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le Jeudi 27 août 2026 7:51 Économie

De Lancieux à Whitehorse, un été coup de cœur

Clémence Pelois est la quatrième étudiante de Lancieux à compléter un stage à Whitehorse. Cette dernière affirme que, malgré ses difficultés physiques, son travail à Icy Waters a été très éducatif et enrichissant. — Photo : Fournie
Clémence Pelois est la quatrième étudiante de Lancieux à compléter un stage à Whitehorse. Cette dernière affirme que, malgré ses difficultés physiques, son travail à Icy Waters a été très éducatif et enrichissant.
Photo : Fournie

Clémence Pelois, 18 ans, originaire de Lancieux, en France, a complété un stage à l’entreprise Icy Waters durant les mois de juillet-août 2026. Elle partage son expérience profondément marquante, qui pourrait bien donner envie à d’autres jeunes francophones de venir découvrir Whitehorse à leur tour.

C’est dans le cadre de ses études d’ingénieure en biologie que Clémence Pelois est venue au Yukon. « Je devais faire un stage ouvrier », explique-t-elle, « donc un stage où il faut faire un travail physique pendant un mois. Je voulais faire un stage à l’étranger, et j’ai décidé de venir à Whitehorse ». La jeune étudiante avait entendu parler du territoire par sa grand-mère, qui est elle-même en contact avec Marie Conan, l’organisatrice d’un jumelage entre Lancieux, une ville de la côte bretonne, et Whitehorse au Yukon. C’est avec leur soutien et celui de Yann Herry, responsable yukonnais du jumelage Lancieux-Whitehorse, que Clémence a finalement trouvé un stage à l’entreprise Icy Waters.

Pourquoi Whitehorse? D’abord parce que le Yukon représentait pour elle une occasion d’apprendre l’anglais. « Je parle très mal anglais, alors j’avais vraiment besoin de trouver un stage dans un endroit anglophone pour apprendre l’anglais ». Mais la langue n’est pas la seule raison qui l’a attirée au Yukon. Les paysages et la nature du territoire ont également piqué son intérêt pour le plein air. « J’adore la nature, les espaces sauvages, et surtout les animaux. Du coup, j’ai trouvé ça super, parce que je me disais que je pourrais travailler la semaine, et en fin de semaine, je pourrais justement aller faire de la randonnée et voir des animaux. »

La fin d’un séjour incroyable…

Lorsqu’on lui demande comment s’est passé son voyage, Clémence répond sans hésiter. « J’ai adoré le Yukon! » Les débuts n’ont toutefois pas été faciles, le travail demandant un temps d’adaptation. « Le stage était assez dur, alors j’ai eu beaucoup de mal au début. Je travaillais beaucoup, je n’avais pas beaucoup de pauses, et le travail était très physique. Je n’étais pas malheureuse, juste fatiguée. Par contre, après la première semaine, je m’endormais beaucoup moins et j’allais mieux. Je suis même maintenant en meilleure condition physique! » Une fois le rythme établi, Clémence a pu profiter pleinement de son séjour. Elle dit avoir été éblouie par la richesse naturelle du Yukon. « J’ai fait beaucoup de randonnée, de canot, plein d’activités que j’ai adorées. J’ai aussi pu voir beaucoup d’animaux sauvages, et ça, c’était vraiment un lien que je voulais faire, alors j’étais très contente. »

Son expérience lui a également permis de découvrir une communauté qu’elle décrit comme diverse, mais solidaire. « J’ai trouvé que la population était très diverse. Il y avait des peuples autochtones, mais aussi beaucoup d’immigrant·es. J’étais surprise de travailler avec des personnes qui venaient de plein de différents pays. Par contre, j’ai pensé qu’il y avait quand même un sens communautaire puissant. J’ai trouvé ça beau, parce que ça montrait que même avec les problèmes que peuvent poser la diversité et le communautarisme, ces personnes-là étaient capables de travailler ensemble, de construire ensemble, de vivre ensemble ». Cette découverte de la communauté yukonnaise s’est même étendue jusqu’à la place accordée au français. Clémence affirme avoir été impressionnée par les efforts déployés pour maintenir la francophonie dans un territoire majoritairement anglophone. « Même si, dans les faits, la plupart des personnes parlent anglais, j’ai trouvé bien qu’on essaie vraiment de développer la francophonie. »

À son retour en France, Clémence Pelois compte parler de son expérience à ses professeur·es et camarades de classe, et espère en encourager d’autres à découvrir le Yukon.

Photo : Fournie

… Et le début d’une vie transformée

Au terme de son temps passé au Yukon, Clémence Pelois repart avec beaucoup plus qu’une expérience professionnelle. « C’était mon premier voyage seule, et ça m’a beaucoup fait grandir, et j’ai atteint tous mes objectifs personnels. Culturellement, c’était aussi hyper enrichissant, j’ai appris plein de choses, et j’ai vraiment adoré ». L’expérience de Clémence s’inscrit par ailleurs dans une histoire qui a commencé il y a près de vingt ans. Marie Conan raconte que c’est le coup de foudre d’une autre jeune Française pour le Yukon en 2007 qui l’a incitée à développer des stages pour des jeunes à Whitehorse. « J’avais une étudiante en commerce international qui devait faire un stage dans une entreprise à l’étranger. On a fait un voyage à Whitehorse, et elle s’est dit “c’est formidable ici, j’aimerais revenir pour faire mon stage”. J’ai donc trouvé l’entreprise Icy Waters, et elle a fait son stage là-bas. »

Un paradis de nouvelles opportunités

Parmi tous les souvenirs qu’elle rapporte du Yukon, Clémence retient surtout la bienveillance de la communauté, un aspect qui l’a particulièrement marquée durant son séjour. « J’ai trouvé les gens vraiment ouverts et aimables. J’ai fait plein d’activités avec des gens que je ne connaissais pas à la base et qui m’ont amenée partout, m’ont accueilli chez eux… L’hospitalité des gens m’a vraiment touchée ». Pour Marie Conan, cette expérience représente bien plus qu’un simple séjour à l’étranger. Elle qualifie d’ailleurs le Yukon d’« une ouverture sur le monde. Souvent, quand on parle de la francophonie au Canada, les Français ne connaissent que Québec, alors là [en venant au Yukon], ils découvrent une nouvelle région magnifique ». Toutes deux recommandent vivement l’expérience à d’autres jeunes francophones. Et pour sa part, Clémence conclut avec la promesse qu’elle reviendra au territoire.

Rébecca Fico, 15 ans, est journaliste en herbe pour l’Aurore boréale.

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