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le Jeudi 11 septembre 2025 7:49 Culture

Transformer les déchets en œuvres futuristes

Pour Sandra St-Laurent et Chloé Cashaback-St-Laurent, dans le futur, « au lieu que ça soit le lion ou bien l’ours qui est le roi des animaux, le tardigrade, c’est l’animal universel qui va être le plus grand animal. » À travers leur œuvre, les deux artistes présentent donc le « couronnement du tardigrade, comme roi des animaux du futur. » — Photo : Sandra St-Laurent
Pour Sandra St-Laurent et Chloé Cashaback-St-Laurent, dans le futur, « au lieu que ça soit le lion ou bien l’ours qui est le roi des animaux, le tardigrade, c’est l’animal universel qui va être le plus grand animal. » À travers leur œuvre, les deux artistes présentent donc le « couronnement du tardigrade, comme roi des animaux du futur. »
Photo : Sandra St-Laurent

L’organisme Yukon Artists at Work s’apprête à éblouir le public avec un défilé d’art prêt-à-porter hors du commun. Dix-sept artistes du Yukon redéfinissent la mode par le futur avec des tenues visionnaires confectionnées à partir de matériaux recyclés, de déchets et d’objets usagés.

Aurore Favier partage prendre un grand plaisir au développement et à la réalisation de son projet. 

Photo : Aurore Favier

« J’aime beaucoup faire des croquis et réfléchir à toutes les possibilités que je vais pouvoir avoir pour faire mon costume… »

Photo : Aurore Favier

« … De découper le carton, de voir ce que ça donne et de voir la robe prendre forme, je trouve ça super excitant. »

Photo : Aurore Favier

Après un premier Trashion Show couronné de succès en juillet 2023, Janet Patterson et Leslie Leong, artistes yukonnaises reconnues pour l’art axé sur la récupération de matériaux usagés, reviennent avec une nouvelle édition de ce défilé d’œuvres prêtes-à-porter.

Fidèles à leur vision, les deux artistes présentent des œuvres presque entièrement créées d’objets destinés aux vidanges. Cette année, l’événement sera enrichi de la participation d’artistes franco-yukonnaises : Edwige Graham, Aurore Favier, Chloé Cashaback-St-Laurent et Sandra St-Laurent.

Regard vers l’avenir

Dans le futur… quelles formes de vie pourraient exister? Comment les espèces actuelles évolueront-elles face aux bouleversements de la planète? Le Trashion Show 2025 invite ses artistes à explorer ces questions, sous la thématique d’évolutions alternatives.

« Je réfléchissais à ce à quoi pourrait ressembler une Terre du futur sans les êtres humains », confie l’artiste Janet Patterson. Inspirée par cette idée, elle souligne également que le spectacle abordera des enjeux bien réels, comme les espèces menacées et la durabilité. « Nous sommes à un temps de l’histoire de la planète où de nombreuses espèces sont en voie de disparition. Je voulais susciter la réflexion des gens par rapport aux habitudes que nous, les humains, pourrions changer pour essayer d’améliorer la situation. »

Un défilé pour divertir, émerveiller…

Comme projet pour le défilé, Edwige Graham conçoit « un papillon qui a survécu à tous les changements, mais qui n’a pas pu complètement sortir de sa chrysalide [même si] son apparence a bien changé. » Le thème lui a inspiré une réflexion sur la résilience. « Même si c’est petit, même si c’est éphémère, ça pourrait être quelque chose qui survit aux époques. »

Aurore Favier, quant à elle, a imaginé une robe imposante entièrement fabriquée de carton et de papier. « Je voulais quelque chose de très classe alors que c’est fait avec des déchets. […] Le carton et le papier sont à base d’arbres, alors je trouve que ça fait une boucle dans le fait que c’est une évolution. Je retourne à la nature avec ce qui est créé à partir des arbres. »

Le duo mère-fille, Chloé Cashaback-St-Laurent et Sandra St-Laurent, s’inspire du tardigrade, un petit organisme célèbre pour sa résistance physique extrême. « Les tardigrades ont survécu à des pressions sous-marines, ils survivent dans la chaleur, dans le froid de l’Arctique… On s’est dit, “wow, ça, c’est l’animal totem du futur” », explique Sandra St-Laurent.

Tous les artistes doivent créer leurs tenues d’au moins 90 % de matériaux récupérés, bien que les items du freestore ou dénichés dans des ventes-débarras soient permis cette année.

Pour Edwige Graham, adepte expérimentée de l’upcycling, le Trashion Show est une occasion pour les artistes de sensibiliser. « On peut faire de belles choses avec du recyclage. Il n’y a pas de limites, finalement, la créativité est tellement extrême. C’est ça qui est intéressant. » Aurore Favier, également experte dans le domaine, ajoute « à la différence du recyclage, où les choses sont transformées pour refaire des matériaux, en upcycling tu utilises les déchets tels quels, et tu vas les embellir. »

… Mais aussi faire réfléchir

Le défilé d’art vestimentaire 2025, selon l’organisatrice Janet Patterson, est « une façon pour les gens de réfléchir à la manière dont nous, en tant qu’espèce humaine, pourrions changer nos habitudes, mais d’une manière agréable. »

À travers sa création d’un papillon partiellement émergé de sa chrysalide, Edwige Graham communique que « même si une créature est petite et fragile, elle peut être forte. C’est aussi une analogie avec nos circonstances en tant qu’humains. Peut-être qu’on se sent diminué, qu’on a trop de défis, mais on peut quand même aller de l’avant, parce qu’il y a de la créativité, de la beauté partout. Il faut simplement savoir la trouver. »

La robe en carton d’Aurore Favier, quant à elle, symbolise une invitation à récupérer des matériaux usagés. « Je pense que le message d’upcycling me va bien, et je trouve que c’est un beau message de voir des artistes qui réutilisent des matériaux voués à être des déchets, et qui en font quelque chose de beau. »

Pour Chloé Cashaback-St-Laurent, la création est un rappel urgent. « Il faut faire très attention à ce qu’on utilise, et il va falloir trouver un moyen de s’adapter assez rapidement, parce que les changements climatiques arrivent vraiment vite. »

Deux représentations du spectacle auront lieu le 20 septembre, au Old Fire Hall. Les œuvres seront par la suite exposées à la galerie Northern Front pour tout le mois d’octobre.

Rébecca Fico, 15 ans, est journaliste-pigiste en herbe pour l’Aurore boréale.

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