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le Jeudi 4 juin 2026 7:48 Sports et loisirs

Jardinage : il est encore temps de planter!

Au Yukon, le début juin est la bonne période pour transplanter les jeunes pousses en terre ou en pot vouées à aller en extérieur. Il est aussi encore temps de planter des graines de salades, betteraves, carottes ou épinards. — Photo : Maryne Dumaine
Au Yukon, le début juin est la bonne période pour transplanter les jeunes pousses en terre ou en pot vouées à aller en extérieur. Il est aussi encore temps de planter des graines de salades, betteraves, carottes ou épinards.
Photo : Maryne Dumaine

« Au Yukon, la courte saison estivale donne souvent l’impression aux adeptes de jardinage qu’il est toujours soit trop tôt, soit déjà trop tard pour planter », affirme Johanna Goossens, ingénieure agronome. « Mais pas de panique, ajoute-t-elle, car il est encore temps de vous mettre les mains dans la terre » en vue de récoltes cet été et jusqu’à l’automne. 

Johanna Goossens est une agronome qui travaille à la ferme d’apprentissage Porcupine Creek Farm à Carcross. Sarah Ouellette est la propriétaire de la ferme certifiée biologique Sarah’s Harvest. Pour guider les personnes qui souhaitent débuter le jardinage, elles partagent quelques trucs et astuces.

Est-il trop tard pour semer?

Au Yukon, avec des hivers très longs et froids, le bon moment pour démarrer les semis est difficile à déterminer d’instinct. La spécialiste se veut rassurante : « Il n’est jamais trop tard malgré tout ». Elle rappelle qu’on est encore en début de saison, et qu’il est tout à fait convenable de commencer certaines pousses à partir de graines, à planter directement dans le sol. « Il n’est pas trop tard, par exemple, pour les légumes-racines. Les carottes, les pommes de terre, les betteraves… »

Elle ajoute aussi « les radis, bien sûr, et même la salade ». Le guide Du jardin à l’assiette, publié par l’Association franco-yukonnaise en 2019 et toujours disponible en ligne, confirme d’ailleurs que ces légumes, tout comme les épinards, peuvent être semés directement dans vos bacs de culture après le 15 mai.

Sarah Ouellette ajoute qu’il est possible, et même recommandé, pour les radis, les épinards et les salades, comme la laitue ou la roquette, qui ont une croissance rapide, de ressemer au courant de la saison, pour s’assurer d’une récolte plus longue. « L’aneth et la coriandre aussi peuvent être replantés au cours de la saison », assure-t-elle.

Pour les légumes-racines, la récolte sera faite plutôt à l’automne.

À quelle date transplanter?

« Certaines cultures nécessitent beaucoup plus de temps et doivent idéalement être en intérieur, sous des lampes, parfois jusqu’à huit semaines à l’avance (comme les tomates, les poivrons, les choux ou les poireaux) », explique Mme Goossens.

« Si vous n’avez pas pris cette avance, pas de panique : les jardineries locales et autres commerces locaux vous sauveront la mise », ajoute la spécialiste. Les marchés fermiers, comme le marché Fireweed, tous les jeudis, à Whitehorse, sont aussi un bon endroit où en trouver. Des fermes, comme celle de Sarah’s Harvest, proposent quelques pousses à transplanter. « Nous avons vendu des semis lors des trois premières semaines du marché Fireweed, et maintenant c’est la fin. Mais il en restera peut-être au Riverside, où nous en avons aussi mis en vente », rassure Mme Ouellette. Elle a vendu des pousses de jeunes fleurs, de légumes et de fines herbes.

En effet, les magasins locaux, les jardineries ou Riverside Groceries en ont déjà en rayons. Il est donc possible d’y acheter de jeunes plants prêts à être transplantés à l’extérieur. « Certaines plantes sont assez solides pour aller dès fin mai en extérieur, comme les choux ou les pois. Pour le reste, moi, j’attends début juin pour les mettre au jardin », conseille l’agronome.

Johanna Goossens partage également une belle trouvaille à se procurer en centre de jardin : l’ail déjà germé. Contrairement à la croyance populaire qui veut que l’ail se plante exclusivement à l’automne, on peut tout à fait le réussir au printemps s’il a été « vernalisé ». « Il faut le mettre au frigo, lui faire croire à un hiver », explique l’agronome. « En achetant un bel ail rouge germé en jardinerie à ce stade-ci de l’année, vous pourrez le planter dès que le sol est dégelé avec d’excellents résultats », explique-t-elle.

Pour ceux et celles qui ne prévoient pas de jardin cette année, il est toujours possible de se procurer de bons légumes auprès des fermes, lors du marché Fireweed. Sarah Ouellette y vendra ses premiers légumes bio dès le 18 juin.

IJL – L’Aurore boréale

Johanna Goossens a contribué au contenu de la publication du guide de jardinage Du jardin à l’assiette. Elle partage volontiers son expérience.

Photo : Archives AB

Les petits conseils des pros

Pour maximiser vos chances de réussite, les spécialistes offrent des conseils précieux :

Acclimater aux conditions extérieures

Sarah Ouellette suggère d’acclimater ses jeunes pousses avant de les transplanter en extérieur, en raison du vent, du soleil ou du froid. « On peut les sortir quelques heures par jour, d’abord dans un endroit moins venteux, ou moins ensoleillé, en augmentant l’acclimatation pendant trois à cinq jours. Ensuite, au bout de cinq à sept jours, les plantes sont prêtes à aller dans le jardin. »

Protéger contre le vent froid et sec

La météo capricieuse du Yukon est le principal défi du jardinage. Selon Johanna Goossens, « ce qui tue les plantes, c’est souvent ce vent froid sec qui les déshydrate complètement ». Pour contrer cela, elle recommande de « mettre une petite couverture flottante, ou de carrément mettre un petit dôme plastique qu’on soulève la journée, mais qu’on referme la nuit ». Cela permet de conserver un maximum d’humidité lors de la transplantation et de retenir la chaleur la nuit.

Lâcher prise et garder le plaisir au centre du potager

Jardiner demande du temps, et, lorsqu’on conjugue cette passion avec une vie familiale bien remplie, cela peut devenir un défi. En tant que nouvelle maman, Johanna Goossens a réalisé l’importance de ne pas se mettre de pression : « Il faut lâcher prise. Si tu arrives, c’est super. Il faut que ça reste thérapeutique. Si tu n’arrives pas, c’est pas grave. Ce sera la prochaine fois », explique celle dont le bambin a déterré tous les poireaux!

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