le Jeudi 27 août 2026
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le Jeudi 27 août 2026 7:54 Éducation et jeunesse

La rentrée, c’est plus que des stylos à prévoir

La salle sensorielle est équipée pour pouvoir sauter, grimper ou courir, mais elle regorge également d’éléments de douceurs. « Son but est surtout d’identifier ce qui fonctionne bien pour les enfants, ou les adultes », explique Sydney Born, employée de Autism Yukon. Elle rappelle qu’il faut appeler avant si on souhaite utiliser la salle « car les besoins des personnes peuvent parfois être très opposés et on veut que chaque personne puisse avoir la salle pour ses propres besoins. » — Photo : Maryne Dumaine
La salle sensorielle est équipée pour pouvoir sauter, grimper ou courir, mais elle regorge également d’éléments de douceurs. « Son but est surtout d’identifier ce qui fonctionne bien pour les enfants, ou les adultes », explique Sydney Born, employée de Autism Yukon. Elle rappelle qu’il faut appeler avant si on souhaite utiliser la salle « car les besoins des personnes peuvent parfois être très opposés et on veut que chaque personne puisse avoir la salle pour ses propres besoins. »
Photo : Maryne Dumaine

Les listes scolaires nous rappellent les cahiers à acheter, les crayons à tailler et le sac à dos à préparer. Mais la rentrée ne se prépare pas seulement avec du matériel. Pour beaucoup d’enfants, d’autres éléments sont essentiels dans cette transition : retrouver une routine, apprivoiser les émotions, bouger, dormir suffisamment, se concentrer ou simplement reprendre ses repères dans un nouvel environnement.

Le Partenariat communauté en santé, au Centre de la francophonie, propose des trousses et des livres qui pourront aider à comprendre ou gérer des défis de la rentrée, comme l’anxiété, le sommeil ou les besoins spéciaux.

Photo : Maryne Dumaine

Chaque enfant vit cette transition de façon unique. Parfois, le retour en classe sera synonyme d’enthousiasme, d’autres fois, il pourra apporter de l’inquiétude, de la fatigue ou un sentiment de débordement. Les changements d’horaire, de classe, d’enseignant·e ou de camarades peuvent demander un temps d’adaptation.

Le sommeil, une routine à réapprivoiser

La Société canadienne de pédiatrie rappelle que le sommeil joue un rôle important dans l’attention, l’apprentissage, l’humeur, le comportement et les interactions sociales. Le retour à une bonne routine du sommeil mérite donc une place dans la période de la rentrée des classes. « Sans dire que tout le monde est pareil, on peut quand même dire que, en général, c’est très important de retrouver une routine de sommeil avant la rentrée pour tous les enfants, mais en particulier pour les enfants neurodivergents ou autistes », estime Sydney Born, de l’organisme Autism Yukon.

La prévisibilité est la meilleure amie de la rentrée!

La prévisibilité peut également être un précieux allié, selon elle. Quelques jours avant la rentrée, on peut commencer à rapprocher graduellement l’heure du coucher et du lever de celle de l’année scolaire. Si cela n’a pas été fait avant, les fins de semaine sont encore propices, en maintenant un horaire similaire à celui de l’école. Sydney Born mentionne que la communication est essentielle pour expliquer aux enfants, quel que soit leur âge, quelles sont les attentes des adultes. « Expliquer que demain, ou la semaine prochaine, puis tel et tel jour, on va devoir se lever à telle heure, et se coucher à telle heure, ça aide pour la prévisibilité. »

Préparer les vêtements et le sac la veille, repérer la classe ou simplement parler de ce qui se passera dans les prochains jours peut rendre l’inconnu plus familier. Le Child Mind Institute recommande notamment des « répétitions » pour les enfants qui appréhendent particulièrement le retour à l’école. Si, au Yukon, l’école a déjà repris le 24 août dernier, cette stratégie peut fonctionner pour les enfants qui vont débuter la garderie, par exemple.

Sydney Born rappelle qu’Autism Yukon propose des ressources en français.

Photo : Maryne Dumaine

Mme Born ajoute qu’il peut être aussi intéressant pour les parents d’enfants neurodivergents d’aller voir la classe avec l’enfant, même après la rentrée. « L’enfant peut ainsi expliquer ce qui fonctionne bien pour lui ici, ou ce qui ne fonctionne pas pour lui là. Et rencontrer et bien communiquer avec le personnel enseignant, c’est très important aussi », estime la spécialiste en besoins spéciaux.

Des besoins spéciaux qu’il ne faut pas négliger

Toujours selon le Child Mind Institute, pour certains enfants, particulièrement ceux et celles qui vivent avec de l’anxiété, un TDAH, l’autisme ou des sensibilités sensorielles, les transitions peuvent être plus exigeantes. Des outils simples peuvent alors faire une grande différence : un horaire visuel, un décompte avant un changement, des consignes données une étape à la fois, une visite préalable des lieux scolaires ou de nouvelles activités extrascolaires, des outils pour bouger ou encore un endroit calme où se retirer lorsque l’environnement devient trop stimulant.

Autism Yukon propose notamment la salle sensorielle de leurs locaux, dans laquelle le Partenariat communauté en santé (PCS) a offert certains équipements. Cette salle, à la fois adaptée pour libérer de l’énergie (sauter, courir ou grimper) ou pour faire le plein de calme (lumière douce, coins de repos), peut être réservée auprès de l’organisme. « On peut faire plusieurs réservations, par exemple, pour venir un peu après l’école, ou, pour les personnes qui peuvent, pour sortir l’enfant de l’école pendant la journée pour venir passer un peu de temps ici. »

L’organisme recommande aussi de visiter cette salle, ou leur local, pour voir quels outils peuvent aider les enfants (ou les adultes). Deux employées pourront vous y répondre en français.

« En période de rentrée scolaire, cette stratégie de découverte sensorielle peut être utile pour identifier quoi acquérir pour faciliter les transitions ou limiter les stimulations, comme des casques d’insonorisation ou des peluches lourdes », donne en exemple Mme Born.

Ces stratégies peuvent d’ailleurs être utiles à bien d’autres enfants. Il ne s’agit pas de demander à tous les enfants de fonctionner de la même manière, mais de leur donner les outils dont ils et elles ont besoin pour participer pleinement à la vie scolaire.

Des émotions dans le tapis

Les émotions, elles aussi, risquent d’être « sans dessus dessous » dans les premiers jours. Un enfant peut être heureux de retrouver ses camarades et avoir peur de sa nouvelle classe en même temps. « On peut simplement l’écouter, mettre des mots sur ce qu’il ressent et lui rappeler qu’il n’a pas besoin de tout maîtriser dès les premiers jours », estime Sydney Born. « C’est important de dire aux enfants, autistes ou pas, qu’il n’y a pas besoin de mettre un “masque”, surtout à la maison. Mais c’est aussi important de se souvenir que le soir, les enfants vont être très fatigués, et auront parfois beaucoup d’émotions. »

Le centre de ressources du PCS, situé dans le Centre de la francophonie, regorge de livres et de trousses qui pourront aussi aider vos jeunes à traverser cette étape pleine de nouveautés. Autism Yukon propose aussi une impressionnante bibliothèque. « J’encourage vraiment les parents à venir emprunter des livres », insiste Sydney Born.

Alors, après avoir coché toutes les cases de la liste scolaire, peut-être faudra-t-il ajouter quelques éléments moins visibles : du sommeil, du mouvement et beaucoup de communication, afin de commencer l’année avec le sac rempli de confiance.

IJL – L’Aurore boréale

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