Le Festival de Granby, qui existe depuis près de six décennies, a fait décoller la carrière de bien des artistes, tels que Jean Leloup, Lisa LeBlanc ou Klô Pelgag.
Depuis 15 ans, l’organisation y a intégré un volet jeunesse, nommé Jamais Trop tôt (JTT), pour préparer la relève à un âge encore plus jeune. Le concept : proposer aux écoles d’écrire des textes, en sélectionner quelques-uns, puis proposer à de jeunes interprètes de chanter ces textes sur la scène mythique du Festival. Cette expérience aura sans conteste poussé Will Pacaud, représentant du Yukon, en dehors de sa zone de confort.
Une immersion intensive dans le monde professionnel
Pour les vingt jeunes interprètes de 14 à 17 ans sélectionnés à travers le Canada, le projet JTT n’est pas un concours de chant, mais plutôt une expérience d’incubation artistique de haut niveau. Marianne St-Pierre, l’organisatrice de ce volet du FICG, le décrit comme « le plus gros projet culturel pancanadien pour les jeunes de 14 à 17 ans », ajoutant que « c’est un projet qui se passe sur un an et demi et qui a des retombées assez incroyables dans la vie de ces jeunes-là parce qu’ils sont mis en contexte professionnel. »
Les jeunes se retrouvent en résidence artistique intensive de quatre jours à Granby. L’horaire y est exigeant, de 8 h le matin jusqu’à parfois 22 h ou 23 h, combinant réchauffements vocaux, mentorat scénique, chorégraphies et répétitions de groupe.
« Grâce à cette expérience, je me dis que je peux faire plein d’autres choses. » -Will Pacaud
Pour Will, ce rythme a été une grande surprise. « J’avais jamais vraiment fait de quoi de même où est-ce que tu t’arrives là, tu te lèves, puis tu fais de la musique jusqu’à ce que tu te couches. Après ça, c’est le show qui avance à grands pas. Je me réveillais toute la nuit juste à avoir les tounes qui me tournaient dans la tête, à ne pas être sûr si j’étais prêt. »
En plus de sa propre chanson, William a dû apprendre des harmonies pour accompagner les autres interprètes sur plusieurs autres pièces, sans oublier les chorégraphies. « Moi, je suis pas danseur, j’ai jamais vraiment été danseur, mais j’ai appris à danser! » s’amuse-t-il, reconnaissant que relever ces défis exigeait de « garder l’esprit vers différentes choses à la fois, et de rester ouvert d’esprit. »
L’interprétation : l’art de s’approprier les mots d’un·e autre
Le concept de Jamais Trop Tôt est que les interprètes chantent des textes écrits par des élèves de leur âge de partout au pays, mis en musique par d’anciens demi-finalistes adultes du grand concours de Granby.
Pour Will, qui chante habituellement ses propres compositions ou des reprises de chansons qu’il aime, c’était un bel apprentissage. « Ce qui était cool, c’est que tout le monde était forcé de jouer un style différent du sien, mais on pouvait y ajouter sa propre couleur, son style. J’ai été très content de faire ça. »
« Avoir ce background d’avoir travaillé dans un autre style va m’aider à développer mon propre style musical. J’ai tendance à toujours faire ce que j’écoute, un peu reggae ou dans le genre de Tryo. Mais grâce à cette expérience, je me dis que je peux faire plein d’autres choses. »
Représenter le Yukon
« Après deux ans sans interprète yukonnais sur la scène de Granby, l’arrivée de Will était attendue par l’organisation », explique Mme St-Pierre. Il s’est rapidement intégré au cœur social du groupe. « C’était trop drôle : pendant qu’on attendait que tous les interprètes arrivent, il s’est mis à jouer de la guitare, l’interprète de la Colombie-Britannique chantait à côté, et plein de jeunes enfants d’un camp de jour se sont attroupés autour pour danser et écouter la musique. »
Will a d’ailleurs pu développer une belle amitié avec l’interprète Éloi Veilleux (le fils d’un membre du célèbre groupe québécois Kaïn). « C’était le premier avec qui j’ai jasé et qui connaissait les artistes dont je parlais. On s’est retrouvés après la journée pour faire des jams avant d’aller se coucher. »
Un « méga boost » pour l’avenir
Au-delà des amitiés et du spectacle au Grand Palace de Granby devant des milliers de spectateurs, le projet JTT laisse une trace sur le plan professionnel. « C’est clairement un méga boost pour la carrière de ces jeunes », insiste Marianne St-Pierre. « Le niveau de professionnalisme qu’ils vont chercher ne passe pas inaperçu. Ils acquièrent beaucoup d’autonomie et des réflexes professionnels qui leur seront utiles dans le futur. »
Will confirme avoir franchi un palier, tant sur la maîtrise vocale que sur la rigueur de la scène. « L’organisation backstage, ça m’a vraiment aidé. D’habitude, quand je joue au Yukon, on arrive sur le stage, on joue et c’est tout. Mais là, c’était un show qui se déroulait avec plein de personnes et un horaire très spécifique. Il faut être à telle place, à tel moment, de tel côté de la scène avec un habit différent pour chaque chanson. Ça m’a forcé à rester professionnel et à apprendre à travailler en société. »
À 17 ans, Will regarde désormais vers l’avenir avec ambition et pense déjà au concours Pacifique en chanson, première marche vers le grand concours adulte de Granby. « Ça me donnerait l’opportunité de voyager, un aspect que j’adore, mais aussi de monter d’une classe plus haut. Travailler avec des adultes, ce serait une autre game. Ça me ferait grandement plaisir d’y représenter le Yukon. »
Will Pacaud dresse un bilan extrêmement positif de son aventure québécoise. « Je recommande le projet à n’importe qui qui aime la musique. C’est vraiment une expérience mémorable, et je m’en souviendrai pour le restant de mes jours. C’était vraiment incroyable. »
IJL – L’Aurore boréale
PAS SARCASTIQUE, PROMIS
Carl Turcotte
Y’a une personne que j’connais, c’est quelqu’un d’très inspirant
Tout le monde le reconnaît, parc’que c’est le président
Il a de bonnes propositions, aucune imperfection
C’est clairement le meilleur choix, il gagne toujours ses élections
Il prend soin de son pays et change son fusil d’épaule
Chaque jour, tous les scandales tombent à l’oubli, toujours
Un problème inventé? Quelque chose à changer?
Peu importe c’est où, un tour de passe-passe et c’est terminé
Quand y’s’lève un matin avec une pensée, une idée
Est-ce qu’elle a du sens? Il s’en sacre (fou) anyway
Le pays a besoin d’un 51e état
Une terre pas trop loin, pourquoi pas le Canada
Offre refusée, tarifs sur les bananes (chiquita), le café et les pingouins
On entre en guerre économique, en vain
Mais que font les pauvres Canadiens?
Ils gagneraient à être Américains
Ils gagneraient à être Américains
Le Groenland inoccupé
La Russie et la Chine peuvent bien s’interposer!
Le président n’a pas tort
Y faut pas perdre le Nord
(tu fuckes, t’es mort)
(tu fuckes, t’es mort)
L’argent est clairement une priorité
On voit certains bas-placés rusher, pis on rit, tsé
Pour remplir les poches des Big Techs
On a juste à mettre les moins-nantis à sec, à sec
Le pays a besoin d’énergie et de produits pour son industrie
Pas grave, nous on a les fusils
Au Venezuela, y’a du pétrole
Une fois Maduro pris, nous on décolle!
(sku sku)
Gaza, achat, méga plaza!
Plaza, achat, méga Gaza
Cette chamaille en Orient doit finir au plus vite
Pour faire une destination pour les touristes
Maintenant, on saura où se bronzer les bourrelets de gras
Certaines de ses promesses tardent à fleurir
Inflation? Pas d’stress, ça va venir
Ce fameux président
Il est des plus compétents
Y’a une personne que j’connais, c’est quelqu’un d’très inspirant
Tout le monde le reconnaît, parc’est l’homme blanc tout puissant, tout puissant
Il a de bonnes propositions aucune imperfection
Mais je crois que, au final, ce slam mérite un peu de corrections
Texte du Yukon finaliste de Jamais Trop Tôt (ce texte n’a pas pu être mis en chanson cette année, en raison de son caractère très politique, mais il a été affiché sur le lieu du spectacle).
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