Le Prix de la sécurité publique a été créé en 2012 à la suite d’une recommandation du rapport Terrain d’entente, résultant de l’examen des services de police du Yukon mené en 2010.
Avec pour objectif de mettre en avant les contributions des citoyens et citoyennes du Yukon à la sécurité publique, ce titre est décerné tous les deux ans. Cette année, 18 personnes ont été récompensées pour leurs services.
L’exercice des responsabilités civiques récompensé
Le prix est attribué selon les nominations remises à un comité de sélection. Composé de deux personnes du Conseil des services policiers du Yukon, d’une personne du ministère de la Justice et d’une personne déléguée de la Division M du Yukon de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), le comité examine les candidatures et détermine la catégorie (sur six) dans laquelle la contribution s’inscrit le mieux.
C’est ensuite la ministre de la Justice, Tracy-Anne McPhee, qui attribue les prix et félicite les récipiendaires.
Pour cette édition, huit personnes ont été honorées dans la catégorie premier intervenant. Parmi elles, on compte les francophones Éric Parent, gendarme de la GRC, et Claude Vallier.
Surdose parmi les personnes vulnérables et atteintes de la COVID-19
Le soir du 2 juillet 2021, l’agent d’application de la Loi sur les mesures civiles d’urgence effectuait un contrôle de routine au High Country Inn à Whitehorse, le centre d’hébergement de personnes sans-abri testées positives à la COVID-19.
« Je travaillais pour le gouvernement et faisais de la prévention sur l’importance de l’isolement auprès des clients du centre, explique Claude Vallier. Puis quelqu’un est arrivé en hurlant qu’une personne était en train de mourir. »
L’agent a été conduit au chevet de la personne qui ne respirait plus. « J’ai tout de suite pensé à une surdose. Il a fallu réfléchir et agir vite », poursuit le citoyen.
« Le secourisme ne fait pas partie de mon métier d’agent, mais j’ai de l’expérience en tant que bénévole, j’ai déjà fait plus de 15 massages cardiaques. Cette fois-ci, c’était la pire de ma vie. Il y avait beaucoup de monde autour de moi. Tu sais que si tu ne fais rien, la personne va sûrement mourir, mais si tu l’aides, tu risques de choper la COVID. Entre les risques et les bénéfices, j’ai agi vite, j’ai administré la naloxone, puis fait un bouche-à-bouche. La personne a survécu et est repartie. C’est la meilleure des récompenses », affirme l’intervenant.
L’importance de se former aux premiers secours
Pour Claude Vallier, le message à faire passer est clair : il faut se former aux gestes qui sauvent des vies et toujours avoir sur soi un kit de naloxone.
La mort par surdose d’opioïdes est un phénomène en pleine croissance au territoire avec 24 décès reportés en 2021, d’après le gouvernement du Yukon. Pourtant, la naloxone, l’antidote spécifique des opioïdes, est sans risque d’utilisation et disponible gratuitement en pharmacies ainsi qu’auprès d’associations telles que Blood Ties, explique le Français d’origine.
« C’est incroyable le nombre de personnes qui prennent de la drogue. On peut croiser partout quelqu’un qui fait une surdose. Ces personnes sont des victimes, elles ne veulent pas de cette situation. Souvent, ce sont des gens qui n’ont pas eu de chance dans la vie. L’année dernière c’est arrivé à l’aéroport et personne ne savait quoi faire. Sauver une vie, il n’y a pas plus beau, et il existe des formations gratuites offertes par des bénévoles. Il faut y participer. »
Un prix salué par le Français
Nominé par les ambulanciers qui ont récupéré a personne réanimée, et par le personnel du High Country Inn, Claude Vallier voue une certaine importance au prix reçu.
« Je suis content d’avoir reçu un prix. Bien sûr, ma meilleure récompense c’est de revoir cette personne dans la rue avec ses amis. Mais ce titre m’a permis de parler avec la ministre de la Justice. Il y a encore des employés du service public qui n’ont pas de formation aux premiers secours. Elle m’a écouté et m’a assuré de revoir ce problème », explique le récipiendaire.
Plus d’informations sur les ensembles de naloxone et les formations gratuites aux premiers soins sont disponibles sur le site bloodties.ca.
IJL – Réseau.Presse
L’Aurore boréale
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