En juin 2021, la Ville de Whitehorse s’est dotée d’une politique d’entretien afin de maintenir son vaste réseau de sentiers. Cette politique vise à garantir la sécurité, l’accessibilité et la qualité de l’expérience pour les personnes usagères. « La politique détaille les critères de priorisation des sentiers qui sont classés de A à D », commente Colby Knowler, coordonnateur de projets et de sentiers à la Ville de Whitehorse.
Parmi ces critères, on retrouve le type de surface, la fréquence d’utilisation, les besoins récréatifs, l’accessibilité ou encore le rôle dans la connectivité urbaine. « La Ville n’a pas la capacité de travailler sur tous les sentiers chaque année, d’où l’importance du système de priorisation », ajoute-t-il. « Pour l’entretien des sentiers secondaires, on collabore donc avec deux associations par des protocoles d’entente : CMBC [Contagious Mountain Bike Club] et KSA [Klondike Snowmobile Association.] »
L’initiative Trail Days
Le CMBC a pour objectif de « promouvoir tous les types de cyclisme hors route dans la région de Whitehorse en organisant des événements, des ateliers et des sorties en groupe », peut-on lire sur le site Internet de l’organisme.
Mais depuis plusieurs années, le club s’investit également dans l’entretien et la construction de sentiers. Selon Anthony Bier, administrateur de l’organisme chargé du développement des pistes de vélo de montagne, la Ville ne s’occupe pas nécessairement des sentiers qui intéressent les personnes passionnées par la discipline. « Le CMBC a pris l’initiative pour répondre aux besoins des vététistes locaux », indique-t-il.
Depuis son arrivée au conseil d’administration en 2023, Anthony Bier a donc mis en place un calendrier régulier d’entretien de sentiers du réseau, les Trail Days. Si l’organisation de ces soirées varie chaque année pour s’adapter à la disponibilité des bénévoles de l’organisme, cet été, elles ont eu lieu environ deux fois par mois, et ce, depuis début juin.
Grâce au protocole d’entente avec la Ville, le CMBC peut recevoir annuellement jusqu’à 5 000 $ pour couvrir les frais d’équipement nécessaire pour l’entretien des sentiers en été (débroussaillage, par exemple), ou le carburant nécessaire au damage des sentiers en hiver. Les Trail Days sont eux soutenus par des entreprises locales, ce qui permet au CMBC d’offrir des collations, des boissons et des prix de présence aux bénévoles qui participent à l’entretien des sentiers.
François Clark pratique le vélo de montagne depuis de nombreuses années. Il participe aux Trail Days quand son emploi du temps le permet afin d’entretenir les pistes qu’il utilise régulièrement.
Un investissement des bénévoles nécessaire
Au début de chaque saison, le conseil d’administration décide du nombre de Trail Days possibles selon les ressources humaines, puis choisit les sentiers qui seront prioritaires selon les propositions reçues. « Les idées de travaux ou de création de nouveaux sentiers proviennent de la communauté », indique Anthony Bier. Puis un appel aux membres du club est lancé sur les réseaux sociaux et par courriel afin de recruter des bénévoles pour procéder.
Le 25 août dernier, plusieurs francophones faisaient partie de l’équipe bénévole d’entretien. Le petit groupe est revenu sur l’importance de son implication dans les Trail Days. « J’ai un ami très impliqué dans le CMBC, alors je viens pour le soutenir », affirme Alexis Bourdonnais, pratiquant le vélo de montagne depuis quatre ans. Pour Aïsha Roldan, vététiste depuis son enfance, « c’est une façon de redonner à la communauté et d’offrir aux jeunes la même expérience [qu’elle] a eu grâce au travail des bénévoles précédents. »
Ce soir-là d’ailleurs, la participation est plus élevée que d’habitude, car il est consacré à la construction d’un nouveau sentier en mémoire d’Amanda Taylor, décédée en mai 2022. « J’aimerais participer plus souvent aux Trail Days, mais c’est difficile avec les responsabilités familiales et mes enfants en bas âge », détaille François Clark. « Mais ce soir, c’est pour Amanda, alors je suis là. »
Il reste encore deux Trail Days avant la pause hivernale, le 21 septembre, puis le 5 octobre. Toutes les informations relatives à ces événements sont disponibles sur la page Facebook du CMBC.
Pour Anthony Bier, ces soirées permettent de développer le réseau de sentiers de vélo de montagne, mais restent insuffisantes. « J’aimerais que le modèle puisse évoluer avec l’embauche de professionnels de la construction de sentiers pour accélérer le développement et améliorer la qualité du réseau, qui reste en retard par rapport à d’autres destinations de vélo de montagne. »
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