La galerie Arts Underground expose jusqu’au 1er novembre Mammoth Dreaming. L’artiste Joyce Majiski a reproduit des peintures rupestres représentant des mammifères du Pléistocène, inspirées de trois grottes, Rouffignac, Font de Gaume et Combarelle, qu’elle a visitées en France en 2023.
Depuis son arrivée au Yukon en 1984, Joyce Majiski se dit être fascinée par l’idée que les mammouths laineux et d’autres animaux, comme les bisons, les chevaux, vivaient au Yukon il y a plus de 30 000 ans pendant la période glaciaire.
En 1992, un squelette de mammouth est découvert dans une mine près de Dawson. Elle se rend alors au laboratoire de paléontologie du gouvernement du Yukon pour prendre des photos, puis réalise l’année suivante une série de photogravures du squelette.
Trente ans plus tard, elle se replonge dans ce projet à l’occasion de la réalisation d’un documentaire, Mammoth Hunters, auquel elle participe.
« Je voulais voir s’il y a des choses qui avaient changé », partage l’artiste. « Un des morceaux que j’ai écrits est des questions sur la Béringie. Pourquoi cette période s’est-elle arrêtée? Où sont allés les mammouths? Et toutes sortes de choses comme ça. Et depuis trente ans, j’ai les mêmes questions. Ils ne savent pas exactement ce qui s’est passé, mais il y a plus d’informations. »
« Par chance, j’ai eu l’occasion de travailler l’été passé avec les os du même mammouth. Ça, c’est très intéressant pour moi, parce que j’ai eu un jour des photos, mais c’est tout. J’ai passé quelques semaines dans le lab pour dessiner les os du même mammouth. »
Faits intéressants, le mammouth en question avait une dent extrudée et plusieurs vertèbres déplacées. « Je peux imaginer la douleur que ça faisait à l’animal », dit-elle.
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Monde interconnecté
Après ses études en biologie en Ontario, Joyce Majiski a entrepris un voyage de deux ans. Elle s’est installée ensuite au Yukon en 1984 et a occupé les postes de biologiste et de guide en milieu sauvage jusqu’au début des années 2000.
« Je travaille dans les thèmes de l’environnement, et toutes sortes de choses. Mais tout est interconnecté. Mon œuvre, ma vie, le travail que j’ai fait avant. »
« Nous sommes tous connectés dans notre planète avec l’air et l’eau. Depuis 16 ans, je fais des investigations sur l’eau dans le monde. » L’artiste s’est rendue en Europe, en Espagne, où elle s’est intéressée à la baleine, puis dans le désert marocain pour étudier l’eau.
Parlant aussi bien couramment le français, l’espagnol et sa langue natale, l’anglais, Joyce Majiski a été invitée dans plusieurs résidences d’artistes dans onze pays et a présenté ses expositions individuelles au Canada, au Mexique, aux États-Unis et en Europe.
En 2018, Joyce Majiski a présenté son exposition intitulée Catch of the Day, au Mexique, où elle a disposé une série d’objets retrouvés dans des filets de pêche. Elle invite le public à se questionner sur l’utilisation du plastique et sur la surconsommation.
« Pour moi, le plus important est d’illustrer la beauté de la nature. […] J’aime comprendre comment les choses fonctionnent… Les migrations, le changement climatique… tout est connecté. Rien ne vit en isolation. Et je veux poser des questions, qu’est-ce que l’on peut faire d’une meilleure façon, peut-on toucher le monde avec plus de douceur et les autres personnes. Prendre plus soin de soi et des personnes qui nous entourent. »
À l’avenir, Joyce Majiski a plusieurs idées de projets abordant le thème de l’eau. « L’une d’elles consiste à retracer le parcours des glaciers depuis leur formation à partir de l’eau atmosphérique (neige) jusqu’à leur transformation en rivières de glace, puis leur fonte en rivières qui finissent par se jeter dans la mer. »
IJL – L’Aurore boréale
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