Le sous-sol du Centre de la francophonie s’est transformé en atelier artistique ce printemps dans le cadre du projet de la nouvelle murale.
Deux artistes aux couleurs locales
Maya Chartier et Aurore Favier ont été les artistes responsables de la création de la fresque. Les deux femmes ont de l’expérience en création de murales, mais c’était la première fois qu’elles en faisaient une aussi longue.
Maya Chartier explique que la division des tâches s’est faite de façon naturelle et organique. « On a vraiment travaillé ensemble à chaque étape du projet. On communiquait beaucoup. À chaque nouvelle étape, on se disait “toi, ça te tente de faire quoi? Moi, ça me tente de faire ça.” On a chacun fait au moins un élément par panneau, pour que nos styles soient un peu mélangés. Tout s’est vraiment bien passé. »
Les deux artistes se côtoient souvent dans des marchés artistiques et s’entraident régulièrement, mais c’était la première fois qu’elles travaillaient sur une œuvre ensemble. « On se complétait bien. Ç’a été vraiment un super plaisir de travailler avec une amie et quelqu’un qui a le même mode de travail. On a réussi à faire en sorte que nos styles se coordonnent. C’était super! », raconte Aurore Favier.
De l’idée initiale aux ateliers avec les écoles
Leur idée générale consistait en une représentation du fleuve et des saisons. Les artistes ont donc créé une liste d’éléments autour des activités et des symboles. La liste était assez longue et des choix ont dû être faits.
Avec leur liste épurée, elles ont visité l’École Émilie-Tremblay. Les élèves avaient neuf catégories de choses à dessiner. « Par exemple, il y avait leurs maisons, une activité qu’ils font en français, leur fleur préférée, leur animal préféré. C’était pour faire ressortir des éléments de leur vie comme francophone au Yukon. On a ensuite comptabilisé les idées sous forme de liste et on a gardé les dessins pour s’inspirer. Cela nous a aidées à faire des choix dans qu’est-ce qu’on allait décrire dans chaque panneau », explique Mme Chartier.
Les artistes ont ensuite invité un groupe de cinq élèves du CSSC Mercier à participer aux étapes préliminaires, comme le sablage, la peinture de l’apprêt, le transfert du sketch de base (le tracé du fleuve, des montagnes et des lacs) sur les panneaux et la peinture des couleurs de fond et du fleuve.
Par la suite, Maya Chartier et Aurore Favier ont travaillé pendant plusieurs semaines à peindre le reste de la murale. « La seule chose qu’on n’a pas peinte nous-mêmes au complet ce sont les petites maisons des villages. C’était vraiment la dernière étape du projet. On est allées nous-mêmes à Mercier avec deux des panneaux qui ont un village. Les mêmes élèves ont peint les maisons de ce village-là, en s’inspirant de leurs propres maisons ou des dessins qui avaient été faits par les élèves de l’École Émilie-Tremblay », explique Maya Chartier.
Les deux artistes espèrent que les gens pourront s’identifier à un ou à plusieurs éléments de la murale. « Nous voulions aussi illustrer le fait qu’il n’y a pas juste une identité franco-yukonnaise », exprime Maya Chartier. Aurore Favier renchérit : « il y a des gens qui viennent vraiment de partout et qui ont différents parcours. C’est une histoire qui s’écrit et c’est la richesse de notre communauté francophone. »
Stéphan Poirier (gauche) et Antoine Lacassie (droite) ont installé la nouvelle fresque.
Du côté de la SIFY
Antoine Lacassie est gestionnaire en infrastructure à la Société des immeubles franco-yukonnais. Son rôle dans le projet de la murale a été de coordonner le démontage de l’ancienne murale et l’installation de la nouvelle fresque.
C’était la première fois qu’il participait à un projet de cette envergure. Selon lui, il n’y a pas vraiment eu de soucis ou de surprises durant le processus. « La nacelle ne voulait plus démarrer le vendredi matin, mais ç’a finit par rentrer dans l’ordre. On a respecté les délais. La deadline c’était le vendredi soir et tout était en place au bon moment », explique-t-il.
Antoine Lacassie aime beaucoup la murale et la trouve très haute en couleur. « Avec les nuits polaires qui sont très longues, avoir une façade colorée comme ça apporte quand même un plus », conclut-il.
IJL – L’Aurore boréale
Les élèves du CSSC Mercier avec les artistes Maya Chartier et Aurore Favier.
Quelques éléments de la murale :
● La fresque représente l’histoire écrite et en devenir de la communauté franco-yukonnaise, transportée par un fleuve qui traverse les quatre saisons. Le fleuve sort d’un grand livre ouvert par des enfants. Ce livre représente la transmission à travers les générations de la richesse des cultures et de la communauté francophone du Yukon.
● Beaucoup d’éléments de la nature yukonnaise sont représentés, pour symboliser l’attachement des personnes aux écosystèmes qui nous entourent.
● Les activités saisonnières sont également représentées (cabane à sucre, arrivée des cygnes, pêche, traîneau à chiens, raquettes, cueillette de baies et de morilles), tout comme des activités culturelles emblématiques (musique, danse de can-can, journal l’Aurore boréale).
● La fresque reconnaît l’engagement de la communauté francophone envers la réconciliation avec la reconnaissance des territoires traditionnels des Premières Nations du Yukon, le tracé du vol d’un oiseau, un chandail orange et le slogan « Chaque enfant compte. »
● Les maisons colorées symbolisent la diversité et la richesse culturelle de la communauté franco-yukonnaise.
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