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le Jeudi 10 octobre 2024 7:52 Actualités

Myriam Bougie : du bénévolat pour l’éducation en français

La CNPF a remis le prix national Ghislaine-Pilon 2024 le 25 mai dernier à Myriam Bougie. De gauche à droite : Jocelyne Isabelle (ex-commissaire de la CSFY), Myriam Bougie, Jean-Sébastien Blais (président de la CSFY) et Gillian Anderson (présidente de la CNPF). — Photo : CNPF
La CNPF a remis le prix national Ghislaine-Pilon 2024 le 25 mai dernier à Myriam Bougie. De gauche à droite : Jocelyne Isabelle (ex-commissaire de la CSFY), Myriam Bougie, Jean-Sébastien Blais (président de la CSFY) et Gillian Anderson (présidente de la CNPF).
Photo : CNPF

Myriam Bougie a reçu le Prix national Ghislaine-Pilon 2024 de la Commission nationale des parents francophones (CNPF). Il lui a été remis en mai dernier pour souligner son dévouement communautaire dans la vie scolaire des jeunes francophones du Yukon. Elle-même maman de deux garçons, elle s’est impliquée dans l’éducation en français dès son arrivée au Yukon.

Myriam Bougie est superviseure du service de traduction-révision de la Direction des services en français du gouvernement du Yukon. Quand elle ne travaille pas ou qu’elle n’œuvre pas à l’avenir de l’éducation en français au territoire, elle campe, fait du kayak et part en randonnée.

Photo : Fournie

Tu es arrivée au Yukon en janvier 2017, depuis Joliette (Québec). Qu’est-ce qui t’a attirée ici?

M.B : Je ne connaissais pas du tout le Yukon. C’est un concours de circonstances! J’avais rencontré la superviseure de l’époque du service de traduction de la Direction des services en français [du gouvernement du Yukon] au Congrès de l’Ordre des traducteurs à Montréal en novembre 2016. Elle m’a vendu l’idée d’un stage en traduction de trois mois. C’était une occasion intéressante. Puis mon conjoint Richard ne travaillait pas cet hiver-là, ça fait qu’il m’a dit : « Vas-y, je vais être avec les gars tout l’hiver ». Tout s’est aligné.

Puis, ça a été la même histoire classique de beaucoup dans le fond. J’arrivais pour un contrat de trois mois. Pendant que j’étais là, le poste s’est ouvert de façon permanente. J’ai été encouragée à rester. Richard est venu passer une semaine ici pour voir si c’était aussi à son goût. Et on s’est lancé. J’ai passé toutes les étapes de la compétition pour le poste. Je l’ai eu. En juin 2017, je suis retournée au Québec chercher les enfants et préparer le déménagement. Richard nous a rejoints en septembre, dès qu’il a eu le poste de concierge à l’école.

Pourquoi avoir décidé de t’impliquer dans l’éducation en français?

M.B : La vraie raison pour laquelle j’ai commencé, c’était super égoïste. Je voulais comprendre la machine scolaire et le milieu dans lequel on évoluait. Je me suis dit « c’est facile d’arriver avec mes enfants qui parlent français déjà, pis de porter un jugement sur ce qui se fait ici. »

Dès la rentrée 2018-2019, je me suis investie dans le comité de parents de l’École Émilie-Tremblay, jusqu’à rejoindre celui du Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile-Mercier en 2021, quand mes garçons y sont entrés.

Au fil du temps, j’ai réalisé qu’il y avait une espèce de déconnexion – c’est un peu fort peut-être de le dire comme ça -, mais au comité de parents on ne voit pas vraiment la machine au complet. Si je voulais amener ça à un autre niveau, il me fallait une voix différente. Jocelyne Isabelle se retirait de son poste de commissaire à la CSFY et elle m’a un peu convaincue que c’était une bonne idée de me présenter. J’ai aussi parlé avec Jean-Sébastien Blais [président de la CSFY.]

Je me suis présentée aux élections de 2022 et ai été élue pour un mandat de trois ans.

En quoi est-ce important pour toi de t’impliquer dans l’éducation en français au Yukon?

M.B : C’est important pour moi parce que l’éducation de nos jeunes, c’est le cœur de ce qui va suivre. Qu’on le veuille ou pas, c’est à l’adolescence que les jeunes bâtissent leur identité. Je suis peut-être un peu trop concentrée sur le secondaire, je sais que la petite enfance c’est super important, qu’il y a plein de trucs qui sont mis en place pour ça, mais la tranche d’âge critique pour moi, c’est le début du secondaire. Il n’y a pas grand-chose pour vraiment les accrocher.

Je ne pense pas avoir fait une grosse différence en tant que commissaire toute seule dans ces rencontres-là sur ce point-là, mais d’avoir eu cette lentille-là, d’en parler et d’essayer de saisir les occasions, ben je me dis que c’est un petit pas dans la bonne direction. J’ai réalisé que ce n’était pas juste une question de volonté. Il y a une question mécanique aussi.

Que représente le Prix national Ghislaine-Pilon que tu as reçu en mai dernier?

M.B : J’ai été très surprise de recevoir ce prix. Je dois avouer que je connaissais la CNPF, mais peu ses activités. Je ne m’attendais pas à ça. J’ai vraiment été très flattée. Puis en fait, je suis contente, car c’est dur de réaliser ce que ça peut représenter pour les autres aussi. Puis juste ça, tu sais, il y a quelqu’un qui l’a vu, peu importe qui, peu importe d’où ça vient, quelqu’un a vu que je faisais des efforts, maladroits, biens, moins biens, mais que j’essayais quelque chose. Puis ça, je trouve ça vraiment cool.

Et la suite?

M.B : Je pense me représenter au poste de commissaire à la fin de mon mandat [automne 2025]. Honnêtement, je pense qu’on n’a pas encore fait le tour. Juste entrer dans le rôle, le comprendre, puis s’acclimater à la dynamique de tout ça, j’ai l’impression qu’on commence à peine à faire réellement concrètement quelque chose. Et pourtant il s’est passé plein de trucs.

Me représenter me donnerait une chance d’aller peut-être un petit peu plus loin encore.

Le prix national Ghislaine-Pilon de la Commission nationale des parents francophones (CNPF) est remis tous les ans pour souligner la contribution exceptionnelle d’une personne ou d’un organisme à l’avancement de la cause des parents francophones et au mouvement de parents.

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