Dans le cadre des Rendez-vous de la Francophonie qui se déroulaient sous le thème « Active ta francophonie », Les Grands yeux pointus, un groupe de lecture composé de personnes francophones, s’est rassemblé pour discuter de livres de voyages, d’aventures et de plein air. Le projet, qui a reçu du financement du Fonds de développement communautaire de l’Association franco-yukonnaise (AFY), a permis l’achat d’ouvrages qui viendront bonifier la collection de livres en français de la bibliothèque de Whitehorse ce printemps. En voici quelques titres qui questionnent la possibilité de voyager… autrement. Pointage par les personnes du groupe de lecture.
Texte basé sur les discussions, par Sandra St-Laurent (animatrice).
Voyager mieux – est-ce vraiment possible?
Marie-Julie Gagnon (Éditions Québec Amérique)
162 pages 5 étoiles
Aller partout et rapidement contre prendre le temps de s’immerger dans une culture : vélo, voile, vols intérieurs électrifiés (oui ça existe), camping, glamping, crédits carbone. L’autrice se questionne sur les notions de voyage éthique avec la rigueur propre à son métier de journaliste, c’est-à-dire appuyé de recherches et d’exemples fort intéressants puisés à travers le monde. Va plaire aux personnes qui cherchent un ouvrage d’actualité, court, mais bien ficelé, qui démystifie et offre matière à réflexion sur la possibilité de voyager autrement.
Chasseurs Pêcheurs Cueilleurs – Histoires de forêts et de rivières
Philippe-Vincent Foisy (Les Éditions de l’Homme)
262 pages 4 étoiles
Au-delà de la vie trépidante sous la lumière des projecteurs, plusieurs artistes du milieu artistique québécois entretiennent une relation privilégiée avec la nature. C’est sous forme de courts tableaux qu’on découvre ici le jardin secret des Patrice Lécuyer, Gino Chouinard, Stéphane Boulay, Gaston Lepage et Louise Laparé, Jean-Luc Kamapé, Maïté Labrecque-Saganash, mis en scène par l’auteur et animateur Vincent Foissy. Va plaire aux personnes qui ont envie de lire comme on se fait conter des histoires de camps de chasse, de pêche et de cueillette. C’est un hommage aux bois et aux cours d’eau à la fois drôle, touchant, et souvent porteur de belles leçons de vie! En prime, le tout est agrémenté de magnifiques photos de la belle nature sauvage du Québec.
L’appel du voyage
Gavin’s Clemente-Ruiz (Éditions Grasset)
91 pages 3,5 étoiles
Dans cet ouvrage, l’auteur ouvre une série de portes et invite son lectorat à suivre ses réflexions sur le « droit aux vacances » bien français et soulève les conséquences éthiques de nos voyages « jetables ». Avouant avoir très peu le sens de l’orientation, l’auteur globe-trotter, qui est secrétaire général du Guide du Routard, avoue que c’est en ne sachant pas où l’on va qu’on finit par trouver quelque chose. Va plaire à ceux et celles qui iront au-delà du court texte écrit en bloc (sans chapitre), qui aiment les textes appuyés de faits, qui s’intéressent aux voyages qui se font de « chez soi » et qui ont envie de saisir les questions de l’auteur pour tenter de trouver leurs propres réponses.
Tête pleine de feuilles
Jocelyn Sioui (Éditions Hannenorak)
38 pages 4,5 étoiles
Dans cet ouvrage jeunesse, l’auteur nous fait voyager dans le temps d’avant même la création du monde avec la légende d’un bout de bois qui fait le tour de la lune. Au fil du temps, des rotations et de ses voyages, il devient un « bâton de la franchise » qui a le pouvoir de défaire et faire la paix ainsi que la guerre. Va plaire au public jeunesse qui veut s’initier aux légendes autochtones à la sauce contemporaine avec le style de narration sur un ton familier et interpellant de Jocelyn Sioui, qui souligne ses grands talents de conteurs. Si le texte vous rappelle quelque chose, c’est qu’il s’agit d’une version « jeunesse » de certains passages de son excellent roman « Le poisson d’eau douce ». Une merveilleuse introduction à l’univers de Jocelyn Sioui.
Cinq siècles de vie sur le dos de la grande tortue
Jean Sioui (Éditions Hannenorak)
104 pages 4 à 4,5 étoiles
Le (magnifique) titre fait référence aux 500 ans depuis 1534 lors du premier voyage de Jacques Cartier en Nouvelle-France. Dans cette suite de récits sur la nation wendate (région de Wendake au Québec), chaque chapitre est une date historique (1534, 1760, 1880, etc.) qui commence par un court texte explicatif issu de la longue marche dans le temps et se termine par un poème. Va plaire aux personnes qui aiment les textes courts au rythme soutenu et veulent apprendre sur les conséquences historiques d’un voyage d’exploration du point de vue des Premières Nations du Québec et du Canada. C’est une excellente introduction aux récits et à l’univers des Premières Nations, qui vous donnera absolument envie d’en apprendre plus (peut-être certain·es resteront un peu sur leur faim). C’est un petit condensé d’une belle prose et d’une poésie emplie de sensibilité.
Le Chemin montant
Gilles Vigneault (Éditions du Boréal)
115 pages 3 étoiles
Ceci est une réédition récente (mars 2026) d’un ouvrage de poésie du célèbre poète, auteur et interprète originaire de Natashquan qui s’attarde à la nature, mais aussi à la nature humaine. Les poèmes et chansons courtes font toujours un lien avec la nature, dont un magnifique hommage au vent avec des tournures succulentes, comme « le vent n’est pas plus le capitaine que la mer n’est le voyage », pour rappeler que nous sommes, en quelque sorte, maîtres de notre propre bonheur. Malgré tout, un peu simple et possiblement parce qu’à l’écrit, nous n’avons pas l’exaltation caractéristique du poète qui déclame ses vers. Va plaire à ceux et celles qui aiment la poésie courte en vers qui célèbre le quotidien, et surfent sur la vague poétique pour faire de petits voyages intérieurs.
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