le Jeudi 28 septembre 2023
le Jeudi 15 juin 2023 7:35 Économie

Retour sur le Sommet des Investisseurs du Yukon

Le Sommet des Investisseurs du Yukon a rassemblé des personnes qui investissent de manière « classique », mais aussi en tant qu’« anges de l’investissement ». — Photo : Manon Touffet
Le Sommet des Investisseurs du Yukon a rassemblé des personnes qui investissent de manière « classique », mais aussi en tant qu’« anges de l’investissement ».
Photo : Manon Touffet
Une quarantaine de personnes se sont réunies pour le Sommet des Investisseurs du Yukon, les 26 et 27 mai derniers, à NorthLight Innovation.

Ce texte est suivi d’une capsule « Lecture simple ».

Organisé pour la première fois au Yukon, le Sommet des Investisseurs du Yukon est le fruit d’une collaboration entre Yukonstruct, l’Université du Yukon, Spring Activator et Yukon Venture Angels. L’objectif était de réunir autant des investisseurs et investisseuses que des entrepreneurs et entrepreneuses pour partager des idées et bâtir une communauté. De nombreuses discussions et formations ont eu lieu au cours de ces deux journées.

Shayna Hammer est entrée en poste à l’organisme à but non lucratif Yukonstruct fin avril.

Photo : Manon Touffet

À la tête de la coordination, Shayna Hammer, directrice générale de Yukonstruct, explique que le Sommet des Investisseurs du Yukon avait pour but de développer une communauté au sein du monde de l’entrepreneuriat au Yukon. En effet, elle précise que pour créer un écosystème performant, une certaine synergie doit être mise en place entre les personnes qui investissent, entre les personnes qui se lancent en affaires et également entre ces deux groupes.

Le marché au Yukon

Selon Mme Hammer, le marché au Yukon est très intéressant parce « c’est une petite communauté ».

Barrett Horne, président de Yukon Venture Angels, est du même avis : « Il y a beaucoup de gens avec de très bonnes idées. » Il voit aussi l’événement comme une occasion de faire valoir le concept d’anges d’investissement et d’en faire un réseau à part entière au territoire. « C’est ce qui permettrait d’avoir un plus gros un impact sur l’économie », explique-t-il.

Yukon Venture Angels, dont Barrett Horne est le président, est une organisation en pleine croissance pour les personnes qui commencent dans l’investissement et/ou dans l’entrepreneuriat.

Photo : Manon Touffet

De son côté, Olivier Pellegrin, président-directeur général de Synergie Industries, perçoit la situation à travers ses yeux d’entrepreneur. Selon lui, le gouvernement fédéral investit beaucoup d’argent dans ce qui touche à l’entrepreneuriat, ce qui permet d’obtenir l’aide nécessaire à la création d’une entreprise.

Il ajoute que le Yukon est un petit marché économique, ce qui offre la possibilité à celles et ceux qui le veulent d’expérimenter, et ce, sans subir de conséquences trop lourdes en cas d’erreur. « On peut prendre des risques au Yukon », conclut-il.

Pourtant, la petite taille du marché économique est aussi un désavantage, explique Olivier Pellegrin. En effet, si un produit requiert un certain marché économique, il y a des chances que celui du Yukon ne soit pas suffisant. Toujours selon le président-directeur général de Synergie Industries, « tout le monde peut s’inventer entrepreneur ». Il explique qu’il suffit d’avoir une passion pour se dire « je vais développer ça », et que les chances pour que cela fonctionne sont très élevées. Cela peut sembler être un avantage, mais c’est en fait un inconvénient. « Tu peux réussir au Yukon, mais dès que tu sors… tu n’as pas forcément le niveau. Ce n’est pas parce que tu réussis ici que tu vas forcément réussir ailleurs », affirme-t-il.

Et la francophonie alors?

Si l’entrepreneuriat francophone est présent au Yukon, il n’en est pas de même du côté des investissements privés.

« Il y a quelques personnes francophones ici, mais il y a la possibilité d’en avoir plus », explique Barrett Horne. « Le réseautage est la solution, et c’est ce que nous faisons ici. »

Arrivé au Yukon en 2002, Olivier Pellegrin a lancé son entreprise Synergie Industries en 2004.

Photo : Manon Touffet

Pour Olivier Pellegrin, être francophone peut en effet être un obstacle dans ce milieu, notamment lorsqu’il s’agit de naviguer dans le système. Il précise que dans certains domaines, tels que le juridique ou la santé, la langue est encore plus importante, « sinon on manque des bouts. »

Il ajoute également que la confiance est plus dure à installer : « On fait plus confiance aux gens qui nous ressemblent, qui parlent la même langue que nous. »

Shayna Hammer s’accorde avec Barrett Horne. Pour elle aussi, la solution est dans le réseautage : « Il faut partager avec des gens peu représentés au quotidien. »

Marie-Pierre Giroux, gestionnaire Emploi et Entrepreneuriat pour l’Association franco-yukonnaise (AFY), était présente au Sommet des Investisseurs du Yukon. Elle explique que son objectif était d’observer, afin de faire de l’aiguillage par la suite. « L’AFY est vraiment une référence pour les francophones. Mon but, c’est de faire une sorte de répertoire, pour que les entrepreneurs francophones puissent savoir ce qu’il est possible de faire. »

Pour Shayna Hammer, « avoir quelqu’un comme Marie-Pierre [Giroux], ou quelqu’un avec sa position, c’est comme avoir un pont pour mieux inclure la communauté francophone ».

La directrice générale de Yukonstruct affirme qu’elle espère pouvoir organiser un autre Sommet des Investisseurs du Yukon, et développer l’événement vers les personnes « peu représentées ».

IJL- Réseau.presse – L’Aurore boréale

LECTURE SIMPLE

Aider les idées à grandir

Un ange d’investissement est une personne qui donne de l’argent à de petites entreprises pour les aider à démarrer ou à grandir.

À Whitehorse, il y a eu un événement qui regroupait plein de personnes qui voulaient encourager des entreprises. Il y avait beaucoup d’anges d’investissement qui étaient là.

Ces personnes donnent aussi parfois des conseils sur comment faire grandir une entreprise. Elles peuvent aussi permettre aux gens de se créer un réseau ou deviennent même des partenaires et aident à prendre des décisions importantes.

En échange de leur argent, les anges d’investissement reçoivent une petite partie des gains de l’entreprise. Au bout du compte, tout le monde gagne!