le Mercredi 3 juin 2026
Loading membership data...
le Jeudi 27 juin 2024 7:42 Actualités

Suivre le cours du fleuve

Les pagayeurs et pagayeuses ont 50 heures pour rejoindre Whitehorse à Dawson, et un arrêt d’une dizaine d’heures est obligatoire à Carmacks. — Photo : Crystal Schick
Les pagayeurs et pagayeuses ont 50 heures pour rejoindre Whitehorse à Dawson, et un arrêt d’une dizaine d’heures est obligatoire à Carmacks.
Photo : Crystal Schick

Le départ de la Yukon River Quest de 2024 a été donné le 26 juin, au parc Rotary à Whitehorse. Près de 76 équipes pour un total de 128 pagayeurs et pagayeuses venant de douze pays différents vont suivre le cours du fleuve Yukon. Michelle Bousquet et Marc-André Chartrand sont parmi celles et ceux qui tenteront de rejoindre la ligne d’arrivée avant le 29 juin.

Selon Cynthia Onions, participer à la Yukon River Quest crée des liens forts.

Photo : John Howland

En 1997, un groupe de 50 personnes s’est tout d’abord rassemblé pour rejoindre Dyea (en Alaska) à Dawson. Le succès a été tel qu’en 1999, la toute première Yukon River Quest a vu le jour. « Je suis arrivée au Yukon en 1999, et avec mon mari on s’est dit qu’on allait voir, et peut-être faire la course. Ça fait maintenant deux ans que je coordonne la course », raconte Cynthia Onions, coordinatrice de l’événement.

Pour elle, le niveau de l’eau assez bas pourrait être un défi pour les pagayeurs et les pagayeuses. « Nous avons offert des ateliers pour apprendre à pagayer de manière sécuritaire, pour savoir comment rester en santé pendant la course, alors on pense qu’on aura un nombre plus grand de personnes qui finissent la course et qui ne s’arrêtent pas à Carmacks », met-elle de l’avant.

En effet, chaque année, il arrive que la course s’arrête à Carmacks pour certaines personnes, en raison de problèmes d’hydratation notamment. « Pour beaucoup, c’est la course la plus longue qu’ils et qu’elles puissent faire, alors leur but c’est simplement de finir à Dawson », indique la coordinatrice de la course.

Marc-André Chartrand, pagayeur dans l’équipe Wet Mondays, abonde en ce sens : « On aimerait juste finir, on va prendre ça relax. C’est une aventure de canot pour le fun! »

Pour Michelle Bousquet, le but est toutefois complètement différent. La pagayeuse solo vise le podium : « Cette course vient chercher toute mon expérience! Il n’y a que six femmes en kayak solo, alors j’aimerais être dans les trois premières », affirme la sportive de 48 ans.

« Camaraderie »

Pour Cynthia Onions, participer à la Yukon River Quest bâtit des amitiés. « Pas seulement dans les équipes! Je me souviens de ces deux hommes l’année dernière. Ils se sont suivis tout le long de la course, et sont arrivés presque en même temps. On a une super photo d’eux qui se donnent un fist bump! » se remémore-t-elle, tout sourire.

De son côté, Marc-André Chartrand précise qu’à l’heure d’écrire ces lignes, il n’a encore jamais réellement rencontré son équipe. « Je devais le faire en équipe une année, et ça a été annulé à cause du niveau d’eau. Je me suis de nouveau inscrit cette année, mais mon équipe n’était plus disponible. Les organisateurs m’ont mis avec des Australiens! », s’exclame-t-il.

Les Wet Mondays ont déjà fait quelques rencontres par Skype, mais les quatre hommes ont tout de même hâte de se voir. « Ils arrivent bientôt, alors on va aller faire une pratique tout le monde ensemble avant la course », ajoute le Franco-Yukonnais.

Ce n’est pas la première fois que la Yukon River Quest accueille une équipe de l’Australie. « L’année dernière, nous avons aussi eu une équipe de l’Australie, Good Company, et ils ont tellement aimé ça qu’ils nous ont envoyé une vidéo de leur parcours », ajoute Cynthia Onions.

Expérience unique

« J’ai découvert la course en 2018. J’ai de la famille à Whitehorse, et j’étais là pendant le départ », explique Michelle Bousquet, résidente du Québec. Après s’être renseignée sur la course, elle a décidé de « relever ce défi » et s’est inscrite.

« Je n’ai jamais fait de canot sur le fleuve Yukon. Je ne connais pas mon bateau puisque je le loue, et la portion du lac Laberge m’inquiète un peu. J’ai vu que ça pouvait être très venteux. Mais l’inconnu fait partie de l’aventure! », développe-t-elle, enjouée.

Pour Marc-André Chartrand, il est non seulement question de prendre du plaisir, mais aussi de sortir de sa zone de confort. « J’ai envie de le rayer de ma liste. Je n’aime pas l’eau en fait, donc ça va être intéressant! », indique le pagayeur de 30 ans dans un éclat de rire.

Selon la coordinatrice de la course, un autre élément s’ajoute à la liste des choses qui rendent l’expérience inoubliable. « Ça permet d’apprécier la beauté de la rivière, au niveau de l’eau notamment. Certaines personnes participent à la course plusieurs fois! Nous avons un prix pour celles et ceux qui l’ont fait sept fois et quatorze fois », déclare-t-elle.

L’année prochaine, la course célébrera ses 25 ans et, à l’occasion, plusieurs changements vont être apportés. « On va notamment revoir notre système d’inscriptions », conclut Cynthia Onions.

Les commentaires s'afficheront une fois que vous aurez atteint la fin de l'article.