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le Jeudi 4 Décembre 2025 7:55 Culture

Le KIAC remporte le Prix Lacey

L’institut d’arts et de culture du Klondike est situé à Dawson au coin de la 2e avenue et de la rue Princess, au centre-ville. — Photo : Site Web du KIAC
L’institut d’arts et de culture du Klondike est situé à Dawson au coin de la 2e avenue et de la rue Princess, au centre-ville.
Photo : Site Web du KIAC

Le 18 novembre dernier, l’Institut des arts et de la culture du Klondike (KIAC), le centre culturel et communautaire à Dawson, a reçu le Prix Lacey 2025, accompagné d’une bourse de 50 000 $. Cette récompense est offerte tous les deux ans aux petites organisations artistiques canadiennes qui contribuent de façon essentielle, à l’échelle locale et nationale, à la vitalité culturelle canadienne.

« La décision a été unanime dès le début, ce qui est très rare », précise Josée Drouin-Brisebois, directrice du rayonnement national au Musée des beaux-arts du Canada et membre du jury de sélection pour le Prix Lacey.

« Non seulement la situation rurale et yukonnaise du centre a joué en sa faveur, mais la portée communautaire déjà existante et établie du KIAC a aussi été un élément décisif pour sa nomination », ajoute-t-elle. « Les critères [de sélection] ne sont pas écrits. […] C’était un échange de valeurs [des membres du jury] et c’est là qu’il y a vraiment eu un consensus [pour le KIAC]. »

Pour Capp Larsen, directrice des opérations du KIAC depuis plusieurs années, cette reconnaissance à l’échelle nationale lui rappelle qu’ils et elles ne sont pas seul·e·s. « Gérer un centre artistique si près de l’Arctique donne parfois l’impression d’être isolés au bout du monde, mais cette reconnaissance rappelle que nous faisons partie d’un vaste réseau solidaire d’artistes et d’organisateurs. »

L’équipe du KIAC n’a pas encore déterminé où cet argent sera investi. « L’investir dans les coûts opératoires élevés du centre serait préférable », selon Mme Larsen. « Néanmoins, il serait aussi important d’être créatifs dans l’investissement d’une partie de cette somme afin d’honorer cette reconnaissance », ajoute-t-elle. « KIAC est réellement un lieu unique qui allie tellement d’éléments différents, ce n’est pas seulement un centre communautaire. [Ce prix] est une opportunité pour réfléchir et revisiter nos 25 ans d’histoire. »

Un centre multidisciplinaire

Le KIAC de Dawson a ouvert ses portes dans un bâtiment historique rénové en 1999 sous la tutelle de la Société des arts de Dawson. Il est entre autres connu à l’extérieur du territoire pour le Festival international de courts-métrages de Dawson, qui reçoit des films de partout au monde. La galerie d’art ODD et la résidence d’artiste sont également des points d’attraction pour plusieurs créateurs des quatre coins de la planète et de diverses disciplines artistiques. Le centre sert aussi la population locale par ses nombreux ateliers et programmes dédiés au cinéma, à la musique, aux arts littéraires, visuels et performatifs et ses partenariats avec d’autres centres culturels au territoire, dont l’Association franco-yukonnaise.

Installé sur le territoire traditionnel et contemporain des Tr’ondëk Hwëch’in, le KIAC a reçu le nom hän de Dënäkär Zho (« maison des couleurs mélangées ») par le Conseil des aîné·e·s de la Première Nation des Tr’ondëk Hwëch’in. « Reconnaître les différentes communautés, reconnaître le lieu, et l’impact que KIAC a sur l’échelle locale et nationale, cela faisait partie des critères de sélection pour le Prix Lacey », précise Josée Drouin-Brisebois. Elle ajoute que « c’est vraiment un lieu mythique. C’est un lieu qui a beaucoup à offrir à plusieurs artistes […], dont j’ai entendu parler avant même de le visiter ». La directrice a elle-même visité Dawson et le KIAC il y a deux ans durant une visite de repérage artistique au Yukon.

En plus de la bourse, le KIAC accueillera la visite d’un·e conservateur·rice en art contemporain du MBAC, qui rencontrera également des artistes locaux dans leurs ateliers. « Nous sommes ouverts aux occasions de collaboration qui pourront émerger de cette reconnaissance nationale », confie la directrice Capp Larsen.

Les deux autres lauréats de cette 4e édition du Prix Lacey, Hearth, à Toronto, et daphne, centre d’art autochtone à Montréal, recevront chacun 20 000 $.

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