La conférence a été animée par Amadou Mfondi, enseignant-chercheur à l’Université d’Ottawa et expert-conseil pour la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA). Pendant une heure trente, le spécialiste des politiques d’inclusion et du vivre-ensemble dans les sociétés multiculturelles a proposé au public de revenir sur la notion même de l’ÉDI, et d’en expliciter à la fois les bases mais aussi les applications concrètes. En effet, si la notion d’équité, de diversité et d’inclusion est de plus en plus connue dans les entreprises et le milieu associatif, elle peut être difficile à appréhender. En définir les termes permet donc une meilleure compréhension.
L’équité est l’action de corriger les désavantages historiques existants entre groupes ou personnes. L’inclusion renvoie à un ensemble de pratiques proactives visant à créer un environnement où toutes les personnes se sentent accueillies, respectées et valorisées, tout en favorisant leur participation et leur sentiment d’appartenance. Enfin, la diversité se rapporte aux conditions, aux modes d’expression et aux expériences de différents groupes (le sexe, la langue, l’âge, l’origine ethnique, la religion, l’identité de genre entre autres). Il s’agit donc de créer, au sein d’une structure professionnelle ou scolaire, une culture diversifiée, équitable et inclusive pour les collaboratrices et les collaborateurs.
Cette conférence est à l’initiative de deux employées de la CSFY : Geneviève Tremblay, qui occupe le poste de coordonnatrice au service à la petite enfance et de conseillère pédagogique ainsi que Christel Funken, travailleuse en établissement dans les écoles (TÉÉ). Elles l’ont souhaité ouverte à tous et toutes, quel que soit la profession ou le lieu d’habitation des personnes qui ont souhaité participer. « C’est grâce à deux ententes avec IRCC et la Commission nationale des parents francophones (CNPF) que nous avons pu proposer cette conférence », explique Geneviève Tremblay. « Le Yukon se diversifie, et les établissements scolaires ne font pas exception. On sent un grand besoin de prise en compte de cette réalité, tant du côté des enseignants que des éducateurs, du personnel de la garderie ou des parents. Le but est de pouvoir les accompagner au mieux. »
Mme Funken confirme, en ajoutant que « l’idée est de pouvoir outiller les enseignants, les éducateurs, les intervenants scolaires pour pouvoir créer des espaces inclusifs et multiculturels. On essaye donc de proposer des possibilités d’accès à l’information, de sensibiliser sur ces sujets. »
Amadou Mfondi, l’enseignant-chercheur qui a animé la conférence.
L’ÉDI, une approche qui demande de la pédagogie
Pour Amadou Mfondi, l’ÉDI peut être un véritable atout pour les établissements scolaires, les entreprises ou les organisations qui suivent cette approche. « L’ÉDI permet de mettre tous les talents et les compétences dans un environnement où ils peuvent pleinement coopérer. Si les personnes sont valorisées, reconnues, alors les résultats suivront ». Il existe néanmoins pour l’enseignant-chercheur un impératif à la réussite de l’implantation d’une politique d’ÉDI : la raison de sa mise en place. « Si l’organisation souhaite organiser l’approche d’ÉDI pour se donner bonne conscience, ou sous le coup d’une émotion liée à une actualité, alors les actions seront posées sur des bases qui ne sont pas solides. Au contraire, si les principes fondamentaux de l’ÉDI, à savoir l’humanisme, la justice et la morale sont au cœur du processus engagé, si nous appuyons nos actions sur les principes dont nous sommes nous-mêmes convaincu∙es, alors cela va fonctionner. »
Il souligne par ailleurs que le Canada possède une longue tradition concernant le multiculturalisme. Premier pays au monde à avoir reconnu cette notion comme faisant partie intégrante de son identité en 1971, le Canada a par la suite adopté en 1988 la Loi sur le multiculturalisme. L’article 15 de la Charte canadienne des droits et libertés énonce également le droit à l’égalité devant la loi, garantissant à tous la même protection et le même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination. « Tout n’est pas parfait, mais cela permet la discussion, puisque la question se pose et se vit dans les institutions, dans les organisations, dans la loi. »
Les personnes qui ont participé à la conférence ont apprécié cette remise en contexte ainsi que l’aspect participatif. « J’ai apprécié qu’il y ait eu des exercices individuels ainsi que des échanges en petits groupes! C’était dynamique et ça a permis une belle réflexion », relève Geneviève Tremblay. Pour la suite, l’idée de faire participer les élèves fait son chemin. Il existe d’ailleurs déjà au secondaire un cours sur les droits de la personne. Christel Funken espère quant à elle avoir l’opportunité de poursuivre à étoffer l’offre de ressources sur l’ÉDI à destination des adultes. « Nous pourrions, par exemple, organiser une série de conférences à l’occasion du Mois de la francophonie, si nos partenaires pensent que cela peut intéresser notre communauté francophone, accueillante et immigrante! »
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