préparation. De retour en Belgique, elle réalise qu’elle souhaite passer plus de temps dans la région. Ainsi, en septembre 2023, elle décide de s’y installer.
En plus de son métier de pianiste, Floriane est éducatrice à Little Critters Daycare. La jeune musicienne joue pendant la saison estivale cinq soirs par semaine. « Le casino ouvre mi-mai, mais les répétitions commencent à la mi-avril », précise-t-elle.
Chacun des trois spectacles présente un thème différent. « Le premier set, c’est jazz, le deuxième set, c’est genre love songs, toujours un peu jazzy, et le troisième set, c’est toutes des chansons plus actuelles, plus récentes. Et là, je peux choisir des chansons là-dedans, c’est plus libre que le show qui, lui, est fixe », explique la musicienne.
« Travailler au casino, c’est vraiment cool. Ce sont tous de chouettes gens. Il y a une bonne ambiance. Il n’y a pas de stress ». Floriane espère renouveler son contrat avec le casino l’été prochain.
Vivre de sa passion
Floriane Gérard commence à jouer du piano à l’âge de 7 ans. Elle se réjouit de pouvoir vivre sa passion au travers de son travail. « J’ai fait le conservatoire en Belgique pendant huit ans. J’ai l’occasion de performer en piano ici et c’est vraiment cool parce qu’en Belgique, j’étais prof de piano et prof de solfège », explique-t-elle.
Elle admet que le rythme effréné des représentations estivales est assez intense. « Enfin, c’est surtout l’horaire de nuit qui est dur à s’adapter parce que tu peux faire des trucs dans ta journée, mais après, il faut garder ton énergie la nuit, jusqu’à minuit et demi, passé. Donc ça, c’est le plus dur, mais on s’y fait. Il faut juste ne pas trop faire de trucs la journée », ajoute-t-elle.
Floriane Gérard joue également du trombone et a commencé à apprendre à jouer du violon en décembre passé. « Il y a une communauté de fiddle à Dawson. Depuis l’année passée, ils m’ont demandé de venir jouer du piano avec eux. J’ai intégré le groupe et c’est vraiment cool. Ça a fait aussi que mon univers était plus chouette », admet-elle.
C’est lors d’une visite à son frère en 2022 que Floriane tombe amoureuse du Yukon.
Authenticité et partage
Ce qui lui plaît au Yukon? La nature, les grands espaces, et le calme surtout.
« C’est tellement différent de la Belgique », constate-t-elle. « Ici, tu voyages 20 minutes pour arriver à l’aéroport. En Belgique, si tu fais 20 minutes, tu as passé quatre villes de 30 000 habitants à chaque fois. Donc, c’est vraiment ça et toute la nature et puis le fleuve qui gèle, tu as le freeze-up, le break-up. C’est une vie plus authentique, je trouve. Tu reviens un peu plus aux besoins essentiels que quand tu es en ville où tu voyages en train. Tout me semble plus vrai, réel ici. Et en même temps, c’est comme si c’était un rêve ici », partage la jeune femme.
À l’avenir, Floriane Gérard souhaiterait explorer davantage la région. « Ce seraient plus des projets de voyages, mais ici. Je voudrais bien passer un mois à Tombstone. J’aimerais bien aller plus au nord aussi. Inuvik et tout ça, je n’y suis pas encore allée. »
« J’aimerais bien refaire du wwoofing parce que c’était un bon moyen d’apprendre de nouvelles choses que je ne connaissais pas du tout. J’aimerais bien en refaire une saison chez Uncle Berwyn’s. J’ai aussi fait du wwoofing avec John Leonard qui habite là-bas sur une île et qui cultive des pommes. Ce qui est assez dingue au Yukon. »
« Je n’ai pas envie de retourner en Belgique. J’aime bien ici, toute la neige qu’on a, et le bon vrai froid sec. J’aime bien le froid. En fait, il fait plus clair qu’en Belgique finalement, parce qu’en Belgique, il fait toujours tout gris. Et le froid, quand il fait moins 40, c’est magique, j’adore. L’hiver est ma saison préférée. »
Floriane se dit bien s’être adaptée à son environnement. « Au tout début, j’aimais bien dire que je venais de Belgique, encore maintenant, quand je rencontre un Belge, je suis très contente, parce que c’est très rare […] Mais, je préfère l’idée que tu viennes et que tu t’adaptes au pays plutôt que de vouloir venir avec ta culture », conclut-elle.
Les commentaires s'afficheront une fois que vous aurez atteint la fin de l'article.