Yukon Summer Landscape d’Aurore Favier
« Je travaille beaucoup l’upcycling [le surcyclage] et cette matière que j’aime beaucoup, le carton. Donc, il va y avoir des collages avec du carton, des maquettes en carton lumineuses, des genres de mosaïques en carton avec des recherches de textures », résume l’artiste.
« Ça change un peu de d’habitude parce que j’ai plutôt exposé mes sculptures en papier mâché ou mes illustrations et là, j’avais vraiment envie de mettre l’accent sur le carton et montrer aussi qu’on peut réutiliser ce matériau et faire de belles choses avec », ajoute-t-elle.
Pour son exposition, intitulée « Cardboard Tales », Aurore Favier utilise exclusivement des matériaux récupérés, notamment des cartons, sans acheter d’autre matériel, excepté de la colle. L’artiste explique qu’elle a récupéré des cartons auprès de son voisinage, au travail, dans des épiceries ou lorsqu’elle se promène.
Aurore choisit les cartons en fonction de leur épaisseur, couleur et texture. Elle souhaite mettre en valeur ce processus de récupération dans son travail.
De la France au Yukon
Aurore Favier est artiste à son compte depuis 2016, en France, où elle donnait plusieurs ateliers et exposait ses œuvres. « Je travaille avec du papier mâché depuis très jeune. J’en faisais quand j’étais enfant pour le plaisir », partage-t-elle.
« J’en ai fait beaucoup ensuite parce que j’étais animatrice en centre aéré. C’est une matière que j’aime beaucoup parce qu’en fait, du carton et des journaux, on en trouve partout. Ce sont des déchets qui sont en grande quantité. Les journaux, tout ce que vous ne distribuez pas, ça reste. Ici, les gens s’en servent beaucoup pour le feu, mais en France, il y a quand même pas mal de choses qui sont jetées. J’aimais beaucoup garder ça et j’en ai fait un métier. »
Aurore Favier est une artiste francophone multidisciplinaire. L’ensemble de ses œuvres peut être consulté sur le site Web Papery Moose : https://www.paperymoose.com/
Aurore Favier arrive au Yukon en 2021. « J’ai de la famille qui est à Québec, à Montréal. J’avais toujours eu envie de venir au Canada, mais mon partenaire a trouvé du travail dans le Yukon et m’en a parlé. Finalement, je suis venue et je suis tombée amoureuse du territoire. J’adore le Yukon et c’est très inspirant pour plein de choses. J’ai bien envie d’y rester, de montrer mon art ici et d’en vivre complètement. »
Aujourd’hui, elle alterne entre ses activités artistiques et son métier de designer graphique. « Ça me permet de trouver un équilibre financier dans les moments où c’est plus difficile. »
Elle vit en dehors de Whitehorse entourée de nature. « C’est inspirant pour moi le Yukon parce que ça me permet d’être dans ma bulle comme je ne pouvais pas forcément l’être quand j’étais en France. J’étais dans une grosse ville, à Lyon, avec les ateliers et la boutique. J’étais sans cesse en train de faire des événements. Du coup, je passais parfois moins de temps à créer alors qu’ici, j’ai la chance de pouvoir m’isoler dans mon atelier, de pouvoir créer, de donner vie à tout ce que j’ai en tête. »
« Je trouve qu’on a de la chance dans le Yukon parce que la communauté est quand même assez ouverte à l’art. Comme c’est une petite communauté, on peut connaître les gens, on peut parler de notre art. J’ai l’impression que ça a plus d’impact que dans les grandes villes où tu es anonyme. »
Pour cette exposition solo, l’artiste Aurore Favier a créé ses œuvres d’art avec des matériaux récupérés.
Multiples projets
À l’avenir, Aurore Favier aimerait développer des ateliers en lien avec le papier et le carton pour « sensibiliser les gens à récupérer des choses et à montrer qu’on peut faire plein de choses avec le papier et le carton. »
C’est d’ailleurs en partie le but de son exposition. « C’est pour ça que je l’ai appelée “Cardboard Tales”. Je trouvais que “cardboard” ce n’était pas un mot très sexy, et “tales” raconte tout un tas de choses. Je trouvais que mettre les deux ensemble, ça montrait qu’on peut faire du beau avec du moins beau. J’ai vraiment envie de mettre ce matériau en lumière. »
En plus, l’artiste réalise plusieurs projets d’illustration de livres pour enfants. « En ce moment, je suis sur des livres pour enfants, dont un en anglais avec quelqu’un de local. »
Elle informe également avoxir plusieurs projets de sculptures en papier mâché. « Je voudrais produire pour les marchés. Il va y avoir des marchés au printemps, et donc, je refais un petit peu mon stock de papier mâché. »
Aurore Favier a également réalisé le panneau du nouvel immeuble, baptisé le bâtiment Flo, de l’organisme Les Essentielles.
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