La Société Safe at Home a obtenu l’autorisation par la Ville de Whitehorse d’occuper l’immeuble situé sur la 4e Avenue au mois d’avril dernier. Kate Mechan, la directrice générale de l’organisme, mentionne que les premiers emménagements sont prévus dès la mi-juin. « L’entrée se fera de façon progressive, entre quatre et cinq unités à la fois, jusqu’à ce que nous atteignions un plein taux d’occupation », explique-t-elle.
Des espaces de logements, mais aussi de soutien
L’immeuble comprend 67 unités de différents formats, soit avec deux chambres à coucher, une chambre à coucher ou des studios. Huit des 43 studios sont pleinement accessibles aux personnes avec des enjeux de mobilité. Chaque étage a des espaces communs, tels que des salles de réunion, buanderies et cuisines avec four.
Des espaces sont également réservés pour des jeunes âgés de 16 à 24 ans qui quittent les foyers d’accueil, qui ont de l’expérience dans le système de justice ou qui ont besoin de soutien et ne peuvent pas vivre avec des membres de leur famille.
Du personnel sera sur place 24 heures sur 24 et pourra donner accès à l’immeuble tout en assurant la sécurité des résident·es et des visiteurs et visiteuses.
Des coordonnateurs et coordonnatrices seront sur place pour aider les résident·es à cibler des programmes qui pourraient leur être utiles en matière de logement et de bien-être et des travailleurs et travailleuses communautaires seront là pour aider avec la navigation du système juridique, de santé, de traitement des dépendances et soutenir l’accès au logement et à la nourriture.
« Le nom The Hearth (en français : foyer) transmet l’idée d’un lieu de rassemblement, que ce soit autour d’un feu ou d’une table de cuisine, et de chaleur humaine », rappelle Mme Mechan.
Antonio Zedda (gauche) et Ryan McLennan (droite) de la firme Kobayashi + Zedda.
Les défis d’un tel projet
Ryan McLennan et Antonio Zedda, de la firme d’architecture Kobayashi + Zedda, ont travaillé à la conception du projet et ont collaboré avec Wildstone Construction qui s’est occupé de la rénovation de l’édifice. En effet, ce bâtiment hébergeait l’hôtel High Country Inn dans le passé, mais beaucoup de travail était nécessaire pour l’adapter aux besoins de l’organisme.
Le plus gros défi a été de mettre l’édifice en conformité au code du bâtiment. « Nous avons dû faire des améliorations parasismiques aux blocs de béton, en matière d’isolation, d’énergie thermique, d’électricité, de plomberie, de renforcement de la structure », explique M. McLennan. « C’est fondamentalement un nouvel édifice », renchérit M. Zedda.
« Avec un ancien immeuble comme celui-là, on ne sait jamais à quoi s’attendre. Il y a eu plusieurs discussions avec la Ville de Whitehorse pour voir ce qu’il était possible de faire. Il y avait certaines choses relatives aux dimensions ou à l’espace qu’on ne pouvait changer. Je dirais que l’édifice est maintenant 99 % conforme au code », mentionne Ryan McLennan.
Pour Antonio Zedda, ce projet a démontré la possibilité de remettre en état un édifice pour un autre usage au lieu de le démolir. « De nos jours, les gens sont portés à se débarrasser rapidement des choses, y compris des immeubles, après leur durée de vie. Je suis très fier du résultat, après tout le travail que l’équipe y a mis. Ça prend vraiment une communauté pour créer un tel projet. »
Ryan McLennan a hâte de voir ce que Safe at Home va faire avec l’espace. « Ça va être intéressant de suivre le genre de programmes que l’organisme va offrir en collaboration avec d’autres groupes communautaires ou des gouvernements pour en faire un point central en matière d’offres de services. Je vois un potentiel pour cet édifice d’être plus que seulement un projet de logement. »
Kate Mechan est la directrice générale de la Société Safe at Home, l’organisme qui gère The Hearth.
La logistique
Pour se prévaloir des unités, les gens doivent figurer sur une liste nominative (By-Name List). Cette liste énumère, en temps réels, toutes les personnes connues comme étant en état d’itinérance dans la communauté. « Nous travaillons avec d’autres organismes partenaires et Premières Nations pour les aider à atteindre leurs objectifs et aider leurs clientèles et citoyen·nes. Ce n’est pas du logement gratuit. Les résident·es paient un taux de leurs allocations de logement ou 30 % de leur revenu fixe ou garanti (prestations d’invalidité ou sécurité de la vieillesse) », mentionne Kate Mechan.
Le financement accordé par le gouvernement fédéral comportait certaines exigences, comme réserver 75 % des unités aux personnes qui s’identifient comme autochtones et 50 % aux femmes. « Si on regarde les gens qui vivent du sans-abrisme, nous n’aurons pas de problème à atteindre ces cibles pour les personnes autochtones », rapporte la directrice générale.
Le budget était de 42 millions de dollars et l’organisme est fier de ne pas avoir dépassé ce montant.
La Société Safe at Home a organisé des portes-ouvertes entre le 20 et le 24 mai pour permettre aux gens de la communauté de visiter l’édifice, d’en apprendre plus sur les services offerts pour réduire l’itinérance et de rencontrer certain·es membres du personnel.
« Nous remercions [tous les organismes partenaires] pour la créativité démontrée durant le projet afin de nous aider à atteindre notre vision pour cet immeuble », conclut-elle.
IJL – L’Aurore boréale
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