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le Jeudi 1 mai 2025 8:00 Éditoriaux

Climat : l’urgence oubliée

  Photo : Pixabay
Photo : Pixabay

Au cours des dernières semaines de campagne électorale, plusieurs enjeux ont occupé le devant de la scène, notamment la sécurité, l’accès au logement et l’inflation. Toutefois, l’environnement et les changements climatiques semblent avoir été relégués au second plan, suscitant peu de débats cette fois-ci.

C’est vrai qu’il n’est pas toujours facile de concilier les impératifs économiques avec l’urgence climatique.

Pendant la campagne, par exemple, le chef libéral Mark Carney a affirmé soutenir la construction de nouveaux pipelines pour réduire la dépendance énergétique du Canada envers les États-Unis. Il a promis, en même temps, que ces infrastructures seraient dotées de technologies permettant de capter le carbone. La conciliation de ces deux réalités s’avère de plus en plus ardue.

Faire face à la réalité

Le mois dernier, 124 élus municipaux et élues municipales de partout au pays ont uni leur voix pour interpeller les chef·fe·s des six partis fédéraux. Dans une lettre ouverte, ils et elles réclament des mesures concrètes et urgentes face aux risques croissants du réchauffement climatique, dont les effets se font sentir de manière directe dans les municipalités canadiennes. Leur demande sonne comme un rappel clair : l’inaction climatique n’est plus une option.

Mais d’où doivent venir les changements? Sont-ils censés seulement découler d’une volonté qui vient de là-haut ou d’une action venant des citoyen·e·s? Ou bien peut-être d’un peu des deux?

Répondre à ces questions n’est pas simple. Si on prend le secteur du tourisme, il s’agit d’un domaine économiquement porteur, en expansion depuis ces dernières décennies, attribuable en partie à une démocratisation du voyage. De plus en plus de personnes ont l’occasion de découvrir les plus beaux endroits de la planète. Pourtant, à lui seul, le tourisme émet près de 9 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde.

Au Yukon, heureusement, le milieu se questionne. La semaine passée a eu lieu la conférence Compass, un événement organisé par l’Association de l’industrie touristique du Yukon, axée sur le développement durable du secteur. Les professionnel·le·s du milieu ont eu l’occasion de repenser le tourisme comme un levier de régénération environnementale et de résilience communautaire, en s’inspirant notamment des savoirs autochtones.

Julia Heiroth, organisatrice de l’événement, croit en un tourisme capable de relier les humains entre eux, leur permettant ainsi de mieux se comprendre et peut-être de mieux se tolérer et prendre conscience de la fragilité de notre planète. Un message d’espoir dans un contexte de tensions politiques.

Les sables bitumineux du Canada présentent eux aussi des dualités : le Canada en regorge et ils constituent des occasions économiques considérables. Mais quelles sont les conséquences environnementales de leur exploitation? Tandis qu’on nous promet une industrie minière « verte », les écologistes rapportent que l’écosystème boréal pourrait basculer au-delà du point de non-retour écologique, entraînant des dégâts écologiques irréversibles et la perte de biodiversité.

Un éternel recommencement

Les discours sur le réchauffement climatique semblent tourner en rond. En fouillant dans les archives, on constate avec consternation que ce sont souvent les mêmes mots et les mêmes constats alarmants qui refont surface dans les médias. L’urgence d’agir est plus pressante que jamais!

Beaucoup d’entre nous jettent l’éponge, se disant qu’il est trop tard, que de toute façon là où on en est, la planète va bien trop mal pour qu’on puisse faire quoique ce soit pour la sauver. Alors, quelle est la solution? Fermer les yeux et rester dans le déni?

Et s’il était encore possible de maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 1,5 °C par rapport aux niveaux de l’ère préindustrielle (1850-1900), cible fixée lors de l’Accord de Paris il y a dix ans? Peut-on encore « sauver la planète »?

Face aux défis environnementaux, comment ne pas comprendre que certains jeunes s’interrogent sur leur avenir? Comment ne pas entendre ceux et celles qui hésitent à fonder une famille, de peur de léguer une Terre sans avenir?

Des milliardaires défient l’espace et lorgnent les autres planètes du système solaire à la recherche d’un possible avenir pour l’humain. De l’eau a été trouvée sur la Lune et sur Mars. Mais, ne devrions-nous pas plutôt nous demander : et si notre plus belle aventure était de soigner notre propre planète?

Malgré les catastrophes naturelles qui marquent notre époque, nous assistons, partout dans le monde, à l’émergence d’initiatives inspirantes, de solutions novatrices et d’élans collectifs porteurs d’espoir. Et si, ensemble, nous, collectivement, pouvions encore envisager un renouveau?

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