L’Université du Yukon s’apprête à entamer une autre année d’apprentissage, de découvertes et de recherches. Voici deux personnes qui accompagnent ces étudiant·es dans leurs parcours.
Jeanelle Julien est directrice de l’École de la santé, de l’éducation et des services sociaux et communautaires à l’Université du Yukon.
Jeanelle Julien : l’enseignement avant tout
Jeanelle Julien est directrice de l’École de la santé, de l’éducation et des services sociaux et communautaires à l’Université du Yukon. Elle est née à Montréal, mais sa famille vient de Trinité-et-Tobago. Son grand-père a fait le trajet en premier vers Montréal et il était professeur de français. La famille a déménagé à Toronto quand Jeanelle avait dix ans. Sa mère ne parle pas le français, mais a encouragé sa fille à apprendre et à parler la langue de Molière.
La jeune Jeanelle est allée à l’école en immersion française à Montréal et à Toronto jusqu’à la fin de son secondaire. Elle a fait ses études universitaires en anglais en Ontario dans le domaine de la petite enfance. Elle a fait également un baccalauréat en développement de l’enfance et une maîtrise en leadership, avec une spécialisation en leadership institutionnel. Elle a commencé à enseigner en 2008 en français au Collège Boréal à Toronto à temps partiel dans le programme de la petite enfance. Elle a également travaillé dans trois postes différents au Centre francophone de Toronto pendant 15 ans.
Elle est arrivée au Yukon en août 2017 pour une année et demie. C’était un moment de transition pour elle. Elle a travaillé au gouvernement du Yukon aux Services à la famille et à l’enfance pour la mise en place du programme de soutien parental à travers le territoire. « Après quelques mois, je savais que j’allais rester ici. Je suis venue pour l’aventure. Ma première année, c’était comme si on me payait pour être en vacances. Je travaillais, mais j’avais la chance de voyager à travers le territoire, de voir la beauté. C’était absolument extraordinaire! », se rappelle-t-elle.
Elle a commencé à enseigner à l’Université du Yukon en 2018 à temps partiel et est à temps plein depuis trois ans. Bien qu’elle s’occupe beaucoup de l’administration, elle enseigne en éducation préscolaire quand elle peut se le permettre. « C’est un poste de prof et moi, j’aime trop enseigner. Je ne veux pas lâcher l’enseignement. À l’automne, je vais enseigner. Pour moi, être prof, c’est un privilège. Pour être capable d’enseigner, il faut que tu développes une relation de confiance avec les étudiant·es », explique Mme Julien.
« J’aime ça travailler en équipe et pour des équipes. C’est une de mes forces. Bien que l’administration consiste en des papiers, des chiffres et des budgets, c’est aussi des personnes. Avec chaque personne c’est “qu’est-ce que tu as besoin pour être capable de bien faire ce que tu veux faire et de vivre ta passion”. L’administration, c’est pour être capable de donner les ressources nécessaires à mon équipe. J’ai commencé ma carrière dans le multidisciplinaire, donc j’aime ça jongler avec plusieurs dossiers et plusieurs tâches en même temps. Je crois fermement que les personnes sont au cœur de la communauté », termine Mme Julien.
Benoit Turcotte est chercheur au Centre de recherche de l’Université du Yukon.
Benoit Turcotte : travailler par projet
La dynamique est un peu différente pour Benoit Turcotte. En tant que chercheur, il est un peu indépendant de l’année universitaire. Il est employé de l’Université du Yukon, mais il est payé par projets. « Le Centre de recherche (YRC) est une entité qui fait partie de l’Université du Yukon. La façon dont nous fonctionnons est que certains de nos employés, de nos chercheurs au niveau de la direction sont payés par l’université, mais nous, comme chercheurs, on est payé majoritairement par des projets et des bourses. Si on n’a pas de succès à avoir des projets, on n’a pas d’emploi », mentionne-t-il.
Il ajoute que les chercheurs et chercheuses ont différentes occasions de travailler avec les étudiants et étudiantes de l’université. « Nous travaillons avec des étudiants d’été et des étudiants qui font des projets spéciaux avec nous où ils peuvent avoir un cours guidé avec crédit pour un projet qui, idéalement est associé à une des composantes d’un de nos projets de recherche. Certains chercheurs peuvent avoir une charge de cours pendant une session et plus fréquemment, on peut être invité par un professeur à donner un cours de présentation ou à amener certains étudiants sur des sites de recherche pour une visite de terrain. » M. Turcotte a un poste de professeur associé. Il cosupervise un étudiant qui fait son doctorat à l’Université de l’Alberta, mais qui est au Yukon.
Pour Benoit Turcotte, la rentrée à l’Université du Yukon signifie un changement d’étudiant·es. Avec les étudiant·es d’été qui quittent le campus, l’ambiance change. Le stationnement va se remplir, la cafétéria rouvre. Il va y avoir plus de vie sur le campus.
« Cette période-ci de l’année arrive un peu en même temps que le début de l’automne yukonnais. À partir de maintenant, les projets de recherche qui sont plus sur l’environnement prennent une autre tournure. Moi, mes projets de recherche sont plus centrés autour de l’hiver donc, je dois me mettre en mode faut que je mette mes instruments dans les cours d’eau avant que ça gèle », explique-t-il.
Père de trois enfants d’âge scolaire, il apprécie la flexibilité durant l’été où il peut prendre du temps pour aller camper avec la famille et profiter du beau temps. « Avec la rentrée, c’est aussi le temps de l’année où on retrouve une nuit et ça fait vraiment du bien. C’est également le retour de la routine, de l’horaire scolaire, une routine plus organisée », conclut-il.
IJL – L’Aurore boréale
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