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le Jeudi 29 mai 2025 7:44 Société

Rencontre avec le père Réjean Couture : un prêtre francophone en visite à Whitehorse

Réjean Couture, prêtre catholique, a administré les sacrements de la première réconciliation et de la première communion à plusieurs jeunes de la communauté francophone du Yukon le 25 mai dernier. — Photo : Rébecca Fico
Réjean Couture, prêtre catholique, a administré les sacrements de la première réconciliation et de la première communion à plusieurs jeunes de la communauté francophone du Yukon le 25 mai dernier.
Photo : Rébecca Fico

Réjean Couture, prêtre catholique de Victoriaville au Québec et cousin de Rodolphe (Rudy) Couture, a offert son soutien pastoral à la communauté francophone du Yukon au mois de mai.

Prêtre depuis 57 ans, Réjean Couture explique qu’après avoir été curé d’une grande paroisse à Victoriaville, au Québec, où il a servi pendant 32 ans, il est actuellement « collaborateur au niveau de toute la ville pour les services de pastorale. »

Depuis 2000, il gère également l’accueil de personnes immigrantes dans le pays. « Je m’occupe surtout des immigrants et immigrantes hispanophones, car je parle un peu espagnol, mais actuellement on accueille plus des gens de l’Afrique et des Philippines. […] J’accompagne aussi des personnes qui cherchent la foi, qui l’ont perdue, qui se questionnent, des jeunes qui se disent athées, mais qui veulent me rencontrer pour parler de la foi. »

Attraper « la piqûre » pour la prêtrise

Comment est-il devenu prêtre? « C’est une longue histoire! », répond Réjean Couture en riant.

« Quand j’étais jeune, j’étais servant de messe dans mon église, à Saint-Paul-de-Chester. Après ça, je suis allé étudier au collège. Le collège était un séminaire, alors j’avais un directeur spirituel qui m’accompagnait pendant mes études. Mais, à un moment donné, quand j’étais adolescent, je ne voulais plus rien savoir d’être prêtre, j’étais un peu rebelle. À la fin de l’année, on vivait une retraite, une semaine de prière et de réflexion pour discerner notre vocation. J’étais un peu tiraillé; je voulais aller étudier à l’université à Québec en psychologie. Mais mon directeur spirituel m’a dit que j’aurais les talents et les aptitudes pour être un prêtre, alors j’ai dit que j’allais essayer. Je suis donc rentré au séminaire pour étudier en théologie et discerner pour être prêtre. Après un an, il fallait décider si on continuait une autre année. J’ai décidé de continuer, et plus ça avançait, plus j’étudiais la Bible et le Nouveau Testament, et j’ai eu la piqûre, la passion pour Jésus et les Évangiles. […] Je me suis dit que [la vie de prêtre], ça m’intéressait, parce que je pouvais être un psychologue dans la religion! J’ai été ordonné prêtre [au diocèse de Nicolet] à 23 ans. »

57 années bien remplies

Réjean Couture a été vicaire et curé de plusieurs paroisses au Québec, notamment à Drummondville et à Victoriaville.

Il a aussi travaillé comme aide pastorale dans une école secondaire à Drummondville et a organisé des pèlerinages en Israël, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Grèce, en Turquie et en Jordanie pendant douze ans.

« À Drummondville, raconte-t-il, j’étais plus jeune. C’était à l’époque où le concile Vatican II venait de se vivre dans l’église, et il y avait une vague de renouveau. Quand je travaillais à l’école secondaire, j’ai connu beaucoup de jeunes. Après, je suis devenu curé d’une paroisse, et la plupart des baptêmes et des mariages que je célébrais étaient ceux d’anciens élèves! C’était très intéressant. »

Il a vu l’Église évoluer au fil des ans, à travers une multitude de changements importants. « Il fallait s’adapter chaque année, mais moi, j’ai toujours aimé chercher de nouvelles façons de vivre la foi. Même si ça a été difficile de traverser les crises qu’on a traversées, j’ai toujours été heureux de chercher de nouvelles façons de présenter Jésus au monde. »

Félicitations à Julianne Blais, Linéa Gilday, Eva White, Benjamin Francis Richard et Zacharie Giroux, qui ont reçu le sacrement de la première communion à l’église Sacré-Coeur, le dimanche 25 mai. Familles et amitiés proches se sont ensuite réunies après la messe pour célébrer les jeunes communiants et communiantes chez Yann Herry, le grand-père de Linéa. C’est Réjean Couture, un prêtre francophone originaire de Victoriaville invité à Whitehorse pour l’occasion, qui a présidé la messe.

Photo : Rébecca Fico

Liens entre Victoriaville et Whitehorse

Réjean Couture a donc passé deux semaines au Yukon pour administrer les sacrements de la première réconciliation et de la première communion aux jeunes de la communauté francophone catholique du Yukon (CFC).

Il est venu à l’invitation d’Hélène Lapensée, secrétaire de la CFC, une amie qu’il connaissait déjà à Victoriaville. Mais là n’est pas le seul lien de Réjean Couture avec le Yukon. En effet, celui-ci est également le cousin du défunt Rodolphe (Rudy) Couture, une figure importante de la communauté yukonnaise.

Il raconte leur histoire. « Quand j’étais jeune, Rudy vivait à Edmonton, alors je ne le connaissais que de photos, mais ma mère et [la sienne] s’écrivaient des lettres. C’était intrigant pour nous à Victoriaville d’avoir les nouvelles de quelqu’un à Edmonton. Il y a neuf ans, il est venu chez moi, à Victoriaville. Il est venu faire une grande visite de toute sa parenté. J’ai reçu mes frères, mes sœurs, et mes cousins et cousines, et on a fait une grande fête avec de la musique. Après ça, on a repris contact. Quand il a reçu l’Ordre du Yukon, je lui ai téléphoné, et on a parlé. C’est la dernière fois que je lui ai parlé. Je ne savais pas encore que j’allais venir au Yukon quand on s’est parlé, mais il a été très content lorsqu’il l’a appris. Par contre, peu après, Hélène Lapensée m’a téléphoné pour me dire que Rudy était à l’hôpital avec une pneumonie, et j’ai eu un peu d’inquiétude [comme il était rendu à l’âge de] 95 ans. Il est décédé peu de temps après. »

Un dernier salut à son cousin

Peu après son arrivée au Yukon, Réjean Couture a visité la fille de Rudy Couture, Judy.

« On a regardé des photos souvenirs, on a parlé de lui dans son environnement, et on est allés au cimetière pour prier sur sa pierre tombale. C’est décevant de ne pas pouvoir le revoir, mais j’ai entendu qu’il est parti dans la confiance, qu’il était calme et joyeux. »

Rébecca Fico, 15 ans, est journaliste-pigiste en herbe pour l’Aurore boréale.

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