le Mercredi 15 juillet 2026
Loading membership data...
le Jeudi 21 mars 2024 7:57 Actualités

Des nouvelles de l’après-Yukon

  Photos : Fournies
Photos : Fournies

Beaucoup de personnes se sont impliquées auprès de la communauté franco-yukonnaise lors de leur passage au pays du soleil de minuit. Voici le huitième volet d’une série de portraits, pour en savoir plus sur ce que ces personnes sont devenues après avoir quitté le Yukon.

Sylvie Painchaud et Clement Boudreau

Photo : Fournie

La communauté franco-yukonnaise continue de grandir en nombre. Elle est alimentée par les naissances locales, mais surtout par l’arrivée toujours constante de nouvelles personnes de tout âge en quête d’un emploi ou d’aventure.

Selon une étude menée en 2010 par l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, la durée moyenne de séjour au Yukon varie entre quatre et cinq ans avant que les individus ne prennent la décision de retourner dans leur lieu d’origine ou ailleurs de façon temporaire, sporadique ou permanente.

Sylvie Painchaud

Sylvie Painchaud arrive en sol yukonnais le 24 décembre 2008, accompagnée de son conjoint et de ses deux fils. La famille, qui désirait à l’époque s’exiler toute une année, avait alors quitté le Québec pour mettre le cap vers le Nord.

Cette parenthèse d’un an s’est étirée en plusieurs années pendant lesquelles les garçons fréquenteront l’École Émilie-Tremblay et son conjoint, Clément Boudreau, travaillera à l’École élémentaire Whitehorse. Sylvie Painchaud aura travaillé tour à tour à la Commission scolaire francophone du Yukon, aux programmes de français du ministère de l’Éducation ainsi qu’à la Direction des services en français du gouvernement du Yukon.

Au moment de quitter le territoire, Sylvie Painchaud occupe le poste de directrice générale du Conseil des ministres sur la francophonie canadienne. Elle travaille d’ailleurs toujours pour cet organisme de collaboration intergouvernementale axé sur le développement et la promotion des services en français à l’échelle nationale.

Lors de ses années au territoire, on retrouve également Sylvie Painchaud régulièrement sur la scène musicale yukonnaise. Elle prend plaisir à jouer et à interpréter ses compositions uniques et touchantes. Mais, en 2020, alors que la pandémie transformait radicalement le quotidien de la planète entière, la famille décide de refaire ses bagages et de quitter le Yukon.

Aujourd’hui, Sylvie Painchaud habite avec son conjoint aux Îles-de-la-Madeleine. Il s’agit d’un retour aux sources en s’installant ainsi auprès de la famille. Leur fils Gabriel y travaille comme instructeur à l’école de cirque tout en continuant de composer sa musique, alors que leur fils aîné Émilien étudie en droit à l’Université de Sherbrooke.

Sylvie Painchaud dit s’ennuyer énormément du Yukon, car là-bas, elle sentait que les gens étaient considérés d’abord et avant tout comme des êtres humains faisant fi de leur statut social ou du poste qu’ils occupent. Elle souligne également la grande qualité des liens d’amitié nordique qu’elle y a tissés. « Dans un monde idéal, j’aimerais pouvoir habiter une partie de l’année au Yukon et l’autre aux Îles-de-la-Madeleine », lance-t-elle en riant.

Réjean Babineau

Photo : Fournie

Réjean Babineau

Originaire d’Acadieville au Nouveau-Brunswick, Réjean Babineau est arrivé au Yukon en novembre 1994. Il avait alors la jeune trentaine et était prêt à occuper le poste de conseiller législatif bilingue pour le ministère de la Justice du gouvernement du Yukon. C’est toutefois le choc thermique qui frappe le jeune homme dès son arrivée au Yukon. Ce jour-là, il faisait noir et très froid… -40 degrés Celsius.

Réjean est convaincu dès cet instant qu’il n’arrivera jamais à s’adapter à ce climat nordique. Devant ce constat, il s’était alors promis qu’il n’y habiterait pas plus de deux ans. Pourtant, comme bien d’autres, il tombera sous le charme du territoire et finira par y habiter pendant de nombreuses années.

Lorsqu’il quitte le Yukon en 2007, Réjean décide de s’installer cette fois-ci à Vancouver et d’y travailler comme avocat pour le ministère de la Justice du gouvernement fédéral.

Aujourd’hui, il occupe toujours cette fonction et, depuis quelques années, sa tâche consiste à vérifier et à réviser les traductions des versions en français des traités avec les Premières Nations. À son grand bonheur, son emploi l’amène parfois à retourner au Yukon pour y travailler quelques jours.

Lorsqu’il parle de ce lieu nordique, Réjean s’empresse de souligner la qualité des amitiés qu’il y a développées. « Même après quinze ans de résidence à Vancouver, mes liens d’amitié n’ont pas la même valeur que ceux développés au Yukon. Ça me donne donc moins envie de m’amarrer en Colombie-Britannique. Au Yukon, beaucoup de gens qui y habitent viennent d’ailleurs. Je crois que ça explique la raison pour laquelle on y tisse spontanément des liens très forts, voire familiaux avec nos amis. »

Kawina Robichaud

Photo : Fournie

Kawina Robichaud

Kawina Robichaud était toute jeune lorsque sa famille a décidé de quitter le Québec pour s’installer au Yukon. C’était en 1993 et, dès son arrivée au territoire, elle a intégré la 4e année à l’École Émilie-Tremblay d’où elle a terminé ses études secondaires.

La jeune femme a ensuite décidé de continuer sa route sur le chemin postsecondaire en obtenant tout d’abord un diplôme en études nordiques au Collège du Yukon, puis une maîtrise en biologie à l’Université Concordia et, finalement, un doctorat en sciences et biologie à l’Université de Montréal.

À travers sa recherche doctorale, elle s’est attardée sur la bioremédiation des sols en milieu nordique et sur les ressources locales disponibles pour traiter les hydrocarbures pétroliers et autres contaminants qu’ils contiennent. En d’autres mots, la chercheuse s’est intéressée aux procédés de nettoyage de contaminants dans le sol par l’utilisation de la biodiversité des organismes vivants tels que les champignons. On peut d’ailleurs visionner la présentation de la recherche de Kawina Robichaud à travers la série TEDxQuébec diffusée en ligne.

Il y a environ cinq ans, Kawina décide de quitter le Yukon afin de s’établir au Québec de façon définitive. Elle y travaille comme chercheuse scientifique pour l’entreprise Biopterre.

Malgré la distance qui la sépare désormais du Yukon, ce dernier continue d’occuper une place importante dans son cœur. « J’y ai là-bas à la fois ma famille biologique et ma famille élargie composée de mes liens d’amitié. Le Yukon, c’est chez moi et c’est sûr que j’y retournerai y habiter un jour. »

Les commentaires s'afficheront une fois que vous aurez atteint la fin de l'article.