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le Jeudi 6 novembre 2025 7:59 Éducation et jeunesse

Formation postsecondaire en français : rencontre panterritoriale au Nunavut

Une rencontre panterritoriale a eu lieu à Iqaluit au Nunavut pour parler des avancements du projet de l’enseignement en français au postsecondaire. Arsenal et Vignola, une association de deux firmes de services-conseils situées au Québec, accompagne le projet. — Photo : Brice Ivanovic
Une rencontre panterritoriale a eu lieu à Iqaluit au Nunavut pour parler des avancements du projet de l’enseignement en français au postsecondaire. Arsenal et Vignola, une association de deux firmes de services-conseils situées au Québec, accompagne le projet.
Photo : Brice Ivanovic

Le mois dernier, des membres du Collège Nordique, de l’Association franco-yukonnaise (AFY) et de l’Association des francophones du Nunavut (AFN) se sont réunis à Iqaluit, au Nunavut, pour établir un modèle de collaboration et de gouvernance en éducation postsecondaire en français dans les trois territoires.

Cette rencontre s’est déroulée dans la continuité de celle qui avait eu lieu en juin 2024 à Whitehorse, où les trois organisations s’étaient rencontrées et avaient signé une entente de collaboration.

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Lors de la rencontre de cette année, « nous avons clarifié notre vision afin de nous assurer que nous sommes tous et toutes bien alignés sur l’objectif et sur nos motivations », explique Souâad Larfi, directrice du service Formation à l’AFY.

« On souhaite faire évoluer nos structures, mais pas de créer de nouvelles entités », ajoute-t-elle. En effet, le Collège Nordique, situé à Yellowknife, est la seule organisation à pouvoir offrir une accréditation dans les trois territoires.

« Tout le défi de cette rencontre, c’était de trouver un modèle qui fait que les deux autres territoires et les deux autres organisations ne se retrouvent pas sous la gouvernance du Collège Nordique, mais de trouver un modèle où chaque organisation aurait le même poids dans la prise de décision dans le plan stratégique et dans les orientations stratégiques de la structure panterritoriale », précise Mme Larfi.

Mieux comprendre les réalités locales

Cette rencontre en présentiel a permis aux partenaires du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest de voir et de connaître les réalités locales. Un avantage selon Marie-France Talbot, gestionnaire du Centre de formation Qaujimaniq au Nunavut. « Chacun des territoires est unique et différent, alors c’est important d’aller voir sur place pour mieux comprendre les réalités locales, les réalités de terrain », partage-t-elle.

« Quand on se rencontre en personne et qu’on passe deux ou trois jours à discuter de façon intense, on arrive à avancer beaucoup plus rapidement et beaucoup plus en profondeur que si on avait échelonné ça en réunion Zoom pendant une heure, une fois par semaine », ajoute-t-elle.

Patrick Arsenault, directeur général au Collège Nordique, abonde dans le même sens. « Je pense que tout le monde serait d’accord avec moi pour dire que ça a été vraiment un eye-opener pour nous d’être au Nunavut et de voir leurs infrastructures, leur réalité, leur communauté. Ça avait été semblable quand j’étais venu à Whitehorse pour découvrir un peu comment la francophonie s’articule au Yukon. Bien évidemment, il y a des similitudes dans les trois territoires, mais il y a aussi beaucoup de différences et de particularités. »

Plusieurs visites ont été organisées, notamment à l’École des Trois-Soleils d’Iqaluit et sa nouvelle annexe, ainsi qu’au Nunavut Arctic College, qui offre de la formation en anglais.

Souâad Larfi, directrice du service Formation à l’AFY, affirme que les trois organisations, l’AFY, l’AFN et le Collège Nordique, vont chacune contribuer au développement de l’offre et de la structure de formation en français au postsecondaire.

Photo : Gwendoline Le Bomin

Prochaines étapes

Souâad Larfi se montre satisfaite de cette rencontre. Grâce à l’accompagnement d’Arsenal et Vignola, une association de deux firmes de services-conseils situées au Québec, les membres ont pu « réussir à exprimer [leurs] attentes, à dépasser parfois les points, les réticences, à pouvoir converger et trouver des consensus. On a vraiment atteint nos objectifs », dit-elle.

« L’étape suivante va être de présenter le modèle aux différents conseils d’administration des trois organisations afin que ce soit validé et que l’on puisse poursuivre. »

« Le but c’est de trouver une façon de collaborer tout le monde ensemble de façon équitable pour offrir la formation postsecondaire de façon panterritoriale sur les trois territoires en français », complète Marie-France Talbot.

« Ça n’a jamais été fait ailleurs au Canada d’avoir un collège ou un établissement ou des collaborations postsecondaires qui dépassent les frontières d’une province ou d’un territoire », admet Patrick Arsenault. « Donc, essayer de voir comment les trois territoires peuvent travailler ensemble, c’est assez unique. […] Mais j’ai vraiment confiance qu’on arrive à quelque chose qui pourrait nous propulser pour les prochaines étapes. »

Une rencontre devrait avoir lieu en juin prochain à Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, en même temps qu’un sommet de l’apprentissage destiné aux professionnel·le·s, ainsi qu’aux acteurs et aux actrices de l’éducation et de la formation.

IJL – L’Aurore boréale

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