C’est lors d’une conférence de presse conjointe que cette collaboration a été présentée, le 1er mai dernier. Les Roses est un club qui a été créé en 2010 à Shawinigan, au Québec. Il rassemble des milliers de femmes et vise à leur permettre de relever des défis sportifs. Depuis 16 ans, plus de 3 000 femmes du Québec ont participé à cette expérience. Désormais, des Yukonnaises pourront se joindre au mouvement.
Un projet né au Québec
Marie-Josée Gervais est cofondatrice du groupe Les Roses. Ancienne cycliste professionnelle et triathlète, elle est aussi organisatrice d’événements. Il y a vingt ans, elle a créé les Défis du Parc, une série d’événements sportifs se tenant dans le parc national de la Mauricie, à Shawinigan. Elle s’est rendu compte que très peu de femmes participaient à ce genre de défi. « J’ai eu la chance de rencontrer la docteure Chantal Guimont qui coanimait l’émission Les docteurs à Radio-Canada. Nous avons discuté des façons d’aider les femmes à participer à l’événement et de démocratiser le sport du vélo », se remémore-t-elle.
Après quelques années de vélo, le groupe a décidé d’ajouter la course à pied en hiver. « C’était une façon de s’entraîner de façon économique, de se garder en forme durant l’hiver et d’être prête pour la saison de vélo en mai », explique l’organisatrice.
L’inscription aux Roses se fait par mises en candidature, et il faut prévoir un coût. Ce programme d’entrainement n’est pas axé sur la performance, mais sur le plaisir et le dépassement de soi. « C’est un programme très progressif qui amène les femmes à faire un demi-marathon. On leur offre des outils et un tissu social pour les aider à atteindre leur but », mentionne Mme Gervais.
Naissance d’un projet au milieu des paysages yukonnais
Marie-Josée Gervais est venue à Whitehorse l’automne dernier après s’être fait vanter la beauté transformative du Yukon par son conjoint, son fils et sa sœur, qui sont venus au territoire à différents moments. Fascinée par leurs récits, elle a contacté l’organisation de la course de relais de la route du Klondike pour demander si elle pouvait se joindre à une équipe. Des francophones ont répondu à son appel et la sportive a pu se joindre à l’équipe des « Petits pédestres », qui comptait notamment Camille Hamond, Stéphanie Pelletier Grenier, Maxime Lauwens et Vincent Lapierre.
Après la course, elle rencontre Sandra St-Laurent, directrice du Partenariat communauté en santé (PCS), et elles discutent d’un jumelage d’équipes entre le Yukon et le Québec. « Le PCS gère l’entente et la logistique, recevoir les mises en candidature des femmes intéressées, trouver les spécialistes pour offrir des sessions d’expertise sur des thèmes différents. Je m’occupe aussi des activités communes durant la semaine où les femmes du Québec seront ici », explique Mme St-Laurent.
Quelques-unes des Roses du Québec lors de la conférence de presse du 1er mai. Marie-Josée Gervais est au centre dans la première rangée.
Passer le relais entre le Québec et le Yukon
Grâce à une subvention du Programme d’appui à la francophonie canadienne du gouvernement du Québec, les femmes du Yukon n’ont eu qu’à débourser 200 $, au lieu de la somme habituelle de 475 $ par année. Ce montant couvre les entraînements et l’équipement qui a été envoyé au Yukon. Une quinzaine de Franco-Yukonnaises ont soumis leurs candidatures et ont été retenues pour le projet.
Ces femmes suivent un programme de course et des ateliers d’apprentissage depuis le mois de janvier dernier, en vue de participer, en septembre prochain, à la course de 175 km entre Skagway (Alaska) et Whitehorse (Yukon), le relais de la route du Klondike. Les Franco-Yukonnaises seront accompagnées par douze femmes du Québec. Elles formeront trois équipes pour parcourir en totalité ou en partie le trajet de la course. « Ce que je souhaite, c’est qu’on se donne le relais entre Québécoises et Yukonnaises. Une fille du Yukon qui va partir va donner le relais à une Québécoise, pour qu’on apprenne à se connaître », détaille Mme Gervais.
Manon Aubert est l’une des deux facilitatrices au Yukon. « On est des éléments conducteurs. On donne des petits conseils, mais on n’est pas là pour entraîner, mais beaucoup plus pour faciliter l’entraînement. On partage nos connaissances et nos expériences. Tout cela se fait de façon conviviale et non structurée et il y a un bel encouragement mutuel », explique-t-elle.
Mme Aubert a commencé à courir à Vancouver alors qu’elle menait un groupe d’élèves pour la course Sun Run de dix kilomètres. Elle a continué quand ses enfants étaient jeunes. « Rejoindre Les Roses répond à mon besoin de courir avec des gens. Avec le temps, c’est plus difficile de trouver la motivation de courir toute seule, mais la motivation d’être avec un groupe est belle et grande », dit-elle en riant.
Prochaines étapes
Marie-Josée Gervais explique que l’évaluation du projet pilote va se faire auprès des participantes. « Est-ce que les femmes trouvent que le projet tient la route, que c’est bon pour elles et qu’elles continuent la pratique sportive après et qu’elles ont envie de s’impliquer? Est-ce que le projet a été porteur pour les femmes au Yukon? Y a-t-il eu une contamination positive? »
L’organisatrice d’événements a récemment participé à Mobilisation franco et a rencontré des femmes de l’Alberta, des Maritimes et de l’est de l’Ontario qui seraient intéressées à partir des cellules des Roses dans leurs régions l’année prochaine. « On aimerait faire un déploiement à plus grande échelle dans la francophonie canadienne. On va commencer avec le Yukon et on va voir où cela va nous mener dans d’autres provinces et territoires », conclut-elle.
Pour le Yukon, Sandra St-Laurent mentionne qu’il reste des places. Les femmes intéressées à se joindre au groupe peuvent communiquer avec elle à [email protected]
IJL – L’Aurore boréale
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