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le Jeudi 10 septembre 2026 7:51 Sports et loisirs

Retour aux sources pour la Yukon Quest 2027

En 2023, Louve Tweddell finissait la YQ450, une course de 450 milles entre Whitehorse et Dawson. Il s’agissait alors de sa plus longue distance. — Photo : Morgan Sapir
En 2023, Louve Tweddell finissait la YQ450, une course de 450 milles entre Whitehorse et Dawson. Il s’agissait alors de sa plus longue distance.
Photo : Morgan Sapir

Après l’annulation de l’édition 2026, la Yukon Quest reviendra en février prochain, sur la portion yukonnaise du parcours historique de la célèbre course de traîneaux à chiens. Ce renouveau est possible grâce aux bénévoles qui travaillent sans relâche depuis plusieurs mois.

La Yukon Quest est une course de traîneaux à chiens de 1 000 milles créée en 1984. Elle suit d’anciennes pistes de la ruée vers l’or du Klondike et de lignes de transport du courrier postal. Elle reliait historiquement Whitehorse à Fairbanks (et inversement une année sur deux). Depuis la pandémie de COVID-19, le passage de frontière n’a pas pu être réinstauré.

Photo : Morgan Sapir

En janvier 2026, l’ancien conseil d’administration de la Yukon Quest annonçait l’annulation de l’édition à venir. En cause, une dette de l’organisme de plus de 30 000 $, mais aussi un désengagement de la communauté de mushing à la suite du changement de parcours. Les personnes chargées d’organiser l’édition 2025 avaient en effet fait le choix audacieux de s’écarter du tracé originel de la course alors jugé non sécuritaire. Elles avaient proposé une course entre Teslin et Faro, en passant par Ross River.

Ce n’est pas le tracé en lui-même qui était remis en cause, mais plutôt son irrespect du patrimoine historique et culturel de la Yukon Quest.

En février 2026, lors de l’assemblée générale annuelle de la Yukon Quest, un nouveau conseil d’administration a été formé avec comme but de faire renaître la course initiale dès 2027.

Prévoir des parcours alternatifs

La Yukon Quest 2027 proposera deux distances : 300 milles jusqu’à Pelly Crossing et 550 milles jusqu’à Dawson (incluant une boucle de 50 milles pour rejoindre Forty Mile).

Avec les changements climatiques, des ajustements pourraient être à prévoir. « Chaque hiver, les conditions sont différentes. On va tenter de coller au tracé originel, mais avec des options A, B ou C, surtout pour les endroits qui ont déjà été problématiques dans le passé », détaille Morgan Sapir, ancien membre du conseil d’administration de la Yukon Quest et bénévole pour les communications.

Normand Casavant, musher vétéran de la course, se réjouit de ce retour aux sources. Impliqué bénévolement dans le comité du tracé de la course depuis février dernier, il a milité pour prévoir le plus tôt possible des options. « C’était une de mes priorités, de ne pas juste compter sur la vieille trail, parce que ça fait des années qu’on ne l’a pas réutilisée. Il y a des portions où il n’y aura pas de problème, comme se rendre jusqu’à Carmacks. Mais après, il peut y avoir plus de problèmes, alors c’est là que le plan A-B-C prend de l’importance », argumente-t-il.

Il craint notamment un manque de bénévoles pour ouvrir le sentier qui pourrait être envahi de végétation ou obstrué par des obstacles. Selon ses connaissances, les Rangers canadiens, qui historiquement ouvraient et entretenaient la piste, ne prévoyaient pas s’impliquer dans la prochaine édition.

« Mon plan B à moi, c’est de longer la route [Klondike Nord] parce que je veux que la course se fasse. Ce serait le plus simple, car elle est déjà dégagée, même si les paysages ne seraient pas aussi beaux. On aurait quand même notre course au Yukon, et ce serait sécuritaire », déclare Normand Casavant.

Le conseil d’administration n’a pas encore annoncé officiellement quels seraient les parcours de repli en cas de détérioration du sentier originel ou de conditions météorologiques rendant la piste dangereuse. La reconnaissance du parcours se fera plus tard cette année et les décisions seront alors prises à ce moment-là.

Morgan Sapir s’est porté volontaire pour être membre du nouveau conseil d’administration (CA) en février 2026. Des obligations personnelles l’ont contraint à quitter le CA, mais il reste impliqué au sein de l’organisation. Il est responsable des communications.

Photo : Fournie

Regagner la confiance

Après l’annulation de l’édition 2026, la nouvelle équipe dirigeante a fait face à plusieurs défis. La dissolution de l’ancien conseil d’administration a entraîné la perte de données importantes, mais surtout de commanditaires historiques. « Le nouveau conseil d’administration essaye de “recoller les morceaux” pour rebâtir progressivement la crédibilité de l’événement auprès des mushers, du public, des bénévoles et des partenaires », confie Morgan Sapir.

La présence de mushers au nouveau conseil d’administration semble permettre de répondre aux attentes des adeptes de traîneau à chiens. « Mais il y a aussi les mushers qui s’impliquent à côté, comme Frank Turner [qui a pris le départ de la course 24 fois et l’a remportée en 1995], ce qui permet de regagner petit à petit la confiance », ajoute-t-il.

Le responsable des communications pour l’organisme affirme que les annonces publiques sur les réseaux sociaux vont permettre de retrouver le soutien de la population locale au fur et à mesure que les semaines passent.

Le coup d’envoi de la Yukon Quest 2027 sera donné depuis le parc Shipyards le 6 février 2027. L’inscription des attelages est ouverte depuis le 5 septembre.      

Photo : Morgan Sapir

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