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le Jeudi 11 septembre 2025 7:50 Culture

Quatre femmes dans le vent

The Way of the Wind a été dirigé par Michaëla St-Pierre et réalisé avec les danseuses Valérie Herdès, Grace Simpson-Fowler et Sadie Segriff. La musique est composée par les musiciens locaux Calla Paleczny, Evan Stepanian, Victoria Parker et Kelvin Smoler. — Photo : Gwendoline Le Bomin
The Way of the Wind a été dirigé par Michaëla St-Pierre et réalisé avec les danseuses Valérie Herdès, Grace Simpson-Fowler et Sadie Segriff. La musique est composée par les musiciens locaux Calla Paleczny, Evan Stepanian, Victoria Parker et Kelvin Smoler.
Photo : Gwendoline Le Bomin

Le 5 septembre dernier, Michaëla St-Pierre a présenté en première et unique représentation son œuvre de danse contemporaine The Way of the Wind. Le spectacle explore la solitude, la tristesse et la frustration vécues par un groupe de femmes isolées. À travers le mouvement, elles se rapprochent, se soutiennent et trouvent ensemble la force d’impulser un changement dans la société.

Le spectacle de danse contemporaine se veut un message d’espoir. « On voit souvent les mauvaises nouvelles par rapport aux changements climatiques et on n’a pas toujours de solutions. Mais pour continuer à chercher les solutions, je pense qu’il faut essayer de garder espoir », explique Michaëla St-Pierre, chorégraphe et réalisatrice de l’œuvre.

Photo : Gwendoline Le Bomin

« C’est un projet de danse qu’on a commencé l’été passé qui met en valeur la danse, la composition sonore. Toute la composition sonore a été composée par des musiciens locaux du Yukon ainsi que l’éclairage », informe Michaëla St-Pierre, qui a mené ce projet en collaboration avec les danseuses Valérie Herdès, Grace Simpson-Fowler et Sadie Segriff.

La pièce principale, un trio d’une durée de 40 minutes, est suivie d’un solo dansé par Michaëla.

« En tant qu’artiste, je me demande souvent quel est mon rôle dans la société », partage Michaëla St-Pierre. « Présentement, dans la société, j’ai l’impression qu’on voit venir un orage, de grandes choses qui pourraient bouleverser ce qu’on vit. Je vois un monde en crise de plusieurs façons, je trouve qu’après la pandémie on a beaucoup d’isolement, on a beaucoup de troubles de santé mentale, on a des pays qui sont peut-être plus divisés ou qu’on ressent plus divisés qu’avant. Donc, c’est un peu comme pour dire que, pour passer à travers des choses, il va falloir qu’on se rassemble, et qu’il va falloir qu’on s’organise, qu’on s’entraide », partage l’artiste. Pour Michaëla, créer de la danse, un spectacle, est une façon alors de se sentir utile.

« Puis, pour moi, qu’est-ce que ça veut dire vraiment d’écouter une autre personne? Essayer de comprendre une réalité qui n’est pas la nôtre. C’est ce que font les interprètes sur scène. Elles écoutent leurs histoires, mais elles s’écoutent aussi pour passer à travers les défis de danse qu’elles vivent sur scène. »

Garder espoir

La chorégraphe espère que le public va ressortir de la salle avec un sentiment d’espoir.

« À travers les frustrations que je sens par rapport au monde, je trouve qu’on est souvent dans le désespoir. L’espoir n’est pas tout ce qu’il nous faut, mais c’est important et on en a besoin, surtout ma génération. On voit souvent les mauvaises nouvelles par rapport aux changements climatiques et on n’a pas toujours des solutions. Mais pour continuer à chercher les solutions, je pense qu’il faut essayer de garder espoir. »

Le spectacle ne contient quasiment aucune parole. « Je pense qu’il y a peut-être une ligne de parole dans la musique », rapporte Michaëla. « Étant bilingue, je n’ai jamais été très à l’aise de m’exprimer avec les mots et étant perdue un peu entre mes deux langues maternelles. Donc, on se concentre vraiment sur le langage du mouvement pour raconter une histoire. »

Sadie Segriff abonde dans le même sens. « En tant que danseuses, ce n’est généralement pas notre meilleur moyen d’expression, simplement parler des choses. Ce qui est important pour moi, c’est de pouvoir exprimer ce qui se passe dans le monde ou dans ma vie personnelle, ou quoi que ce soit d’autre, de pouvoir le montrer à travers la danse, et que les spectateurs peuvent s’identifier à cela sans avoir besoin de mots. »

Pour Valérie Herdès, danseuse franco-yukonnaise, « cela contribue à l’histoire du spectacle, où nous nous aidons mutuellement à surmonter certaines difficultés et certaines épreuves, je suppose. D’une certaine manière, c’est très agréable de partager cette histoire avec ces danseuses en particulier, car j’ai l’impression que c’est aussi le cas dans la vie réelle. »

« Je pense que chaque spectateur va retenir des choses différentes, va interpréter des choses différentes, mais j’ai aussi l’impression que c’est une histoire très réelle, très vraie, que nous racontons. Je pense que cela rend peut-être l’expérience encore plus forte pour nous aussi », partage-t-elle.

Valérie Herdès, Grace Simpson-Fowler, Michaëla St-Pierre et Sadie Segriff.

Photo : Gwendoline Le Bomin

Une équipe féminine

« C’était assez intentionnel de n’avoir que des femmes », admet Michaëla St-Pierre. « Je pense que c’était juste ce que j’avais envie de faire à ce moment-là. Et c’était aussi incroyable de ne pas avoir d’hommes dans cet espace. Il y a quelques hommes en qui j’ai vraiment confiance. En fait, Kelvin [Smoler, musicien] est l’un d’entre eux. C’est quelqu’un que je considère comme un allié et qui est là pour nous écouter, pas pour nous faire taire, mais pour donner du pouvoir à nos voix. »

« Même dans notre façon de bouger, je pense que c’est vraiment libérateur d’être une équipe composée uniquement de femmes », ajoute-t-elle.

Le groupe de danseuses rapporte également qu’il existe davantage d’opportunités dans le monde de la danse pour les hommes, car ces derniers sont moins nombreux. De plus, « les compagnies ou les groupes veulent parfois un nombre égal d’hommes et de femmes », rapporte Michaëla. « Du coup, il y a moins de concurrence pour eux dans la danse, donc ils ont souvent plus d’opportunités. C’était donc intentionnel d’avoir que des femmes sur scène. »

À l’avenir, Michaëla St-Pierre aimerait partager l’œuvre à l’extérieur du Yukon.

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