Nicole Schafenacker est l’une des coéditrices de la nouvelle anthologie.
Urban Coyote est une anthologie de la littérature yukonnaise. La parution de la première édition remonte à plus de 25 ans. « Selon des données de Statistique Canada, la population du Yukon a connu une croissance importante depuis 2001, passant d’environ 28 000 habitant·es à plus de 48 000. Cette augmentation a également des répercussions sur le paysage littéraire avec de nouvelles personnes qui ont plus d’histoires à raconter et à partager. » Ainsi, une nouvelle édition de l’anthologie s’annonce pour l’année prochaine. Elle sera coéditée par Jeni Pineo-Dunn et Nicole Schafenacker, qui seront épaulées par un comité de sélection composé de cinq membres, dont une francophone, Annie Maheux. Bien que ce projet grand public se déploie principalement en anglais, il reste ouvert au multilinguisme.
Constance et changements
« Comment est-ce que le Yukon a changé? ». Annie Maheux affirme que « […] déjà, il y a 20 ans, on se posait cette question-là et Nicole (Schafenacker) a trouvé que c’était fascinant justement de se poser à nouveau cette question-là. »
Annie Maheux fait partie du comité de sélection de la nouvelle anthologie.
Comme le rappellent les coéditrices, « le Nord est en pleine transformation et il est intéressant de noter que cette affirmation était déjà inscrite au dos de la première anthologie d’Urban Coyote, parue en 2001 ». Elles ajoutent que « vingt-cinq ans plus tard, ces changements s’accélèrent ». Selon Mme Pineo-Dunn, « pour mieux cerner ces changements, il faut ouvrir l’appel à contributions aux langues autres que la langue anglaise. Parce qu’il y a une plus grande communauté francophone, il y a une grande communauté des Premières Nations, il y a une grande communauté philippine », ajoute-t-elle. Cependant, cette ouverture est limitée à la contrainte de disponibilité de traduction. Pour le moment, le comité de sélection peut traiter que des textes soumis en français, gwich’in, anglais, arabe, danois ou norvégien.
Pour ce qui est de l’avenir, Mme Pineo-Dunn espère que la renaissance des langues autochtones va encourager plus de soumissions en ces langues pour les prochaines éditions de l’anthologie.
Elle entrevoit aussi que le symbolisme du coyote urbain va rester une constante. Elle pense que c’est une image de la vie ici à Whitehorse et une juxtaposition de la nature indomptée et de la vie citadine. D’ailleurs, selon les chercheurs de l’Université de l’Ohio, le coyote urbain augmente sa longévité grâce à la proximité d’un centre urbain. L’anthologie reste donc ancrée dans sa tradition tout en se faisant héraut de nouvelles histoires.
Détails concernant les soumissions
Selon Mme Pineo-Dunn, « les personnes intéressées à participer devraient réfléchir à ce que signifie vivre au Yukon en 2026. Toutes les histoires sont les bienvenues, qu’elles soient étranges, sauvages, indomptables, sombres, difficiles, magiques ou tout simplement sur la vie quotidienne. »
Les personnes sont invitées à soumettre des textes qui offrent des perspectives diverses, explorent la singularité du quotidien au Yukon et racontent des histoires qui s’affranchissent de représentations conventionnelles du Yukon dans la littérature traditionnelle. La date limite de soumission des textes est le jeudi 2 juillet.
« Pour être admissibles, les personnes doivent résider actuellement au Yukon ou y avoir résidé pendant au moins une année complète au cours des cinq dernières années (y compris les résidents d’Atlin). Il n’est pas nécessaire d’être citoyen canadien ou résident permanent », conclut Mme Pineo-Dunn.
IJL – FDV – L’Aurore boréale
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