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le Jeudi 2 juillet 2026 7:46 Sports et loisirs

L’escalade : un sport qui rassemble, des murs intérieurs aux falaises en plein air

Plusieurs sites autour de Whitehorse sont réputés pour la grimpe en falaise : Rock Gardens, Golden Canyon, Vinyl Village ou encore Mount White. Plus de 400 voies sont répertoriées sur le site Internet Mountain Project. — Photo : Club alpin du Canada – Section Yukon
Plusieurs sites autour de Whitehorse sont réputés pour la grimpe en falaise : Rock Gardens, Golden Canyon, Vinyl Village ou encore Mount White. Plus de 400 voies sont répertoriées sur le site Internet Mountain Project.
Photo : Club alpin du Canada – Section Yukon

Pendant longtemps, l’escalade au Yukon s’est surtout pratiquée à l’extérieur, entre personnes expérimentées. Pourtant, ce sport est considéré comme l’un des plus inclusifs qui existent. Il est accessible à tout le monde, peu importe l’âge, la condition physique ou le niveau d’expertise. Le Club alpin du Canada – Section Yukon (CAC Yukon) et Climb Yukon s’investissent donc activement pour promouvoir la discipline auprès de la population yukonnaise

Au Yukon, deux organismes se partagent l’encadrement de l’escalade, l’un pour la pratique en intérieur, l’autre pour celle en extérieur.

L’offre au Yukon

Depuis sa création en 2008, Climb Yukon se concentre sur la grimpe en salle.

Jusqu’à récemment, l’organisme utilisait les installations de l’École secondaire de Porter Creek pour proposer des soirées drop-in pour du bloc, une discipline qui consiste à grimper des blocs d’une hauteur maximale de cinq mètres, sans équipement d’assurage. L’ouverture de la nouvelle salle d’escalade en septembre 2025 lui a permis de diversifier son offre en proposant, en plus du bloc, des voies de plus de treize mètres de haut.

Le CAC Yukon, lui, organise depuis une décennie environ, des soirées hebdomadaires en falaise, ouvertes au public et accessibles peu importe le niveau de connaissance de la discipline. « C’est le mercredi, dépendamment de la météo, dans un des spots proches de la ville, que ce soit Rock Gardens ou Vinyl Village dans Copper Ridge », informe Pierre-Olivier Bédard, administrateur du CAC Yukon. Du matériel de grimpe est mis à disposition des personnes qui ne possèdent pas d’équipement. Ces activités sont encadrées par des bénévoles, qui prodiguent des conseils à qui veut.

La salle d’escalade Climb Yukon Collective a ouvert en septembre 2025. Elle offre plusieurs voies et deux espaces de bloc différents.

Photo : Kelly Tabuteau

La salle comme outil d’entraînement

Pour Nadine Poirier, grimpeuse et jeune maman, la salle d’escalade Climb Yukon Collective est un bon endroit pour s’entraîner. Depuis janvier, elle s’y rend deux à trois fois par semaine, autant pour relever un défi physique qu’un défi mental. « Ce que j’aime, c’est le travail du muscle. Tu peux vraiment voir ta progression assez vite. Mais c’est aussi comme des casse-têtes. Il faut figurer la manière la plus efficace pour monter », détaille-t-elle.

Geneviève Favreau, elle, est davantage adepte de la grimpe en extérieur. Depuis 2017, elle collectionne les grimpes sur les falaises du Yukon. Ce qui l’attire particulièrement dans cette pratique, outre le dépassement de soi, est la connexion humaine si particulière à ce sport. « C’est un sport assez intime. On doit avoir confiance dans notre partenaire qui tient la corde. Mais c’est aussi un sport qui démontre une grande vulnérabilité. Tu ne peux pas faire semblant. Tu peux juste être complètement toi-même dans tes peurs, tes craintes ou ton exaltation de la réussite », explique-t-elle. Habitant Haines Junction, elle apprécie particulièrement grimper sur le site de Paint Mountain.

Elle fréquente elle aussi la salle d’escalade quand elle est de passage à Whitehorse. « C’est vraiment un outil pour se garder en forme et conserver le grip strength [la force de préhension], afin d’être capable d’aller faire le sport à l’extérieur », justifie-t-elle.

Une communauté accueillante

Pour les deux femmes, Climb Yukon Collective est aussi un endroit où retrouver la communauté des adeptes de la grimpe. « Ce n’est pas quelque chose qu’on peut vivre autant à l’extérieur parce que tout le monde est un peu éparpillé », raconte Geneviève Favreau. Nadine Poirier, elle, confie : « Je viens souvent avec mon bébé. Il y a beaucoup d’autres mamans que je connais, on gère les bébés entre nous pour se donner la chance de grimper. C’est vraiment une cool place à passer du temps ensemble. »

Pari réussi, donc, pour l’organisme Climb Yukon, qui souhaitait faire de l’endroit un rendez-vous incontournable de la communauté de grimpe en construisant un espace communautaire pour tous âges et tous niveaux.

Si le dimanche, la salle est fermée au public, c’est que le personnel y reçoit des groupes privés. En mars dernier, l’organisme a, par exemple, accueilli une activité de l’Association franco-yukonnaise dans le cadre des Rendez-vous de la francophonie. En avril, c’était au tour des Essentielles de proposer à ses membres un après-midi d’initiation à l’escalade. « On sait que c’est un sport qui peut être un peu intimidant : il y a la hauteur, mais aussi l’aspect sportif qui, pour certaines personnes, peut être compliqué. Et donc, d’avoir un lieu fermé comme ça le dimanche pour des groupes, ça permet aux personnes de se sentir dans un environnement sécuritaire et inclusif », admet Yannick Duhalde, administrateur de Climb Yukon.

Le développement du sport

Ouvert depuis moins d’un an, Climb Yukon Collective compte aujourd’hui une clientèle régulière, avec 875 personnes détenant un abonnement ou des forfaits punch, selon Yannick Duhalde. « Nous avons environ 2 500 check-in par mois pour 1 000 visiteurs uniques », complète-t-il.

Avec une communauté qui grandit, une prise à la fois, l’organisme souhaite toutefois faire évoluer ses activités à un rythme réfléchi. « On a plein d’idées qu’on va déployer au fur et à mesure. Mais notre objectif, c’est d’être capable de pouvoir continuer à offrir la même qualité de service, on ne veut donc pas aller trop vite dans les étapes », explique Yannick Duhalde. « On pense à des cours de perfectionnement pour les adultes de différents niveaux, à des Senior Climbing Nights, car l’escalade est un sport doux sans impact bien adapté à cette clientèle, ou encore des séances pour les personnes s’identifiant comme femmes », ajoute Kayléanne Leclerc, responsable de la communication de Climb Yukon. « On veut offrir des cours comme ça qui peuvent introduire la discipline et mettre en confiance des personnes qui se sentent peut-être intimidées. »

En extérieur, l’ouverture de falaises de grimpe se fait de manière aléatoire. « On a beaucoup de beaux cadeaux qui ont été développés par les personnes qui nous ont précédées. […] Ça a pris des bénévoles qui sont passionnés et qui ont décidé de développer certains endroits qu’ils ont donnés comme cadeau à la communauté. On est très chanceux et je pense qu’on prend ça un peu pour acquis », note Geneviève Favreau.

Pourtant, le CAC Yukon travaille fort pour tenter de rendre accessibles le plus possible de voies en extérieur. En 2025, une subvention du Fonds de projets de Lotteries Yukon lui a permis d’acquérir l’équipement nécessaire pour ouvrir deux nouveaux sites. Résultat, des dizaines de nouvelles voies de tous niveaux ont été ouvertes au cours de l’été 2025. « Deux nouveaux sites sont dorénavant accessibles : Eagle’s Nest sur Haeckel Hill, qui est près du centre-ville, et The Nursery, proche du lac Atlin », annonce Pierre-Olivier Bédard. D’autres sites devraient également être équipés dans les années à venir, tout en respectant les territoires ancestraux sur lesquels ils seront développés.

Toutes les voies extérieures du Yukon sont répertoriées sur le site Internet Mountain Project, en notant Yukon Territory Climbing dans la barre de recherche du site. Certaines nécessitent une approche en vélo, à pied ou parfois en canot. « Ça fait partie de l’attrait de la grimpe au Yukon. Les falaises se méritent, ça entretient un petit côté mystérieux », conclut Geneviève Favreau.

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