Parmi les thèmes de mon aventure nomade, je cherche à connecter avec des locaux vivant dans différentes cultures tout en étant en quête de « l’inattendu ». Voici une rencontre qui se déroule en deux temps.
Quelques jours avant mon arrivée au Népal, je lance une perche sur le site Couchsurfing. Pour ceux qui ne sont pas familiers, c’est un site où des personnes offrent d’héberger des voyageurs chez eux gratuitement. Il était très populaire jusqu’en 2018, puis un abonnement mensuel obligatoire lui a fait piquer du nez.
Je partage un voyage public à Kathmandu. Surprise! Je reçois près de 30 offres en 3 jours! Tellement que j’ai dû retirer mon annonce. Parmi ces offres, un homme, Suresh, propose juste une rencontre. Il souhaite me parler du Yukon! Surpris qu’il connaisse cette région éloignée, je dois satisfaire ma curiosité, alors on se rencontre pour souper à ma première soirée à Kathmandu.
J’ai compris tranquillement durant mon séjour qu’une grande partie des Népalais rêvent de migrer au Canada. Par contre, ce cher Suresh, lui, était allé plus loin que la majorité. Il était tombé sur le Yukon et c’était son rêve d’y emménager. Ainsi, on a discuté longuement à ce sujet. C’était étrange de nommer des endroits spécifiques du Yukon à un Népalais au Népal et qu’il comprenne de quoi je parle.
Bref, il insiste que, la prochaine fois que je passe dans la capitale, il souhaite m’héberger chez lui.
Deux mois plus tard, j’arrive de Lumbini. Il ne reste que deux nuits avant mon départ, alors j’envoie un message à Suresh qui m’invite pour ma dernière nuit.
Dans la culture népalaise, si tu te maries, tu quittes la maison, sinon tu vis avec ta famille : parents avec frères et sœurs non mariés. Dans sa famille, seule une de ses sœurs était mariée. Lui et une sœur étaient âgés de plus de 33 ans, donc il est trop tard pour le mariage. Enfin, la cadette de 25 ans était toujours aux études.
Autrement dit, Suresh vit avec 2 de ses 3 sœurs et sa mère. Ce qui a rendu ce moment mémorable par-dessus tout, c’est que j’étais le premier étranger à entrer dans la maison familiale. J’ai eu droit à toute une réception. Sa mère était si fière de m’offrir un repas préparé avec amour. Elle me regardait manger pour voir si j’aimais la nourriture et s’assurait que mon assiette soit remplie jusqu’à ce que j’abandonne, la peau du ventre tendue. C’était excellent. Alors que je pensais avoir déjà conclu le Népal, un moment des plus précieux m’attendait à la toute fin.
Cette soirée-là, nous avons discuté longuement avec la fratrie. Ils étaient si curieux de connaître mon parcours au Népal et de comprendre le Canada, plus particulièrement le Yukon.
Le matin, je me réveille doucement au son du rituel matinal de la mère autour de la maison. Chaque matin, elle exerce la même routine pour purifier la maison. Elle se promène avec des chandelles, allume de l’encens, récite des prières et plus. À la suite de mes séjours dans plusieurs autres familles népalaises, je comprends un peu mieux les subtilités qui se déroulent autour de moi.
Enfin, ce moment mémorable s’est conclu avec une partie de football matinale avec des amis.
Le Népal restera spécial et je souhaite, un jour, pouvoir héberger mon ami Suresh en terre yukonnaise.
Namaste et passez un bel été!
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