Marc Champagne, directeur de la CSFY, s’entretient avec Martin Laporte, du groupe Improtéine.
L’initiative est née d’une tempête d’idées au sein de la Commission scolaire. Geneviève Tremblay et son équipe pédagogique cherchaient une idée originale pour marquer le coup des 30 ans de la CSFY. C’est alors qu’a surgi l’idée d’inviter Improtéine. « C’est né d’une étincelle, d’un grain de folie. On s’est dit ‘‘le rêve, ce serait d’avoir Improtéine pour les célébrations’’ ». Elle envoie donc un courriel à la troupe, et reçoit une réponse en moins de 24 heures, raconte-t-elle.
Le rire, pour la construction identitaire
Marc Champagne, directeur de la CSFY, explique que l’aspect de la construction identitaire est une partie très importante de la mission de la CSFY. L’institution a donc beaucoup à cœur le développement de la fierté de l’identité culturelle de ses élèves « Improtéine, c’est une troupe d’improvisation, de comédie de toute sorte, mais ce sont aussi des gens qui sont très rattachés à la francophonie canadienne, qui ont fait toute sorte d’activités dans le passé autour de la question des droits à l’éducation et l’importance du français. Donc, pour nous c’était une opportunité pour célébrer l’anniversaire de la Commission scolaire, mais, en même temps de faire une activité significative avec notre personnel, avec nos élèves, avec la communauté qui souligne l’importance du français. »
Le match d’impro historique entre la FIN et Improtéine a fait salle comble au CSSC Mercier.
Improtéine rencontre la FIN
Initialement prévu comme un événement interne pour le personnel, le projet a rapidement pris de l’ampleur.
La CSFY a souhaité ouvrir cette célébration à l’ensemble de la communauté en organisant un match spécial. L’idée a germé lors des premiers échanges avec Vincent Poirier et Martin Laporte, d’Improtéine, qui ont partagé le succès de précédents matchs disputés contre des ligues de l’Est canadien. La Commission scolaire a donc contacté la Fabrique d’improvisation du Nord (la FIN).
Bien que la saison régulière de la FIN n’ait pas encore débuté, son conseil d’administration et ses joueurs et joueuses ont répondu à l’appel avec enthousiasme. Grâce à un appui financier de l’Association franco-yukonnaise, ce match mémorable a pu se tenir le 20 août dernier.
« Le but [c’était] que ça soit festif, d’où la gratuité des entrées, pour donner la chance aux enfants, aux familles, de faire un événement communautaire pour tout le monde », se réjouit Geneviève Tremblay. « C’est parti d’un petit flocon de neige, ça a vraiment grossi, puis ça a fait une grande boule de neige », assure Mme Tremblay dans un éclat de rire.
Une générosité remarquable pour les écoles du Yukon
La conseillère pédagogique tient à souligner que la réussite de cette visite réside aussi dans la générosité d’Improtéine. Initialement, la troupe devait repartir le vendredi après sa prestation devant le personnel éducatif. Mais, le groupe ontarien a insisté pour modifier son horaire afin de rencontrer les élèves du territoire.
« On se disait : on ne va pas performer juste une journée au Yukon pour les profs et un match d’impro… On va rarement au Yukon, on ne va pas aller jusque là-bas et ne pas jouer dans les écoles. Non, non! », justifient les artistes, qui ont prolongé volontairement leur séjour pour être présents le lundi suivant. Ainsi, les élèves du CSSC Mercier et de l’École Émilie-Tremblay ont pu profiter d’un spectacle d’impro dès le jour de la rentrée des classes, le 24 août dernier.
Pour Improtéine, l’improvisation permet de désacraliser la langue. « Surtout en milieu minoritaire, les jeunes associent souvent la francophonie à un devoir, une obligation. D’avoir une expérience où on s’amuse avec la langue, où la langue est le fun, c’est le jeu, ce n’est pas juste la grammaire, c’est très important », explique Nadia Campbell, membre d’Improtéine, qui a elle-même grandi en français en Ontario. Elle ajoute aussi qu’elle a pu constater que, pour faire de l’impro, « plus tu as du vocabulaire, des références ou une culture francophone, mieux tu peux jouer. Donc oui, l’impro, ça aide vraiment à s’approprier sa francophonie. »
Une belle histoire d’amour qui se poursuit
Ce séjour marquait la quatrième visite de la troupe au territoire. « Le Yukon est très cher à nos cœurs, on est toujours heureux de revenir », confie Vincent Poirier, qui est venu quelques jours plus tôt pour aller faire de la randonnée dans la région du Kluane. Il se rappelle d’ailleurs son premier passage mémorable au Yukon, lors d’une Journée de la francophonie yukonnaise, où le ministre de la francophonie de l’époque, John Streicker, avait lui-même sauté dans l’improvisoire pour personnifier une perdrix du territoire!
Alors qu’ils préparent la cinquième édition de leur revue annuelle « Improtéine expose 2026 » (diffusée le 31 décembre sur Radio-Canada), la troupe repart avec des souvenirs précieux. Quant à la CSFY, cette collaboration réussie incarne à merveille le concept d’école communautaire, qui unit l’éducation et la culture dans un élan festif.
IJL – L’Aurore boréale
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