« Nous essayons de faire cette transition pour nous éloigner des combustibles fossiles, pour faire passer notre économie énergétique des combustibles fossiles, et nous aurons besoin de minéraux essentiels pour faire cette transition, donc c’est important, comme l’exploitation minière est importante, mais il est important que nous fassions les choses correctement », a déclaré John Streicker, ministre de l’Énergie, des Mines et des Ressources.
De nombreux sujets ont été abordés lors de ces cinq jours de conférences, notamment celui de la collaboration avec les Premières Nations, rapporte John Streicker, ministre de l’Énergie, des Mines et des Ressources. « Nous avons parlé de l’importance de la planification de l’utilisation des terres et des questions actuelles comme Eagle Mine, les permis [d’exploration et d’exploitation] », informe-t-il.
Dans une entrevue donnée à CBC, plusieurs dirigeant∙e∙s des Premières Nations, présent∙e∙s à l’événement, ont fait part de leurs attentes et de leurs préoccupations. Par exemple, Dawna Hope, cheffe de la Première Nation Na-Cho Nyäk Dun, et celui de la Première Nation Tr’ondëk Hwechin, Hähkè Darren Taylor, ont souligné la nécessité d’améliorer l’exploitation et l’exploration minières, en mettant l’accent sur un partenariat réel avec les Premières Nations locales.
Mme Hope a rappelé que, bien que l’exploitation minière soit indispensable pour les ressources modernes, elle doit être pratiquée de manière responsable, en respectant la valeur des ressources, plutôt que de permettre à quelques individus de réaliser des profits colossaux tout en laissant les conséquences environnementales et financières à la communauté.
« Certaines nations, par exemple la Première Nation de Selkirk, cherchent à être plus actives dans le dossier de l’exploitation minière. Certaines nations sont profondément préoccupées par les risques de l’exploitation minière. Par exemple, la mine Eagle en inquiète plus d’un », admet le ministre.
Quelle voix pour les communautés?
Les Premières Nations concernées sont consultées tout au long de la prospection et de l’exploitation minières, assure le gouvernement du Yukon.
Plusieurs traités modernes ont été signés et révisés au cours des dernières décennies. Entre 1993 et 2005, onze des quatorze Premières Nations du Yukon ont signé des traités modernes. Ces accords leur donnent le pouvoir de prendre des décisions et de faire des lois sur les affaires de leurs habitant∙e∙s et les terres concernées par ces accords, peut-on lire sur le site du gouvernement du Yukon.
« Dans certaines régions, où il n’y a pas d’accords définitifs, les Premières Nations n’ont jamais cédé leurs droits de propriété. Elles ont donc leur mot à dire sur les projets miniers », explique Sebastian Jones, analyste des poissons et de la faune à la Société de conservation du Yukon (YCS). « Dans les autres parties du Yukon, des processus comme le YESAB et l’Office des eaux du Yukon ont été créés pour intégrer les perspectives des Premières Nations dans la gestion des ressources. Cela distingue le Yukon d’autres régions du Canada, où de tels accords ou structures de cogestion sont moins courants. Au Yukon, nous pratiquons donc sérieusement ce que nous appelons la cogestion », résume l’analyste.
Des représentant∙e∙s du Conseil Ross River Dena (RRDC) ont participé à la conférence Roundup pour présenter leur processus d’évaluation Tu-Lidlini (TAP) aux entreprises. Ce processus oblige les entreprises souhaitant travailler sur le territoire du RRDC à soumettre leurs projets directement à la Première Nation, qui évalue les impacts sur la terre, la culture et la faune avant de donner son autorisation. Roberta Dick, conseillère du RRDC, a expliqué que le TAP comble les lacunes des autres méthodes d’évaluation, en assurant un véritable consentement de la communauté. Elle a souligné que les entreprises étaient respectueuses du processus, bien que les évaluations des Premières Nations ne soient pas exigées par le gouvernement du Yukon.
Nouvelle législation sur les minéraux
Le Yukon élabore une nouvelle législation sur les minéraux et une loi sur les terres publiques en collaboration avec les gouvernements des Premières Nations du Yukon et les groupes autochtones transfrontaliers.
Pour M. Streicker, « la législation minière que nous avons depuis plus d’un siècle est très ancienne. Elle ne tient pas compte des traités modernes avec les Premières Nations, de l’autonomie et d’autres questions de ce genre. »
« Je pense que nous voulons certainement nous assurer qu’il y a plus de contrôles et d’équilibres autour de la conformité, de la surveillance et de l’inspection, comme la capacité de voir ce qui se passe dans une mine, et d’attraper les erreurs avant qu’elles n’aillent très loin, afin qu’elles ne deviennent pas un gros problème, et qu’elles ne deviennent certainement pas un problème pour l’environnement », assure-t-il.
Pendant ses études de doctorat à l’Université du Yukon, Guillaume Nielsen, à droite, titulaire d’une chaire de recherche industrielle en décontamination des mines du Nord, a lancé une série d’ateliers de vulgarisation dans les écoles des communautés.
Vulgariser l’industrie minière auprès des jeunes dans les communautés
Répondant à une sollicitation de la Première Nation de Selkirk, Guillaume Nielsen, titulaire d’une chaire de recherche industrielle en décontamination des mines du Nord à l’Université du Yukon, a lancé une série de séminaires lors de son doctorat il y a une dizaine d’années. Ceux-ci visent à expliquer et à démystifier cette industrie et son impact dans plusieurs écoles des communautés. Des professionnel∙le∙s font également le déplacement, comme celles et ceux de l’Université du Yukon, du Conseil des Premières Nations du Yukon, de la compagnie minière Casino ou encore, de la mine Victoria Gold.
Le séminaire a été donné, entre autres, à des élèves de la 9e à la 12e année à Mayo, à Pelly Crossing et à Ross River. Le but est d’« enseigner sans prendre de parti, mais de parler aussi des challenges », explique M. Nielsen. Dorénavant, Vladimir Kabanov, professeur de recherche avec l’équipe de médiation minoritaire du Nord, s’en charge. Cette année, le séminaire se déroule à Faro.
Pour le scientifique, il est important de donner ce type de formation, car « c’est la nouvelle génération qui va grandir et qui sera décisionnaire dans sa communauté. Nous voulons donc élargir la compréhension et les connaissances que les communautés ont de l’industrie minière, de la science, mais aussi de la façon dont les choses fonctionnent. »
Les ateliers mettent l’accent sur la pratique en laboratoire et la visite de divers sites. Ils incluent également une visite à l’Université du Yukon.
Pour Dawn Collins, directrice de l’école Del Van Gorder à Faro, ces ateliers représentent une opportunité pour les élèves intéressé∙e∙s à l’assainissement des mines et à la qualité de l’eau. « Ces ateliers permettent d’avoir une meilleure compréhension de ce qui se passe dans nos communautés à Faro. Je pense que c’est très utile […] Cela permet également d’ouvrir un dialogue plus large au sein de la communauté. »
« Je pense que davantage de communautés devraient envisager de l’obtenir pour leurs écoles, compte tenu également de l’impact de l’industrie minière sur le Yukon », ajoute-t-elle.
Cliff Winter, enseignant en sciences et en mathématiques à l’école J.V. Clark à Mayo, abonde dans le même sens. Pour lui, assister à ces ateliers permet aux élèves de mieux comprendre et de répondre à certaines des questions liées à l’exploitation minière et à la remédiation.
Vladimir Kabanov, professeur de recherche avec l’équipe de médiation minoritaire du Nord, donne des ateliers de vulgarisation sur l’industrie minière dans plusieurs écoles dans les communautés du Yukon.
Nombre de projets d’exploration minière en cours dans chaque territoire traditionnel
● Première Nation de Carcross/Tagish : 3
● Première Nation de Champagne et d’Aishihik : 4
● Première Nation de Na-cho Nyäk Dun : 31
● Première Nation de Kaska Dena (Ross River et Liard) : 18
● Première Nation de Kluane : 6
● Première Nation de Kwanlin Dün : 5
● Première Nation de Little Salmon/Carmacks : 7
● Première Nation de Selkirk : 11
● Conseil des Ta’an Kwäch’än : 4
● Première Nation de Tr’ondëk Hwëch’in : 11
● Première Nation de White River : 24
Source : Gouvernement du Yukon
Cet article est le dernier d’une série traitant de l’industrie minière et de ses différents impacts au Yukon.
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