Du toilettage aux chirurgies, les champs d’expertise de Clémentine Chavanon, Carol McCormack, Karen Dubois et Yannick Klein gravitent tous autour d’une même mission : celle de porter les meilleures attentions possibles à nos camarades canins. Chaque métier étant unique, ces spécialistes contribuent, sous différents aspects, à maintenir les animaux de compagnie heureux et en pleine santé.
Détenteur d’un diplôme de médecine vétérinaire français, Yannick Klein n’a pas pu pratiquer son métier à son arrivée au Canada, car le processus d’équivalence de diplôme d’un pays à l’autre constituait un « trop gros investissement de temps et d’argent ». Il s’est donc tourné vers la psychologie humaine et a fondé TEAMVeto, une « société de coaching professionnel spécialisée en développement de leadership pour les vétérinaires, par un vétérinaire. »
Karen Dubois affirme que, dans le toilettage de chiens, « on connaît les particularités de chaque race de chien, et on choisit un shampooing approprié aux types de poils. »
Karen Dubois, toiletteuse, « effectue les soins nécessaires à l’hygiène et à l’entretien du poil des animaux de compagnie » avec son entreprise Hairtail Grooming and Boarding.
Infirmière de formation, Clémentine Chavanon est devenue comportementaliste canine et a fondé sa compagnie Yutrain – Dog Behaviorist il y a environ quatre ans.
Carol McCormack, quant à elle, est coordonnatrice des bénévoles au refuge d’animaux de la Humane Society Yukon de Whitehorse depuis environ deux ans.
Pourquoi travailler avec les chiens?
Clémentine Chavanon explique être devenue comportementaliste canine grâce à son premier chien. « J’ai adopté mon premier chien quand il avait cinq mois. Il avait des problèmes de comportement, et je ne comprenais pas ce qui se passait dans sa tête. Je suis allée voir un dog trainer en ville, mais malheureusement, je n’ai pas vraiment eu de résultat et je ne me retrouvais pas du tout dans cette méthode d’entraînement. J’ai alors décidé d’étudier par moi-même pour enfin comprendre mon chiot et pouvoir l’aider. J’ai eu des résultats et des améliorations vraiment rapidement, ce qui m’a rendue encore plus passionnée », raconte-t-elle. C’est à la fin de sa formation qu’elle crée sa propre entreprise.
Karen Dubois s’est également lancée dans le toilettage après une mauvaise expérience avec son propre chien. « J’[étais] allée faire une coupe Airedale Terrier à mon chien, mais [la toiletteuse] l’avait ratée. J’étais tellement déçue de la coupe [que] j’ai décidé de devenir [moi-même] toiletteuse. »
Pour Yannick Klein et Carol McCormack, l’inspiration vient d’un amour de longue date pour les animaux de compagnie. « J’ai toujours été passionné par le côté médical », raconte le vétérinaire. « Je me voyais devenir médecin, mais j’ai eu un chat, ce qui m’a donné envie de plutôt soigner les animaux que les humains ». Carol McCormack avoue également avoir un point faible pour les chiens et les chats. « Je cherchais une occasion de faire du bénévolat à Whitehorse, alors j’ai approché la Humane Society et [j’ai reçu] le rôle de coordonnatrice des bénévoles. »
Carol McCormack affirme que son français lui donne un vrai atout dans son travail de coordonnatrice. « Il y a parfois des gens qui ne parlent pas beaucoup anglais, alors j’aime bien les aider à regarder les animaux, à peut-être en adopter ou à faire du bénévolat. »
Soins de tous genres pour nos compagnons à quatre pattes
À la Humane Society, Carol McCormack s’occupe de la gestion et de l’intégration des bénévoles au refuge. « J’entraîne les bénévoles à promener les chiens, à nous aider à nettoyer… J’aide aussi les gens à choisir et à adopter le chien ou le chat qui leur convient et qui est bon pour leur famille. »
Yannick Klein explique que les vétérinaires sont plutôt multidisciplinaires. « On peut se spécialiser dans un domaine, mais la plupart des vétérinaires font un peu de tout. On est un peu pharmacien, on fait des radiographies, des échographies, de la chirurgie… plein de choses. »
Clémentine Chavanon sépare ses consultations d’éducation canine en trois étapes. Avant de travailler directement avec le chien, la comportementaliste entame une étude de comportement, où elle rencontre l’animal et son propriétaire à leur domicile. « Après [un premier rendez-vous de] 45 à 90 minutes, j’ai déjà une idée de la personnalité du chien, et mon étude me permet de comprendre d’où viennent les problèmes ». L’étude est ensuite suivie de l’instauration d’une nouvelle routine à la maison. « Souvent, l’origine des problèmes de comportement est que le chien ne voit pas son humain comme quelqu’un à suivre, qu’il n’y a pas de routine assez carrée. Une fois que la personne applique [une nouvelle] routine, [on voit] déjà des changements de comportements. Et après débute le vrai travail pratique. »
Un domaine avec ses nombreux défis…
« Chaque métier a ses hauts et ses bas », affirme Karen Dubois. « [En toilettage de chiens], tu es parfois vraiment trempé. Les poils te collent aux yeux et à la bouche, et travailler avec des outils coupants sur un être vivant qui ne veut pas toujours coopérer [c’est très périlleux]. Par contre [c’est toujours] bon de voir le résultat final. »
Après ses études en médecine vétérinaire, Yannick Klein s’est intéressé aux soins des chiens de traîneaux et a rejoint une unité spécialisée dans le sport canin. Il a participé en tant que vétérinaire à plusieurs courses de traîneaux à chiens, et a même accompagné une expédition qui traversait la Sibérie.
Yannick Klein déclare également que « [le métier de vétérinaire] fait rêver des gens, mais il a des défis aussi. C’est un magnifique métier, mais c’est aussi un métier extrêmement difficile et ça, les gens ne le voient pas forcément. Émotionnellement, c’est extrêmement intense et demandant. On s’attend à ce que ce soit comme en [médecine humaine], qu’il y ait toute une équipe qui gère tout, mais, en fait, le vétérinaire est tout seul à gérer des situations très difficiles avec beaucoup d’enjeux et de stress, sans forcément avoir les ressources pour bien les gérer. Je me suis déjà retrouvé à faire tout seul des chirurgies extrêmement complexes avec des attentes très élevées… c’est beaucoup de pression. [À Whitehorse], il y a de fortes demandes, mais pas beaucoup de vétérinaires. Le rythme de travail est très exigeant, et ça doit être difficile. »
Clémentine Chavanon partage également les complications de son métier. « J’ai appelé ma compagnie Yutrain, parce que je voulais que les gens comprennent que je ne suis pas une magicienne, que c’est un travail d’équipe, et donc que ce que j’enseigne aux personnes doit être utilisé. Parfois, il y a des gens qui pensent que c’est moi qui vais faire tout le travail, alors moi j’ai des résultats avec le chien, mais s’ils ne pratiquent pas à la maison, le chien va toujours m’écouter, mais il ne va pas nécessairement écouter son humain. C’est intéressant et frustrant à la fois. »
… et ses grandes joies
Malgré ces difficultés, Yannick Klein partage que « [le métier de vétérinaire] est très gratifiant. On a vraiment un sentiment d’être utile. Par exemple, quand les gens emmènent un animal qui est mourant, qu’on trouve un diagnostic et qu’on sauve l’animal, c’est vraiment quelque chose de super. »
« Je dis toujours que le travail paie tôt ou tard », affirme Clémentine Chavanon. « Et lorsqu’on règle les problèmes et qu’on voit un chien et un humain heureux dans une relation saine et équilibrée, c’est la meilleure des récompenses. »
Pour Carol McCormack, la meilleure partie de son travail est « lorsque les animaux trouvent une famille. J’adore voir les gens arriver, trouver le chien ou le chat qui leur convient et tomber en amour. »
Karen Dubois conclut que « travailler avec un animal, c’est juste merveilleux [avec] l’amour qu’il te donne. »
Rébecca Fico, 15 ans, est journaliste en herbe pour l’Aurore boréale.
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