« Chaque année, il y a une volonté de la FCFA de regrouper tous ses organismes de tout le Canada hors Québec pour aligner tout le monde sur la vision de l’immigration », explique Yannick Klein, directeur général adjoint de l’Association franco-yukonnaise (AFY), qui et qui s’est rendu au forum.
IRCC (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada) était également présent. « Depuis un an, le ministère a mis en place une politique d’immigration francophone dont l’objectif est de s’assurer de rétablir la proportion de francophones hors Québec, qui est en constante diminution, excepté au Yukon », résume M. Klein.
En effet, selon les données d’IRCC, près d’un million de francophones vivent actuellement au Canada à l’extérieur du Québec, ce qui représente 3,5 % de la population. Cette proportion a connu une baisse marquée au fil des décennies : elle s’élevait à 4,4 % en 2001 et à 6,1 % en 1971.
Le ministère s’est fixé pour objectif d’atteindre une cible de 12 % de personnes immigrantes francophones à l’extérieur du Québec d’ici 2029. En 2024, la cible était fixée à 6 % de personnes francophones ayant le statut de résident permanent parmi l’ensemble des nouveaux résidents permanents et des nouvelles résidentes permanentes. Lors du forum, IRCC a annoncé avoir dépassé cet objectif, atteignant un taux de 7,2 %. « La cible est atteinte, c’est une belle nouvelle », commente le directeur adjoint à l’AFY.
La solution : l’immigration?
Yannick Klein cite une étude de la firme Sociopol, préparée pour la FCFA, selon laquelle l’immigration francophone constituerait le principal levier pour rétablir le nombre et la proportion de francophones au Canada, en dehors du Québec.
« L’étude montre que, si on prend les naissances des francophones déjà établis, ça ne suffit pas à s’assurer que les francophones seront toujours là en nombre suffisant dans les dizaines d’années à venir », explique le directeur adjoint de l’AFY. « L’étude montre aussi que la plupart des francophones se font assimiler un petit peu en anglais, c’est-à-dire que les enfants des francophones finissent par parler anglais, par exemple. »
« Ça pourrait dire que la francophonie descend, et l’étude démontre que le seul moyen de rétablir aujourd’hui cette proportion c’est l’immigration francophone. »
Une communauté francophone en évolution
Lors du forum, les enjeux de la montée du populisme et du racisme ont été discutés.
La FCFA se penche sur le sujet et souhaite outiller ses organismes partenaires. « La communauté change. Le changement génère du stress, des préoccupations, etc. Donc, je pense que c’est vraiment important de nous équiper », commente M. Klein.
« Pour moi, ce qui est important, c’est de montrer que l’immigration, déjà, est un levier essentiel pour l’avenir, la francophonie. Puis, deux, montrer tous les avantages que cette diversité peut apporter par rapport aux personnes qui auraient des préoccupations par rapport à ça. »
« Je pense qu’il y a un devoir de sensibilisation, d’information », ajoute-t-il. « Je pense qu’il faut accompagner les personnes et notre communauté sur ce sujet. »
Yannick Klein espère également que le prochain gouvernement élu aura à cœur la place de l’immigration francophone au territoire. « Il faut rester vigilant pour s’assurer que les cibles sont atteintes et que l’immigration francophone reste bien une priorité pour le gouvernement. »
IJL – L’Aurore boréale
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