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le Jeudi 23 avril 2026 7:59 Société

Réduire la demande électrique au Yukon

L’installation d’un poêle à bois comme source de chauffage secondaire pourrait être admissible pour une remise financière.  — Photo : Maryne Dumaine
L’installation d’un poêle à bois comme source de chauffage secondaire pourrait être admissible pour une remise financière.
Photo : Maryne Dumaine

Le gouvernement du Yukon a tenu, mercredi passé, une conférence de presse pour dévoiler son nouveau programme de réseau fiable (Dependable Grid Program), une initiative de subventions visant à réduire la demande électrique lors des pointes de demandes dues aux pics de froid hivernal.

« Nous prenons des mesures directes pour soutenir le réseau électrique du Yukon et le portefeuille des Yukonnais·es », a déclaré Ted Laking, ministre de l’Énergie, des Mines et des Ressources. En offrant des subventions pour inciter la population à remplacer le chauffage électrique par du bois, du mazout ou du propane, le territoire espère « réduire jusqu’à 3,26 mégawatts la demande de pointe hivernale. »

Un retour vers les énergies fossiles

Cette annonce n’a pas manqué de faire réagir. Lors de la conférence de presse, une journaliste a demandé : n’est-ce pas un retour en arrière que de pousser la population vers les énergies fossiles, alors que les changements climatiques réchauffent le territoire deux à trois fois plus vite que le reste du pays?

« Ce n’est pas une situation idéale », a admis Ted Laking. Néanmoins, le gouvernement a déclaré avoir créé ce programme dans le but de proposer « une action décisive », justifiée par les limites des énergies renouvelables en plein hiver. Lors d’une récente vague de froid, « le solaire fonctionnait à 0 % de sa capacité et l’éolien à 14 % », a expliqué le ministre.

À une question posée concernant d’éventuelles subventions pour des énergies propres, Émile St-Pierre, responsable des programmes énergétiques de la Direction de l’énergie, a expliqué que les subventions annoncées ne concernent pas les énergies renouvelables. « Nous nous concentrons sur le déplacement de la charge électrique ». Par ailleurs, le fait que les subventions actuelles soient plafonnées à 50 % des coûts de remplacement a été questionné. En réponse, il a été précisé que le gouvernement fédéral pourrait proposer également des subventions complémentaires.

Ces subventions sont une réponse « d’urgence », et le gouvernement a indiqué que l’intégration d’autres sources d’énergie fera plutôt l’objet d’un futur plan énergétique hivernal fiable échelonné sur les dix prochaines années.

Une économie pour les foyers

Les représentants du gouvernement ont insisté sur l’avantage financier pour les foyers du Yukon.

En offrant des remises financières, le territoire encourage les propriétaires à délaisser le chauffage électrique de base au profit de systèmes hybrides ou à combustible à bois, propane ou mazout, tout en intégrant des technologies de contrôle intelligentes pour la recharge des véhicules électriques et le chauffage de l’eau.

L’objectif du ministère est de stabiliser l’infrastructure énergétique tout en améliorant l’abordabilité pour les ménages. Grâce à une diversification des sources de chaleur, et une efficacité accrue des nouvelles constructions, il prévoit des économies directes sur les dépenses énergétiques des ménages.

« Les habitants du Yukon qui recherchent la solution de chauffage la plus efficace et économique peuvent opter pour un système de chauffage bicombustible, tel que ceux comportant une pompe à chaleur et une source de chaleur d’appoint non électrique, plutôt que pour leurs plinthes électriques ou leur fournaise électrique actuelles. Cela permet d’économiser jusqu’à 1 900 $ par année pour un ménage type. »

Selon une comparaison issue d’une recherche en ligne, pour une famille de quatre personnes, la facture mensuelle pour le chauffage de l’eau au propane est estimée à 70 $, contre 85 $ pour l’électricité, au Yukon.

Le gouvernement encourage l’installation de solutions de chauffages secondaires non électriques, mais aussi le changement complet de la source de chauffage principal.

Si le retour vers des solutions de chauffage fossiles ou au bois peut sembler être un recul climatique, le territoire affirme qu’il s’agit d’un compromis temporaire, mais incontournable, issu des limites critiques du réseau électrique actuel.

IJL – L’Aurore boréale

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