Le mercredi 18 juin 2025. 18 h. Le stationnement de l’École élémentaire Selkirk est en ébullition. C’est le départ de la dernière épreuve du Championnat yukonnais de course d’orientation : la sortie longue. Si certaines personnes se prêtent au jeu de la compétition, pour beaucoup d’autres, c’est un mercredi comme un autre. Armées d’une carte, d’une boussole et d’une puce électronique au doigt, ces personnes vont utiliser leurs capacités physiques et mentales pour retrouver les balises de leur parcours, dont elles ont préalablement choisi la difficulté.
« Au niveau débutant, les distances sont relativement courtes et les balises sont placées sur les sentiers, à un croisement ou en haut d’une petite montée, par exemple. À l’intermédiaire, on augmente les distances et les balises sont placées en partie proche des sentiers, et en partie un peu plus loin dans le bois, sur des caractéristiques du terrain », explique Benoit Turcotte, adepte de la course d’orientation depuis 2006 et administrateur de la YOA. « En avancé, les balises sont vraiment loin des sentiers et plus difficiles à trouver. Au niveau expert, ce sont surtout les distances qui s’allongent », continue-t-il. « En expert, les contrôles sont dans des emplacements très délicats à trouver », ajoute Virginia Sarrazin, qui pratique au niveau avancé.
Le Québécois Philippe Côté-Jacques a passé trois mois et demi au Yukon l’année dernière pour encadrer les programmes de la YOA destinés aux jeunes et aux adultes. Pour lui, le terrain de jeu yukonnais est incroyable, avec des cartes de très grande qualité.
Combiner activité physique et intellectuelle
Toutes les personnes adeptes de la course d’orientation s’entendent sur le même point : ce sont les défis physique et intellectuel de la discipline qui les attirent. « Tu utilises tes jambes et ton cerveau », affirme Benoit Turcotte, « plutôt que de courir pour courir », renchérit Philippe Côté-Jacques, un Québécois qui a encadré les programmes de YOA pour les jeunes et les adultes en 2024. « Tu travailles tout le corps, dans sa mobilité, car le terrain est varié et inégal. Puis, tu travailles ton cerveau en gardant un œil sur la carte et sur le terrain », détaille Virginia Sarrazin.
Et à chaque personne son défi! La course d’orientation est une activité accessible aux membres de toute la famille, des enfants aux grands-parents, sans demander une condition physique extraordinaire. Plusieurs personnes participent en marchant pour pimenter leur sortie habituelle. « C’est amusant de trouver les contrôles. Je me sens comme une enfant qui veut trouver un trésor », confie Virginie Sarrazin.
Pour l’entraîneur québécois, il y a aussi le fait que la course d’orientation peut s’appliquer à beaucoup d’autres activités. « Tu peux faire ça en ski, à vélo, en canot… peu importe! », énumère Philippe Côté-Jacques. YOA organise d’ailleurs des événements ponctuels avec d’autres associations sportives du territoire pour varier les plaisirs.
Virginia Sarrazin est une grande adepte de la course à pied. Grâce à cette pratique, elle a appris à mieux lire les cartes, une compétence qu’elle transfère lors de ses sorties randonnées.
Ralentir pour garder le cap
Le risque en course d’orientation est d’aller trop vite en utilisant ses propres capacités physiques. « Tu cours trop, tu vas beaucoup trop loin, tu te perds, car tu ne trouves pas la balise, mais sans la balise, il est difficile de trouver la suivante […] C’est un travail de patience! », indique Virginia Sarrazin.
Sur les cartes des niveaux avancé et expert, il y a aussi moins de repères significatifs, ce qui rend l’orientation plus difficile, d’autant plus que les balises sont loin des sentiers. « Tu dois réussir à garder le cap malgré les obstacles sur ton chemin. Car, parfois, tu as plein d’arbres tombés devant toi », explique-t-elle.
Les rencontres régulières de la YOA sont environ un mercredi sur deux. Le point de rendez-vous change chaque fois, dépendamment de la carte utilisée pour les parcours. Tous les détails sont disponibles sur le site Internet ou l’infolettre de l’association.
Les personnes intéressées doivent prendre une adhésion annuelle, puis payer des frais à chaque événement. Il existe aussi un forfait pour participer à tous les événements de la saison.
Au printemps, de la fin avril à la mi-juin, des programmes sont proposés aux jeunes et aux adultes qui souhaitent apprendre les bases de la course d’orientation, ou se perfectionner.
« La course d’orientation, c’est vraiment un sport pour tout le monde. Ça expose aux différentes conditions de terrain et aux différentes conditions météorologiques. C’est très formateur! », conclut Virginia Sarrazin.
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