La communauté franco-yukonnaise continue de grandir en nombre. Elle est alimentée par les naissances locales, mais surtout par l’arrivée toujours constante de nouvelles personnes de tout âge en quête d’un emploi ou d’aventure.
Selon une étude menée en 2010 par l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, la durée moyenne de séjour au Yukon varie entre quatre et cinq ans avant que les individus ne prennent la décision de retourner dans leur lieu d’origine ou ailleurs de façon temporaire, sporadique ou permanente.
Paulette Comeau
C’est en 1996, du haut de sa jeune vingtaine, que Paulette Comeau arrive au Yukon avec sa bonne amie Jocelyne Leblanc après avoir passé quelques mois à Vancouver.
Pendant ses années yukonnaises, Paulette a occupé différentes fonctions, comme graphiste pour le journal The Horse’s Mouth et agente de projet Arts, culture et jeunesse pour l’Association franco-yukonnaise. Depuis 2007, elle travaille comme graphiste pour le journal yukonnais What’s up Yukon. Un contrat qu’elle peut remplir à distance malgré les kilomètres qui la séparent désormais du Yukon.
Car Paulette et son compagnon de vie habitent désormais dans le village de Grande Digue situé à une vingtaine de minutes de la ville de Moncton, au Nouveau-Brunswick. La décision de quitter le Yukon permettait au couple de se rapprocher de leurs familles vieillissantes respectives dispersées entre l’Ontario et le Nouveau-Brunswick et, dit-elle, de vivre des étés plus longs.
Aujourd’hui, en plus de son contrat de graphiste, Paulette continue de développer sa pratique artistique en arts visuels et travaille dans un verger local. Lorsqu’elle pense au Yukon, elle réalise à quel point elle s’ennuie des amitiés qu’elle a laissées derrière elle. Elle confie également à quel point ses années yukonnaises lui ont donné la capacité de rêver et surtout de croire en elle. « Ma vie adulte s’est développée au Yukon. En habitant aujourd’hui dans l’Est, je retourne à mes racines en me rapprochant de mes parents. »
Janice Durant
Originaire du Nouveau-Brunswick, Janice se souvient être arrivée au Yukon au milieu des années 1990. Elle était nourrie à cette époque par un désir d’aventure, mais surtout par le besoin de trouver un endroit où vivre, un lieu qui allait résonner en elle. Le Yukon répondait alors à ses attentes.
Au fil des ans, Janice a été tour à tour bibliothécaire dans les écoles yukonnaises – dont l’École Émilie-Tremblay -, chocolatière, journaliste pour l’Aurore boréale et elle a travaillé avec l’équipe des programmes en français au ministère de l’Éducation du gouvernement du Yukon.
Près de 30 ans plus tard, Janice a quitté le Yukon à la fin de l’été 2022 pour retourner vivre à Moncton et se rapprocher ainsi de ses parents vieillissants. Elle travaille dans un centre culturel acadien comme gestionnaire pour l’Association acadienne des artistes professionnel·le·s du Nouveau-Brunswick, organisme qui a pour but de promouvoir le statut de l’artiste et d’intégrer les arts et la culture dans la société acadienne.
Elle profite également de son nouveau milieu de création pour faire le grand saut et publier ses poèmes, avec une première apparition de ses écrits dans la revue acadienne de création littéraire Ancrages en automne 2022.
Malgré la distance, le Yukon demeure pour Janice un endroit précieux pour ses paysages et les amitiés qu’elle a développées. « J’aimerais être à plusieurs endroits en même temps, c’est-à-dire à la fois au Nouveau-Brunswick et au Yukon », lance-t-elle en riant. « Mais en ce moment, j’ai le sentiment d’être au bon endroit dans ma vie. Être chez soi est un concept où l’espace et le temps s’unissent. À Moncton, j’ai l’impression d’être chez moi, donc à la bonne place au bon moment. C’est d’ailleurs le même sentiment que j’ai vécu lorsque je me suis installée au Yukon il y a plus de 25 ans », confie-t-elle.
Johanne Moreau
L’histoire yukonnaise de Johanne Moreau, originaire du Québec, a débuté en 2003. Cette année-là, elle se rendait à Ottawa pour assister à un colloque sur les garderies francophones hors Québec. Ce voyage éclair a porté ses fruits puisque quelques mois plus tard, cette éducatrice de formation au parcours impressionnant en petite enfance prenait la route pour le Yukon afin de travailler à la Garderie du petit cheval blanc.
Elle y travaillera avec le groupe des enfants de 18 mois, jusqu’en 2019 au moment de sa retraite. À l’été 2022, elle quittera le Yukon alors que les premiers enfants dont elle s’est occupée à son arrivée terminaient leurs études secondaires à l’École Émilie-Tremblay (Académie Parhélie). La boucle étant bouclée se plaît-elle à dire, elle pouvait reprendre la route vers l’Est.
La décision de quitter le territoire pour retourner habiter au Québec s’est prise afin de se rapprocher de sa mère âgée, de ses enfants ainsi que pour continuer de vivre dans un environnement francophone.
Grande passionnée de voyages, Johanne continue ses déplacements d’un bout à l’autre du globe à travers différents projets communautaires. Elle s’implique également bénévolement au sein d’organismes à but non lucratif de son village de Saint-Apollinaire situé tout près de la ville de Québec.
Malgré son éloignement du Nord, Johanne continue d’entretenir ses liens d’amitié yukonnais qui demeurent à jamais très précieux. « Le Yukon fera toujours partie de moi. Ça demeure à jamais chez moi dans mon cœur », avoue-t-elle.
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