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le Jeudi 4 juin 2026 8:05 Société

Impact de l’incendie de l’hôtel Westminster

Les gens se rassemblent devant les décombres de l’hôtel Westminster, le matin du 17 mai dernier.  — Photo : Éryne Barrette-Tremblay
Les gens se rassemblent devant les décombres de l’hôtel Westminster, le matin du 17 mai dernier.
Photo : Éryne Barrette-Tremblay

L’incendie de l’hôtel Westminster, surnommé affectueusement le Pit, à Dawson le matin du dimanche 17 mai, entraînera des répercussions pour des années à venir.

Léo Martel a lui aussi vu son hôtel partir en flammes il y a six ans.

Photo : Archives A.B.

Au-delà de la perte d’un immeuble, c’est une perte historique, culturelle et communautaire qui se fait sentir, affirment les membres de Dawson.

Un remous d’émotions pour Léo Martel

Léo Martel sait comment les propriétaires de l’hôtel et les habitant·es de Dawson se sentent, car il a vécu les mêmes émotions en décembre 2020, quand son hôtel à Keno, une communauté rurale yukonnaise, a brûlé. « À toutes les fois qu’il y a quelque chose comme ça, c’est une perte culturelle qui représente le passé au Yukon. »

Passionné d’histoire, il mentionne « qu’avec l’incendie au Westminster, c’est le côté historique de la ruée vers l’or que nous avons perdu. Il reste juste un vieil hôtel, le 98, à Whitehorse ». En effet, le Westminster était le plus vieux bar et hôtel du Yukon encore opérationnel.

C’est un ami qui l’a appelé avec la nouvelle de l’incendie. « J’ai ressenti la même affaire que quand l’hôtel à Keno a brûlé. Ce sont des événements qui changent la fabrique du Yukon. Ça disparaît. Tu ne peux plus aller à ces endroits-là et avoir des émotions et du fun », continue-t-il.

Léo Martel n’a pas de conseils à donner aux gens de Dawson. Il a eu beaucoup de difficulté lorsque son hôtel a brûlé. « C’est comme si une partie de moi-même est montée en fumée avec l’hôtel. Je sens qu’il va y avoir beaucoup de monde à Dawson qui vont ressentir la même émotion. »

À l’époque, Léo Martel se souvient d’avoir trouvé du réconfort dans les témoignages et les messages de soutien que les gens lui envoyaient. Les personnes lui racontaient les émotions qu’elles avaient vécues dans son hôtel. « Il y a eu beaucoup de mariages qui se sont faits dans l’hôtel. Beaucoup de monde ont rencontré leurs ami·es. C’est extrêmement dur quand tu perds quelque chose comme ça. C’est comme un décès dans la famille. »

« C’est important de garder l’âme de l’hôtel en vie et de ne pas oublier le côté humain, de se souvenir des émotions senties dans l’hôtel. On n’oublie jamais vraiment, et les souvenirs restent avec nous. »

Des souvenirs d’un artiste

Halin de Repentigny, artiste de Dawson, a mentionné dans une publication sur Facebook, le 19 mai : « Je ne me remets toujours pas de la perte du Pit. Il y a de nombreuses années, j’ai peint des fresques murales d’un bout à l’autre du Westminster, de mur en mur, ainsi que des œuvres encadrées qui faisaient véritablement partie des lieux », se remémore l’artiste franco-yukonnais qui était l’auteur d’une des œuvres emblématiques de l’établissement, qui mettait en scène un officier de la GRC et une femme de joie. « Plus d’un siècle d’histoire, de souvenirs et de communauté habitaient ces murs. Comme beaucoup de gens, j’ai pensé simplement que la “Vieille Dame” serait toujours là à nous attendre. Même quelques jours plus tard, il est difficile de savoir quoi penser de tout cela, mais mon cœur est avec tous ceux qui pleurent un endroit qui comptait tant pour un si grand nombre de personnes. »

Pendant plus de 125 ans, l’hôtel Westminster a accueilli les visiteurs et visiteuses et les gens de Dawson. C’était un lieu de rassemblement communautaire, qui restera un lieu emblématique du Klondike, dans les mémoires. À l’heure d’écrire ces lignes, la courte vidéo de l’établissement en proie aux flammes, publiée par Chris Ross, résident de Dawson et ancien journaliste, a été vue plus de 200 000 fois. Signe incontestable de notre époque que cet établissement a marqué une population répartie à travers le monde entier, et ce, d’hier à aujourd’hui.

IJL – L’Aurore boréale

Photo : Tripadvisor

Quelques jours avant l’incendie de l’hôtel Westminster, un autre édifice historique, le Rancheria Lodge, a été détruit par les flammes le matin du 12 mai. Situé au Mile 710 sur la route de l’Alaska, le gîte se situait à environ 120 kilomètres à l’ouest de Watson Lake.

Ouvert en octobre 1946 par la Yukon British Navigation Company comme arrêt d’autobus entre Dawson Creek (Colombie-Britannique) et Whitehorse (Yukon), Rancheria a été l’un des premiers gîtes à ouvrir au public le long de la route de l’Alaska. Denis et Linda Bouchard ont été les derniers propriétaires du gîte qui a fermé ses portes en 2018, après leur décès. Le gîte était abandonné depuis cette date. 

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