Marie-France Talbot, Patrick Arsenault et Souâad Larfi ont participé au Forum à Yellowknife.
Offert en format hybride, cet événement international, organisé par le Collège Nordique, avait pour but de rassembler des aîné∙es, des personnes des milieux universitaire, éducatif et de la recherche, et des organismes communautaires pour célébrer et valoriser les langues autochtones et minoritaires et discuter de leur préservation. Les personnes venaient du nord du Canada, de l’Alaska et de l’Europe.
Valorisation des langues
Le Forum s’est inscrit dans une démarche qui vise à renforcer la collaboration nordique et internationale autour des enjeux liés aux langues et soutenir la vitalité linguistique dans le Nord.
Les sujets du Forum portaient, entre autres, sur le travail collaboratif entre les territoires, les liens intergénérationnels, l’importance de la radiodiffusion, de l’interprétation et de la traduction et le rôle de l’intelligence artificielle dans la revitalisation linguistique.
Patrick Arsenault, directeur général du Collège Nordique, mentionne que l’idée du Forum est venue d’un désir de travailler ensemble pour se bâtir les uns les autres. « Nous avons décidé de faire les choses différemment et de lancer un Forum pour voir c’était quoi l’intérêt de créer un pont entre les réalités où les langues sont en minorité et les réalités où il y a des langues autochtones pour voir comment on peut apprendre les uns les autres, travailler ensemble et partager les meilleures pratiques en vue de créer un réseau thématique. »
Rencontre de la francophonie nordique
Des représentantes des trois groupes francophones porte-paroles des territoires nordiques ont participé à l’événement.
Pour Marie-France Talbot, gestionnaire du Centre de formation Qaujimaniq et Franco-Nunavummiut, il était important pour elle de participer au Forum « afin d’échanger avec des personnes qui vivent des réalités linguistiques similaires, de mieux comprendre les réalités linguistiques des Premières Nations et d’avoir de nouvelles idées et des pistes de solutions sur la question. »
« Plusieurs panélistes ont abordé des sujets qui m’étaient étrangers et donc j’ai beaucoup appris. De plus, c’était un événement très enrichissant sur le plan humain. De nombreuses personnes ont partagé leur histoire, leur sagesse et leurs connaissances. C’était émouvant de rencontrer autant de personnes qui sont passionnées par la préservation et la promotion des langues minoritaires et autochtones », explique la gestionnaire.
Souâad Larfi, directrice du service Formation à l’Association franco-yukonnaise, a participé au panel Travailler ensemble : Collaborations interdisciplinaires et partenariats transfrontaliers. Elle a mentionné que le fait de vivre dans le Nord force à être innovant·es, agiles et à mieux communiquer et que le travail collaboratif est essentiel. Elle mentionne le proverbe africain « Seul on va vite, ensemble on va loin », qui rappelle l’importance de la collaboration et de la solidarité.
Audrey Fournier est directrice générale de la Fédération franco-ténoise.
Pour Audrey Fournier, directrice générale de la Fédération franco-ténoise (FFT), il était important pour la FFT de participer « parce que c’est une occasion d’en apprendre davantage sur les expériences vécues liées à la revitalisation des langues autochtones et de mieux comprendre les défis singuliers que connaissent les communautés autochtones. Notre communauté francophone s’épanouie sur les terres non cédées des peuples autochtones et cohabitent au quotidien avec différentes communautés autochtones. Cette réalité nous oblige à agir avec respect, humilité et cohérence. »
Elle mentionne aussi que le point transversal est le lien très intime entre langue et identité, langue et culture, langue et lien avec le territoire. « La langue c’est aussi une façon de voir le monde et de faire du sens et, tout comme la biodiversité, la diversité des langues dans le monde, ça a des impacts positifs pour tout le monde en venant nourrir et diversifier les différents discours, schèmas de pensées et façons de faire », explique la directrice générale.
Prochaines étapes
Pour continuer à créer des liens durables et à promouvoir des initiatives novatrices en matière de vitalité des langues autochtones et minoritaires, le Collège Nordique entreprendra des démarches pour développer un réseau thématique international et le faire reconnaître par UArctic. Une demande sera déposée d’ici la fin du mois de février. Les retombées du Forum seront utilisées pour démontrer l’intérêt à se rassembler. C’est à l’assemblée générale annuelle de UArctic que les réseaux sont votés.
Patrick Arsenault se joindra à distance pour faire une présentation devant les membres du réseau Arctic qui, après, voteront pour que le réseau thématique soit adopté et reconnu. Selon lui, joindre UArctic donnerait une bonne visibilité au niveau international et permettrait d’entamer les discussions sur les réalités nordiques en matière de langues. Il y aurait aussi un accès aux ressources pour faire de la communication sur les activités et établir des partenariats.
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