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le Jeudi 21 mai 2026 8:00 Éditoriaux

Embarquez!

  Photo : Reseau.Presse François Hastir
Photo : Reseau.Presse François Hastir

La fin de semaine passée,  à l’autre bout du bout du Canada, a eu lieu le Festival international de journalisme de Carleton-sur-Mer. Un rendez-vous où les idées circulent comme des courants : l’IA va-t-elle couler les médias? D’où vient la désinformation? Comment les jeunes regardent-ils notre métier? Autant de questions lancées à la mer, sans toujours savoir où elles accosteront.

J’ai eu l’immense honneur d’être invitée à prendre part à trois panels : sur l’avenir du journalisme, sur le rapprochement avec les communautés linguistiques, et sur le journalisme de proximité. Alors évidemment, j’ai accepté!

Mais… Une fois sur place, un sentiment de vertige a pris le dessus. La programmation comptait aussi des noms comme Julie Miville-Dechêne, Céline Galipeau, Mark Fortier et Joyce Azar, venue de Belgique. Un petit sentiment d’imposteure s’est clairement fait sentir en moi.

Alors, j’ai fait ce que je fais le mieux. Mettre mes deux pieds dans l’eau. Et…… tant qu’à y être… j’y ai piqué une tête! Assise ensuite sur les galets, les poumons pleins d’air marin et entourée de drapeaux acadiens, j’ai compris. De la même façon que j’avais su plonger, tout était là autour de moi et me criait : Aweille, embarque!

Et puis… Il y a eu le hockey.

Même si ce sport ne fait toujours pas partie de mon identité, ce soir-là, à Carleton-sur-Mer, j’ai eu envie de le vivre. À Rome, fais comme les Romain·es, dit-on. Là, ça consistait à manger une poutine au Naufrageur, une brasserie bondée de chandails rouges. Go Habs Go! Un moment parfait, comme seuls les moments inattendus savent l’être. Il suffisait juste d’accepter d’embarquer. De suivre le courant, juste pour voir.

Parce qu’au fond, embarquer, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre. C’est simplement accepter de monter à bord, de se laisser porter par les flots, qu’on prenne la barre ou qu’on la laisse aux autres. Ce qui compte, c’est de garder les deux pieds dans le bateau, même si on ne connaît pas toujours la destination.

En ce moment, au Yukon, c’est le moment d’embarquer aussi. Dans plein de projets!

Il y a des courses, des relais, des régates qui se préparent dans tous les horizons. La course de kayak Icebreaker aura lieu le 6 juin. Pour les plus « terre à terre », les relais et les courses à pied s’organisent et plusieurs équipes cherchent des partenaires de course. Il est encore temps aussi de s’inscrire à la course Raven50 Ultra.

Bref, avec cette lumière qui nous redonne de l’énergie, c’est le temps de se lancer. Et certain·es ajouteraient qu’on vient de passer une nouvelle lune, que c’est donc propice à démarrer de nouvelles choses. Tiens…, d’ailleurs : la question de la spiritualité dans les médias était aussi dans les thèmes du festival. Et vous, qu’en pensez-vous?

Mais, revenons au Yukon. Le marché Fireweed redémarre au parc Shipyards. On y va pour flâner, goûter, jaser. Pour se laisser porter, simplement. Car embarquer, c’est aussi choisir ce qui nous fait du bien : un pique-nique improvisé, une discussion qui s’étire devant des plants de tomates, un moment suspendu entre ciel et terre.

Dans ce journal, on vous présente aussi plusieurs personnes qui ont littéralement embarqué dans une aventure merveilleuse. Cinq comparses qui s’apprêtent à descendre le fleuve en canot pour plusieurs mois, entre exploration, science et rencontres humaines. Ils rameront, sans aucun doute, au sens propre comme au figuré! Mais autant avec les bras qu’avec la curiosité.

L’organisme Les Roses du Québec a lancé une invitation aux Franco-Yukonnaises : un programme d’entraînement. Et les femmes du Yukon ont embarqué. Ensemble. À leur rythme, mais avec élan.

Il y a quelques jours, Jean-Sébastien Blais recevait le prix Engagement exceptionnel. Une reconnaissance pour quelqu’un qui, lui non plus, n’a pas hésité à monter à bord et à souffler dans les voiles. Défendre des droits, porter des dossiers jusqu’à la Cour suprême du Canada, ce n’est pas naviguer en eaux calmes.

En cette saison printanière, n’est-ce pas là le meilleur moment pour faire le point, puis… faire le pas? Embarquer, même si c’est dans quelque chose de très simple, dans un nouveau projet. La saison est propice à lâcher prise sur nos peurs et sur les doutes.

Et si c’était donc maintenant, le bon moment pour embarquer, juste pour voir où cette barque nous mènera.

Avec curiosité, et en toute libertéTiens, ça aussi, ça sonne un peu comme le journalisme, d’ailleurs.

Bonne lecture!

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