Cette incertitude est en effet le principe de ces courses d’un nouveau genre, dont la participation a explosé ces dernières années. Lors d’une course backyard [forme de course d’ultramarathon à élimination], les personnes participantes s’alignent sur la ligne de départ toutes les heures. Afin de valider un tour, chacun d’une longueur de 6,7 km, elles doivent le compléter en moins d’une heure. Petit à petit, leur nombre diminue, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une personne sur la ligne de départ. Un tour de plus, et celle-ci gagne la course!
En 2024, lors de la première édition de la Sunshine Shuffle, Lindsay Knezevich avait remporté la course en 19 tours. Brad Heron, l’organisateur de ces deux premières éditions, espère que l’édition 2025 atteindra les 24 heures. Cette durée a d’ailleurs servi au calcul des longueurs de tours, communes à toutes les courses backyards, puisque leur créateur, Gary Cantrell – plus connu sous le nom de Lazarus Lake – a choisi de diviser 100 miles par 24.
Cette année, les profits de la Sunshine Shuffle seront reversés à l’association Run for Life, qui œuvre pour la mise en place de programmes sportifs accessibles à tous.
Un des aspects fondamentalement nouveaux des courses backyards est la façon d’envisager la course ainsi que la gestion de la préparation mentale. En effet, contrairement aux courses classiques, il est impossible pour les personnes participantes de connaître le moment où la course se terminera. Les équipes et les bénévoles qui organisent ce type de course doivent donc également s’adapter à ce nouveau format, qui remet forcément en cause la logistique classique.
Le format backyard est aussi l’occasion pour les coureuses et les coureurs de préparer d’autres compétitions. Aline Veremme utilisera par exemple la Sunshine Shuffle comme une occasion pour tester à chaque tour sa nutrition et son hydratation, avec en ligne de mire la Raven 50 Miles Ultra, qui aura lieu en juillet.
Une nouvelle philosophie sportive
François Desjardins-Turcotte, qui participera à la Sunshine Shuffle, apprécie l’aspect convivial de ce type de course. « Lors d’un marathon ou d’un ultramarathon, on finit à un moment par se retrouver à courir seul, puisque tout le monde ne va pas à la même vitesse. Alors que, lors d’une backyard, comme tout le monde se retrouve une fois par heure à l’arrivée, on peut courir avec plein de gens différents, selon la vitesse à laquelle on choisit de finir un tour. »
De plus, puisque la course ne peut continuer que si au moins deux personnes partent de la ligne de départ, les coureuses et coureurs ont besoin les uns des autres. « En tant qu’enseignant, cette philosophie me parle », confie-t-il. « Je dis souvent à mes élèves qu’il faut avoir un adversaire pour se dépasser en sport, que ce soit au hockey, à la course ou dans d’autres disciplines. »
L’accessibilité est également un point important pour Roméo Champagne, qui a déjà couru la première édition de la Sunshine Shuffle. L’étudiant en biomécanique, qui se joindra à cette deuxième édition en famille, aux côtés de son père et de son frère, apprécie la diversité des profils. « Certains coureurs feront simplement quelques tours, d’autres auront pour ambition d’atteindre le record. Ce qui est intéressant, c’est que tous peuvent repousser leurs limites, quel que soit leur niveau. »
Un nouveau tour complété!
Une communauté active
La communauté francophone sera bien représentée lors de cette deuxième édition de la Sunshine Shuffle. L’année dernière, Sophie Tremblay-Morissette était présente en tant que spectatrice, pour soutenir son mari. Plutôt adepte des courtes distances, elle sera au départ de cette édition avec un groupe de quatre amies. « J’y vais pour le plaisir de courir et pour découvrir ce format de course, mais aussi pour m’occuper de la logistique pour épauler mes amies. L’édition de l’année dernière était déjà très bien organisée, donc c’est un plaisir de revenir! »
Pour la coureuse, la Sunshine Shuffle est un signe parmi tant d’autres de la vitalité de la course au Yukon, et de l’engagement de la communauté sportive francophone. « On est une communauté très active, et c’est fantastique de voir comment le calendrier de mai à octobre est rempli de courses variées, tant en format qu’en longueur. Il y a vraiment un beau choix. Cela crée des liens entre francophones par le sport. »
Aline Veremme abonde en ce sens. « Beaucoup de francophones qui arrivent au Yukon aiment faire du sport. Ils viennent souvent pour l’aventure. J’espère qu’on passera tous une belle course, en prenant du plaisir et en s’amusant! »
Le 31 mai, le jour durera 19 heures. Il ne reste plus qu’à souhaiter aux personnes participantes et aux bénévoles un grand soleil pour pleinement profiter de ce beau moment de sport et de communauté.
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