C’est sous le tutorat de l’artiste Esther Bordet que les élèves du club d’art du CSSC Mercier ont créé les illustrations pour les haïkus.
Fabienne Christophle, coordinatrice de l’activité à l’AFY, explique que « le projet a pour but d’offrir la possibilité aux personnes de 50 ans et plus et aux jeunes francophones d’être engagé·e·s directement dans des créations artistiques littéraires et visuelles. »
L’idée se divise en deux phases : l’écriture des haïkus et leurs illustrations.
De la création littéraire aux encres, d’une génération à une autre
Le projet a débuté par quatre ateliers d’écriture offerts pour des membres de la communauté francophone de 50 ans et plus. Ces ateliers ont été animés par l’artiste franco-yukonnaise et spécialiste en haïkus, Sandra St-Laurent.
« On a appris l’histoire du haïku, ses origines japonaises, les différents types de haïkus, les techniques pour les créer… ensuite, on prenait un thème et on écrivait un haïku », explique Luc Laferté, un des participants aux ateliers. Un haïkus est un poème classique japonais de 17 syllabes réparties en trois vers.
« En groupe, nous avons retravaillé nos productions personnelles après avoir reçu une formation de base », raconte Denise Beauchamp, une autre participante aux ateliers littéraires.
« Nous nous sommes abonnés à une revue, L’Ours dansant, qui publie des haïkus en français. J’ai aussi appris qu’à Whitehorse, Solstice Haïkus est une association d’amoureux des lettres qui écrivent des haïkus dans la langue de Shakespeare », continue-t-elle.
Une fois les haïkus peaufinés, Fabienne Christophle a organisé une rencontre entre les élèves du CSSC Mercier et les participant·e·s des séances d’écriture pour passer à la deuxième phase du projet, l’illustration du recueil.
« Fabienne m’a contactée pour voir si j’avais des jeunes qui étaient intéressés pour faire un partenariat d’illustration pour un recueil », explique Dakota Bernard, coordinatrice culturelle et communautaire au CSSC Mercier.
« Lors de cette rencontre [entre les membres du club d’art de CSSC Mercier et les auteur·rice·s des haïkus], Sandra St-Laurent a expliqué [brièvement] ce qu’est un haïku, les personnes [des ateliers d’écriture] présentes ont lu leurs haïkus et expliqué leur démarche. [Ceux-ci] étaient affichés et les élèves ont pu les relire et poser des questions », explique Fabienne Christophle.
« Pour la deuxième phase du projet, nous avons eu la chance que l’artiste Esther Bordet encadre la partie création visuelle. Elle était présente à la rencontre pour faire une démonstration avec des encres aux élèves présents. Ils ont ensuite participé à quatre séances avec elle pour créer une ou des illustrations inspirées d’un haïku précis ou de plusieurs haïkus [composés]. »
« [Les encres], c’est un médium qui est très flexible, la technique n’est pas très compliquée. On avait des contraintes de temps assez intenses, alors il fallait un médium qui était abordable rapidement », explique l’artiste.
Pour Luc Laferté, l’un des meilleurs aspects des haïkus est son accessibilité et sa polyvalence. « Si un jour je décide d’en refaire, je pourrais juste retourner à mes notes et je pense que je pourrais me débrouiller avec ça », explique-t-il.
Expérience réussie!
Malgré quelques difficultés, le projet a été un succès. « Tous et toutes démontraient une belle curiosité et vraiment une forte fibre poétique! », décrit Sandra St-Laurent.
« [Le haïku] est une discipline rigoureuse non pas dans sa forme (comme on l’enseigne souvent), mais dans sa démarche, son essence. Il y a des perles qui sont ressorties de ces ateliers, qui ont permis de témoigner de notre capacité, peu importe notre âge, à cultiver la simplicité, la gratitude par nos yeux d’enfants. »
« Dakota Bernard a rassemblé un groupe très enthousiaste. La principale difficulté était qu’il y avait peu de séances et elles étaient d’une durée assez limitée, mais les élèves ont produit un travail formidable, guidés par Esther Bordet et avec l’aide de leur professeure d’art et de français, Anie Destautels », affirme Fabienne Christophle.
« [Les haïkus], ce n’est peut-être pas quelque chose que je vais faire le restant de mes jours, mais j’ai vraiment aimé à quel point c’était facile et accessible. C’était très intéressant », commente Luc Laferté.
Riley Cyr, élève de 8e année au CSSC Mercier et participante des séances d’illustration, partage avoir aussi adoré l’expérience. « J’aime essayer de nouvelles techniques d’art et je suis vraiment intéressée par la culture japonaise, alors je pense que [cette activité] était une belle occasion de faire les deux. J’ai trouvé ça très amusant! »
« J’ai vraiment aimé que ce soit un projet intergénérationnel. Je suis toujours super contente quand on nous offre des partenariats avec les jeunes de l’école, car je trouve ça super cool quand [les élèves] peuvent, à travers les clubs, s’impliquer dans la communauté. J’ai trouvé ça génial! », affirme Dakota Bernard.
Denise Beauchamp décrit qu’« apprendre à écrire des haïkus a été une expérience enrichissante. Cette activité, offerte au cœur de l’hiver yukonnais, m’a permis d’apprécier le moment présent et de percevoir un certain humour dans les gestes les plus banals. »
Rébecca Fico, 14 ans, est Journaliste en herbe pour l’Aurore boréale.
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