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le Jeudi 27 août 2026 7:43 Sciences et environnement

Le retour des saumons chinook à Teslin

Sophie McGuinness, technicienne des systèmes d’informations géographiques, et Gillian Rourke, coordinatrice des ressources renouvelables et du projet, devant l’appareil sonar et un barrage en aluminium. — Photo : Sylvie Binette
Sophie McGuinness, technicienne des systèmes d’informations géographiques, et Gillian Rourke, coordinatrice des ressources renouvelables et du projet, devant l’appareil sonar et un barrage en aluminium.
Photo : Sylvie Binette

Après plus de 3 000 kilomètres de migration, plus de 160 saumons chinook ont atteint la rivière Nisutlin cet été. Malgré un déclin marqué depuis plus de 20 ans, leur retour à Teslin ravive l’espoir et rappelle l’importance culturelle de ce poisson pour la communauté tlingite.

Selon Michelle Rainer, de Pêches et Océans Canada, le saumon chinook du fleuve Yukon connaît un déclin continu de son abondance depuis plus de vingt ans.

Cependant, en date du 10 août, après une odyssée de plus de 3 000 km, plus de 160 saumons remontent la rivière Nisutlin, qui se jette dans le lac Teslin. C’est la plus longue migration de saumons chinook d’eau douce au monde.

La signification du saumon pour le Conseil des Tlingit de Teslin

À Teslin, le saumon est considéré comme un miracle et une source de vie. Le vice-président du Yukon Salmon Sub-Committee, Dennis Zimmermann, souligne que « c’est le Conseil des Tlingit de Teslin et des anciens qui ont tiré la sonnette d’alarme concernant le déclin du saumon il y a environ 30 ans. Ils ont constaté le déclin en premier, car les poissons étaient à la fin de la migration. Et, ils consentent des sacrifices volontaires depuis des décennies. »

M. Zimmermann ajoute qu’il y a quelques jours, lors d’une cérémonie à Teslin, les gens utilisaient du corégone au lieu du saumon afin de préserver le stock. Et à un aîné d’ajouter qu’il ne s’attendait pas d’y aller. Il ne pensait pas qu’il aurait été capable d’aller là-bas, de jeter un filet et d’essayer d’attraper du saumon chinook. Pour lui, il n’y a pas de pêche pour le moment parce qu’il faut donner une chance au stock de se reconstituer. Et parce que les saumons viennent de si loin jusqu’à Teslin, ils subissent beaucoup de stress tout au long du voyage.

L’importance de parler du retour du saumon à Teslin

Selon Michelle Rainer, il est important de bien gérer le stock de Teslin parce que « le saumon chinook de Teslin est l’une des douze différentes populations de saumon chinook dans le fleuve Yukon canadien et constitue une population reproductrice distincte sur les plans génétique et écologique ». Le saumon chinook ayant la plus longue migration dans le monde retourne à certains habitats de fraie du bassin hydrographique Teslin, parcourant 3 200 kilomètres pour revenir à la rivière McNeil, depuis la mer de Béring. Ces poissons se sont adaptés au fil des générations pour réussir à effectuer cette longue migration, puis à frayer. Donc, il est important de préserver ce patrimoine génétique.

Dennis Zimmermann est le vice-président Yukon Salmon Sub-Committee.

Photo : Fournie

Le rôle du Conseil des Tlingit de Teslin dans la gestion du saumon

Il y a un accord de gestion du saumon signé pour une période de sept ans. Selon Dennis Zimmermann, « c’est un accord du gouvernement du Canada pour ne pas pêcher le saumon. Le Conseil local a signé et également reconnu cet accord avec Pêches et Océans Canada. Donc, en termes de spiritualité locale, cela a un impact énorme sur l’une des façons dont les gens restent connectés », explique-t-il.

« Nous essayons de faire revenir le saumon par le biais de cérémonies. Donc, c’est une façon de se connecter avec les poissons sans pêcher. Chaque communauté a ses propres protocoles, mais beaucoup font des cérémonies maintenant pour les garder en mémoire », ajoute-t-il.

Le rôle de Pêches et Océans Canada dans la gestion du saumon au Yukon

Pêches et Océans Canada et le ministère de la Pêche et de la Chasse de l’Alaska dirigent le projet d’évaluation du sonar Eagle, situé à 30 km en aval de la frontière canado-américaine, qui recueille des données sur le nombre de saumons chinook entrant dans le cours principal canadien du fleuve Yukon, dont le saumon chinook de Teslin. Ces données sont utilisées pour estimer le nombre de saumons chinook qui reviennent dans la rivière.

« Dans la remontée de cette année, le nombre de saumons chinook du fleuve Yukon d’origine canadienne est le plus élevé depuis six ans, mais toujours inférieur à la moyenne décennale », précise Michelle Rainer.

Que faire?

Le 1er avril 2024, le Canada et l’Alaska ont conclu un accord sur des mesures décisives pour soutenir le rétablissement et la reconstruction des populations de saumons chinook du fleuve Yukon d’origine canadienne pendant une période de sept ans (de 2024 à 2030). « L’Accord établit des engagements à suspendre temporairement les pêches commerciales, récréatives et nationales, à entreprendre de nouvelles études et une surveillance pour explorer les raisons du déclin et à élaborer un plan de rétablissement du stock », nous rappelle Dennis Zimmermann. Il estime que « nous ne pouvons pas perdre espoir. Si on perd espoir, on perd tout. Ça commence par le fait que les gens ne pêchent pas. Et un aîné l’a dit. »

« Ils font aussi beaucoup de recherches scientifiques intéressantes et gèrent les barrages de castors. Ils perpétuent également les savoir-faire en pêchant d’autres poissons. Comme ces poissons d’eau douce. Je pense que tout le monde travaille bien ensemble. Parce que nous sommes tous sur la même longueur d’onde. Parce que, vous savez, il est bien connu que c’est un déclin à long terme », conclut M. Zimmermann.

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