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le Jeudi 12 mars 2026 7:53 Société

Les Essentielles : 30 ans d’engagement et de nouveaux défis

L’équipe des Essentielles est composée de Nina Brandelik, de Zoé Béthus, de Charlie-Rose Pelletier et de Maya Auguste. — Photo : Kahina Chouiter
L’équipe des Essentielles est composée de Nina Brandelik, de Zoé Béthus, de Charlie-Rose Pelletier et de Maya Auguste.
Photo : Kahina Chouiter

À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, l’organisme à but non lucratif, les Essentielles, a rappelé que la défense des droits et du mieux-être des femmes francophones du Yukon demeure un chantier permanent. En plus de proposer une programmation rassembleuse, l’organisme met en lumière plusieurs dossiers structurants, dans un contexte marqué par des inquiétudes liées au financement.

Fondé en 1995, l’organisme à but non lucratif représente les intérêts des femmes francophones du territoire et travaille à améliorer leur qualité de vie en répondant à leurs besoins. Dans un milieu minoritaire et nordique, cette mission prend une dimension particulière.

Un 8 mars entre célébration et mobilisation

Cette année, la programmation du 8 mars a dû être ajustée, puisque l’ouverture des Jeux d’hiver de l’Arctique coïncidait avec la date officielle. Impossible donc d’organiser le concert Pink House le jour même. L’événement bilingue, en partenariat avec le Centre de femmes Victoria-Faulkner et le Yukon Status of Women Council, a eu lieu le soir du samedi 7 mars au CSSC Mercier.

L’engouement a été manifeste : les 80 places disponibles ont été comblées pour le concert. Ce succès témoigne d’un réel désir de la communauté de se rassembler et de célébrer ensemble. Le lendemain, un brunch familial a réuni également une trentaine de personnes, tandis qu’une formation offerte sur la place des femmes dans un monde en proie au réchauffement climatique a permis un espace d’échange plus approfondi.

Au-delà du caractère festif, le 8 mars constitue un moment de réflexion. Il s’agit, pour les représentantes de l’organisme, de rappeler que les droits des femmes exigent des actions concrètes et continues, notamment en matière d’accès aux services en français, de santé mentale, d’autonomie économique et de lutte contre l’isolement.

Diversifier pour mieux résister aux aléas financiers

Parmi les grands dossiers actuels, la diversification des services occupe une place importante. L’équipe des Essentielles envisage d’élargir son offre, notamment par des cours d’anglais et des ateliers de charpenterie. L’objectif est double : répondre à des besoins exprimés par les femmes et renforcer leur autonomie.

Cette réflexion s’inscrit dans un contexte d’incertitude budgétaire. Les compressions fédérales potentielles suscitent des préoccupations, et l’organisme attend avec attention le budget territorial 2026/2027. « Vivre des subventions est toujours risqué. On ne sait jamais si on va pouvoir continuer un programme ou non », souligne la directrice des Essentielles, Nina Brandelik.

La dépendance aux fonds publics oblige à une planification prudente. Diversifier les activités permettrait d’avoir « plus d’une flèche à son arc et d’assurer une plus grande stabilité à long terme », indique la direction de l’organisme à but non lucratif.

Certains programmes illustrent déjà l’importance de maintenir les ressources existantes. Le programme de nutrition Les Cong’elles, par exemple, est toujours pleinement utilisé : il n’y a jamais de surplus. Cette constance démontre que les besoins sont bien réels et persistants.

L’organisme souhaite également s’ouvrir davantage aux communautés à l’extérieur de Whitehorse. « Offrir des services comparables dans les localités rurales répondrait à un besoin identifié et contribuerait à réduire les inégalités d’accès pour les Franco-Yukonnaises vivant hors de la capitale », conclut Mme Brandelik.

Enfin, l’année 2026 marquera la conclusion d’un projet d’envergure piloté par Charlie-Rose Pelletier, coordonnatrice des projets en égalité des genres pour les Essentielles. Une initiative de trois ans visant à mettre en valeur le leadership féminin dans le Grand Nord grâce à une collaboration entre le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon. Un 5 à 7 a été organisé en mars afin de souligner l’aboutissement de ce projet, présenté comme un exemple de coopération nordique réussie entre les trois territoires.

Entre mobilisation du 8 mars et réflexion stratégique, l’organisme francophone évolue dans un environnement politique et financier en transformation. Il mise sur la solidarité, l’innovation et la diversification pour continuer à répondre aux besoins des femmes francophones du Yukon. Dans un contexte où les subventions demeurent incertaines, la capacité d’adaptation apparaît plus essentielle que jamais.

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